le billet de veritis

Publié le 14 Mars 2011

Je ne sais pas si vous avez regardé ce fameux document de Canal +, diffusé en clair, concernant DSK.

 

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Instructif, édifiant, subliminal en diable ! Tels sont les premiers mots qui me viennent. Autant dire une opération de communication savamment orchestrée.

 

Le problème est simple : DSK ne peut pas parler de politique française, et encore moins de sa candidature à la Présidentielle, son statut de Directeur du Fonds Monétaire International le lui interdit. Alors, il doit tout dire, sans rien dire ! Voilà donc un bel exercice prometteur de langue de bois.

 

Alors, il laisse entendre, il suggère, il sous-entend. Et puis son visage ou ses amis parlent pour lui. Sauf imprévu, donc, DSK ira !

 

Or, à tort ou à raison, le FMI a mauvaise presse. Il faut donc tenter de déminer le terrain !

 

Oui, on peut être un Grand Manager International qui a rang de chef d’Etat, et faire dix fois le tour de la terre pour panser les plaies de pays trop endettés au risque de leur infliger une potion amère, et être « socialiste » !

 

Partout où il passe, le docteur DSK livre ses médicaments (en l’occurrence de l’argent)  à des Etats qui sont malades. Mais bien évidemment cela ne suffit pas ! Il faut encore que le patient se soigne : c’est ce qu’on appelle un plan de redressement ! Sinon, il est obligé de donner de nouveaux médicaments, à brève échéance et rien n’est réglé.

 

Et, pour sûr s’il ne faisait rien, ce serait pire encore : les fonctionnaires ne seraient plus payés, les échéances non honorées, etc. Donc, en définitive, DSK fait du social ! Le gendarme du monde est donc un policier des finances, doublé d’une assistance sociale !

 

Oubliés les dizaines de milliards d’euros confisqués par les dirigeants de nombreux pays, dictateurs ou autres ; oubliés les paradis fiscaux par lesquels transitent toutes les évasions fiscales ; oubliés les pillages des matières premières et la corruption généralisée.

 

Pour résumer sa pensée, DSK a trouvé une formule magique : « Il faut aller au-delà du possible, mais ne pas viser l’impossible ! » En  dépit de la nostalgie qu’il affiche pour notre pays, on voit bien qu’il n’est plus tout à fait « français », puisque, comme l’on dit chez nous : « Impossible n’est pas français ! …Mais redevenons sérieux, une minute !

 

A vrai dire, cette phrase est assez étonnante. Si on peut aller au-delà du possible, cela prouve alors que l’impossible (par définition au-delà du possible) peut devenir possible ! Tout se passe alors comme s’il y avait un « impossible » possible et un « impossible » impossible. Mais rien ne nous dit où passe la frontière !

 

Nul doute que nos amis S. Fouks, Directeur Général de l’agence de pub Euro RSCG et G. Filkenstein, Président de la Fondation Jean-Jaurès,  deux personnes proches de DSK, que l’on  a d’ailleurs vu, dans ce documentaire, vont nous préciser tout cela…

 

N. Sarkozy disait quant à lui : « Ensemble tout devient possible ! » DSK nous prévient tout de suite : « Non, même ensemble, tout n’est pas possible ! » Cela est déjà plus prudent, et nous voilà avertis! Cela nous change des promesses faciles, mais cela ne fait pas une politique, pour autant.

 

Toute la stratégie de cette opération de communication, concoctée par l’équipe de Euro RSCG, réside donc dans la légitimation d’une double attente. Celle de DSK, qui est de moins en moins dans l’attente, mais qui doit quand même attendre…pour cause de FMI. Et celle supposée ou fabriquée des Français, en attente du Sauveur qui saura, avec sa potion magique, redresser les finances de notre pays fort mal en point, il est vrai !

 

A quel prix ? Là est toute la question. Il y a fort à parier, pourtant, que la potion actuelle du Dr. Sarkozy, pourtant vilipendée par toute la gauche n’apparaîtra rétrospectivement alors que comme une aimable plaisanterie par rapport à la potion amère du Dr. Strauss-Khan.

 

Cela est bien connu. Les plans de rigueur ne peuvent être menés que par des hommes de « gauche », car il faut bien, pour les rendre réalisables, pacifier les relations avec les supposés représentants des « travailleurs ». Chose que fait plus difficilement la droite.

 

Alors, politique de « droite », politique de « gauche » ou politique nécessaire ? Je vous laisse le soin de trancher.

 

Je préfère cependant vous prévenir.  N’écoutez pas les paroles démagogiques de ceux qui vous promettent monts et merveilles s’ils sont élus. A Aulnay ou ailleurs !...Ceux qui, par exemple, aujourd’hui vitupèrent contre l’Etat et qui risquent fort de déchanter en 2012…

 

Il n’est pas rare que des bateleurs de foire vous promettent des marchandises mirifiques. Cela ne veut pas dire qu’elles résistent au fil du temps…

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 12 Mars 2011

Je prends prétexte d’un film diffusé à propos du jeune Mendès France, pour évoquer cet homme que j’ai eu l’occasion de rencontrer, alors que j’étais étudiant,  au début des années 70.  Ce qui était attachant, chez lui, c’est qu’au fond, il n’était pas vraiment un homme politique…

 

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De sa voix de gorge si particulière, voilée et suave, il cherchait à partager avec vous ses idées, sans pour autant avoir le désir ni de vous convaincre, ni de vous séduire. Il avait une force intérieure, une autorité naturelle et un calme qui forçaient le respect. Quand il vous parlait, on devinait chez lui, une forme de retenue et de pudeur naturelles. C’est pourquoi on avait presque l’impression qu’il chuchotait. Nulle esbroufe chez lui. Nul emportement. Pas un mot plus haut que l’autre.

 

Ce qui l’intéressait c’était de développer ses arguments, de vous faire partager ses analyses, sa vision de l’avenir, l’idée qu’il se faisait de la vérité et de l’honnêteté en politique. Il avait un profond respect pour le peuple et ne s’abaissait pas à la démagogie. Il faisait confiance en la raison.

 

Il ne lui serait pas venu à l’idée de faire du porte à porte comme un représentant de commerce qui cherche à embobiner ses prospects. Cela au nom d’une certaine éthique. Pas de promesses en l’air. Pas de fanfaronnades inutiles.  Pas de pressions désagréables. Du respect pour ses concurrents qui n’étaient pas ses adversaires.

 

Au nom d’une certaine idée de l’homme.  Qui implique qu’une fin ne justifie pas n’importe quel moyen.  Qui fait que le pouvoir ne peut s’exercer sans une certaine éthique et qu’il est essentiellement porteur de devoirs et non de droits.

 

Bref, tout cela nous semble très loin. Mendès France avait une certaine idée de la « politique ». Où sont les Mendès France d’aujourd’hui ?

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 10 Mars 2011

Aulnay-sous-Bois a récemment eu le plaisir de recevoir le jeu des 1000 €. Mais au Conseil  Municipal, une telle somme est bien évidemment ridicule ! Il faut compter en centaines de milliers, en millions et même en dizaines de millions d’euros…

 

Aulnay libre vous propose donc un petit jeu tout simple : le jeu à 650 000 € et plus…si affinités.

 

Pour ce faire, prenons une décision au hasard la n°1494 : Recours en responsabilité contre l’Etat dans le cadre de l’affaire CMMP. (Dossier amiante) Bizarrement, elle est passée à peu près inaperçue…

 

Il est fort probable que les Aulnaysiens qui ne sont pas au fait des subtilités de la langue administrative ignorent la différence qu’il peut y avoir entre les délibérations et les décisions lors des Conseils Municipaux. Pour résumer, disons simplement, que les délibérations font l’objet d’un débat préalable puis d’un vote, alors que les décisions sont juste portées à la connaissance des membres du Conseil, lesquels ne peuvent émettre que des commentaires et poser des questions. Il ne s’agit donc pas à proprement parler de décisions, puisque celles-ci sont déjà prises !...

 

Il s’agit donc d’une décision du Maire  auquel il a été donné délégation en vertu des délibérations n° 59 du Conseil Municipal du 11 février 2010 et n° 3 du Conseil Municipal du 20 mai 2010 prise en vertu de l’article 28 du code des marchés publics relatif à une  procédure de passation des marchés publics dite adaptée.

 

L’importance de l’affaire aurait assurément mérité, non pas une décision unilatérale du Maire,  mais une délibération faisant l’objet d’un débat et d’un vote au sein du Conseil. Non pas sur son opportunité que tout le monde partage bien sûr, mais sur ses modalités.

 

Selon cette décision, Monsieur le Maire a décidé de confier à un cabinet d’avocats la défense des intérêts de la Ville d’Aulnay-sous-Bois moyennant des honoraires arrêtés en fonction du temps passé sur la base d’un tarif horaire de 130 € H.T. (soit 155, 48 € TTC), ainsi qu’en cas de succès de l’instance, un complément de rémunération équivalent à 5% des sommes H.T. versées à la Ville.

 

Autant on peut comprendre qu’il y ait une rémunération classique sur la base d’un travail effectué (Nombre d’Heures x taux horaire à déterminer) autant il est difficile de concevoir une part variable et un tel intéressement financier dans une affaire qui oppose une collectivité territoriale à l’Etat. Ce qui est choquant dans ce complément de rémunération c’est qu’il vient s’intercaler entre deux protagonistes dont les recettes proviennent, pour l’un comme pour l’autre, des impôts payés par les citoyens. Ce qui est encore plus choquant c’est qu’il s’agit d’une cause d’intérêt sanitaire et général.

 

Sans mésestimer l’importance de cette affaire et l’ampleur des sommes déjà engagées ou à engager par la Ville d’Aulnay-sous-Bois, Il existe probablement des avocats, spécialistes en droit public qui, dans ce genre de procédure, seraient capables d’effectuer un travail d’excellente qualité au service de la commune avec  des modes de rémunération plus conventionnels et donc probablement moins élevés.

 

D’ores et déjà, la municipalité a, semble-t-il, engagé plus de 13 millions € H.T. dans ce dossier. Sur la base de 5 %, cela représenterait donc  des honoraires complémentaires  à hauteur de 650 000 € soit l’équivalent de 2000 heures de travail si l’on retient un taux horaire de 325 €.  Or un tel dossier devrait pouvoir être traité, par un bon avocat parisien spécialiste en droit public, sur une base  de 5O heures de travail environ  soit dans une enveloppe pouvant se situer entre 15 000 et 25 000 €. Et si même, ce chiffre était doublé, on ne serait toujours qu’à 50 000 €.

 

On peut donc s’étonner que la Municipalité d’Aulnay-sous-Bois n’ait pas été en mesure de négocier un contrat avec un avocat dans une affaire sensible et dramatique pour la Ville sans qu’un esprit de lucre inapproprié ne vienne en plus grever le budget de la Ville.

 

Si la Ville d’Aulnay-sous-Bois négocie l’ensemble des prestations ou des marchés avec aussi peu de vigilance, il y a de quoi s’inquiéter pour les finances de la Ville.

 

A quoi peuvent bien servir les blogs se demandaient certains lors de ce conseil ?  La réponse est toute simple : à se mêler de ce qui regarde les citoyens. Ni plus, ni moins…

 

 

 

 

 

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 9 Mars 2011

Le 8 mars, ce n’était pas seulement la journée de la femme c’était aussi la journée sans télévision si vous n’aviez pas de télévision numérique et pas branché votre décodeur…

 

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Alors, moi, à qui il m’arrive d’être facétieux, je me suis dit : tiens voyons ce que ça fait de ne plus avoir de télé !

 

Car, à vrai dire, quand il m’arrive de la regarder la télé, je branche, assez souvent, le petit décodeur que j’ai dans la tête…C’est un peu la même chose avec les tracts, les affiches électorales ou ce que l’on nomme joliment les professions de foi que l’on trouve dans une enveloppe nous invitant à voter. Là, je m’éloigne un peu, mais est-ce si sûr ? …

 

Petite histoire personnelle.

 

La première fois que j’ai vu un écran, c’était dans un petit village de cette France profonde à laquelle je suis attaché comme beaucoup de franciliens qui ont eu la chance de grandir en milieu rural. Nous n’avions pas de télé, ni de cinéma, mais un de nos voisins, qui avait un bistro et une grande salle attenante, y projetait, de temps en temps, un film. J’étais petit, mais je m’en souviens encore. Avec des yeux émerveillés, j’ai donc regardé « Jour de fête » de J. Tati. C’est peut-être aussi la raison pour laquelle j’essaie de faire de chaque jour, un jour de fête ! Mais ceci est une autre histoire !

 

Revenons donc à notre bonne vieille télé.

 

Petite séquence nostalgie. A une époque que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître, nous pouvions regarder «  La caméra explore le temps », « Cinq colonnes à la Une », « Belphégor », « Le palmarès des chansons » où nous pouvions voir et écouter Brel, Ferrat, Brassens,…, « Apostrophes » ou « Bouillon de culture » de B.Pivot, « Le Ciné-club » ou le « Cinéma de minuit » sans oublier « L’Heure de Vérité ».

 

Au tout début, il n’y avait pas de réclame  et l’audimat n’existait pas. Mais comme il faut vivre avec son temps, la pub est apparue et avec elle la mesure d’audience…

 

La pub et les programmes contemporains.

 

Je peux apprécier la beauté plastique et la créativité d’un film publicitaire sans avoir   envie de me farcir les incitations à consommer qui en découlent. Et donc je ne regarde pas la pub. Aussi simple que cela.  Vous n’êtes pas frappés vous par le lien qui peut exister entre ce matraquage publicitaire et ces braves gens qui se précipitent dans les rayons des hypermarchés pour remplir leurs chariots ?

 

Et maintenant, me direz-vous, que peut-on voir à la télévision ? Des journaux télévisés qui carburent à l’émotion et à la sensation. Des hommes ou femmes politiques qui pratiquent abondamment la langue de bois. Des films d’une violence inouïe qui sapent l’entendement. Des rediffusions de série largement amorties. Que sais-je encore ? Un martien qui viendrait nous visiter se demanderait bien dans quel monde nous vivons !

 

Bien sûr, il n’y a pas que cela. Il y a aussi parfois des reportages instructifs, des émissions de débat intéressantes, des vieux films qui valent encore le détour, des jeux moins stupides que d’autres, des occasions de se divertir ou se distraire après une dure journée de travail.

 

Mais au final, il n’y a le plus souvent qu’un bourrage de crâne dispensé devant des téléspectateurs passifs au point que de nombreux penseurs ou chercheurs ont pu montrer l’influence néfaste de la télévision sur le travail et la santé des écoliers, des collégiens et des lycéens sans compter celle tout aussi pernicieuse sur la vie des adultes : avidité, violence des rapports sociaux, mimétisme…

 

Sans compter un autre type d’influence tout aussi préoccupant qui font dire à certains que cette « télécratie » par des voies plus ou moins subtiles ou grossières viendrait par des moyens détournés saper les fondements mêmes de notre démocratie. Messages répétitifs, dictature de l’émotion, tyrannie de l’instant, exagération du sensationnel, grossissement du trait, absence de mise en perspective : tout concourt en effet pour qu’une sorte de machine du prêt à penser se mette en route en surfant sur les évènements et les réactions de l’opinion au détriment de la pertinence de l’analyse.

 

Alors télé ou pas télé ? Ou bien la télé autrement ?

 

Quelques modestes suggestions donc :

 

1.      Si vous n’avez pas de télé. Très bien. Vous êtes sur la voie de la sagesse.

2.      Si le sevrage est trop difficile. Fixez-vous des étapes. La télé est une drogue dure qu’il faut savoir maintenir à distance.

3.      Si vous avez une minute ou une heure de cerveau disponible, posez-vous la question de savoir s’il n’y a pas mieux à faire que de regarder la télé

4.      Si, malgré tout, vous avez décidé de regarder une émission, n’abandonnez pas vos facultés d’analyse et de recul, cela pourra vous être utile. Développer l’écoute et la vision active : si le programme est inintéressant faîtes autre chose !

 

Aussi simple que ça. Mais je disais cela juste en passant à cause de ce fameux petit décodeur. Après tout, vous êtes bien assez grands pour faire ce que vous voulez !

 

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 8 Mars 2011

La date du 8 mars, retenue pour célébrer la journée internationale de la femme, me fournit ici un prétexte pour aborder ces fameuses notions de masculin et de féminin.

 

XX ou XY ? A quoi cela tient ? A très peu de choses en vérité….On l’oublie trop souvent : les hommes ont grosso modo 50, 1 % de masculin et 49, 9 % de féminin, alors que les femmes ont 50, 1% de féminin et 49, 9 % de masculin. Mais ces petits 0, 2 % d’écart changent bien des choses !...

 

Dans son récit de la Genèse, la Bible fait référence à Adam, le premier homme, qui, bien qu’il soit au paradis, à l’air de furieusement s’ennuyer. Alors pour briser cette solitude, Dieu, dans sa grande sagesse, lui a adjoint une compagne Eve, directement sortie de la cote d’Adam. On notera que Dieu n’a pas cru nécessaire de lui donner un nom, un prénom suffit…Il est vrai qu’à cette époque l’état-civil n’existait pas ! On notera aussi  que la cérémonie du mariage n’était pas obligatoire. Adam a pris femme sans se sentir obligé d’entrer dans une église, une synagogue ou une mosquée…

 

Mais alors là, je vous le dis tout net : Dieu me paraît un peu macho ! Pourquoi ne pas avoir choisi une femme en premier ? N’est-il pas vrai que seules les femmes mettent les enfants au monde ? Certes, il y faut la semence de l’homme pour que tout cela devienne possible ! Mais, entre nous, après, qui fait tout le travail ? Je ressens donc cela comme une sorte d’injustice…

 

Il y a donc tout lieu de penser que ce sont des hommes qui ont écrit la Bible. Sinon, très probablement la femme serait apparue en premier… Car, de plus, comme il est dit, dans la Bible, la femme est une redoutable séductrice…au point d’entraîner ce pauvre Adam dans le péché originel qui les a expulsés, tous deux, du paradis ! Depuis, à de rares exceptions près, nous vivons en enfer…et la politique est née !

 

A vrai dire, Il y a un bon et un mauvais usage, tant du masculin que du féminin. Lorsque le masculin symbolise la force et le courage, sans être accompagnées d’un esprit de domination et d’agressivité, il joue pleinement son rôle. Lorsque le féminin signifie l’écoute, la réceptivité et l’accueil, il se déploie dans ce qu’il a d’essentiel.  Il s’agit là bien sûr d’archétypes qui montrent bien qu’ils ne sont l’apanage d’aucun genre masculin ou féminin.

 

Alors trop souvent, les hommes, (et parfois aussi les femmes d’ailleurs) se mettent à singer les « hommes » dans ce qu’il peuvent avoir d’excessif et de caricatural !

 

Ce n’est pas par hasard qu’Aragon, repris par J. Ferrat, considérait que la  Femme devait être l’avenir de l’Homme. Il ne voulait pas dire que la femme allait prendre la place de l’homme ou vice-versa. Il signifiait seulement que l’homme sans renoncer à sa part masculine -  dans ce qu’elle peut avoir de positif - devait aussi accueillir sa part féminine.

L’inverse étant tout aussi vrai, pour la femme.

 

L’application d’un tel précepte nous conduirait alors sur des rivages bien éloignés de ce que nous constatons assez souvent dans la vie de tous les jours. En politique ou ailleurs…mais à coup sûr en politique…assurément ! A de rares exceptions près…

 

 

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 8 Mars 2011

Il est arrivé au Général De Gaulle de considérer que la droite pouvait symboliser l’ordre et la gauche, le mouvement. Mais il ne s’agit là que d’une coupure simpliste et archétypale, car toute société a besoin, à la fois, d’ordre et de mouvement. C’est un peu comme le fait de dire que le cerveau droit est le siège de l’émotion et le cerveau gauche le siège de la raison, en oubliant que nous avons tous besoin d’un cerveau uni et réconcilié entre ses deux hémisphères.

 

C’est la raison pour laquelle le Gaullisme se voulait, au-delà de la coupure entre la droite ou la gauche, une sorte de symbole de réconciliation entre l’ordre et le mouvement. Car un ordre sans mouvement viendrait à se scléroser et un mouvement trop instable connaîtrait également de graves difficultés.

 

Donc si la droite privilégie l’ordre au mouvement, elle risque d’échouer.  De même pour la gauche si le mouvement ne tient pas compte du besoin d’ordre de la société.

 

De là, parfois le besoin d’alternance lorsque des déséquilibres trop profonds viennent rompre l’équilibre sous-jacent nécessaire à toute société. Mais nous vivons aujourd’hui dans des sociétés qui sont essentiellement des sociétés en mouvement. Ce phénomène, nul ne peut l’ignorer : pas plus que la droite que la gauche.

 

C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, les frontières sont encore plus floues.

 

La droite a souvent adopté, pressé par la nécessité, des politiques que l’on pourrait qualifier de « gauche », alors que la « gauche », prise elle-même dans un autre type de nécessité, a souvent pris des dispositions dites « de droite » (par exemple, les privatisations de L.Jospin)

 

On dit aussi parfois que la droite serait plus attachée à la nation, alors que la gauche serait, quant à elle, plus tournée vers l’international. Il faut bien dire aujourd’hui, qu’à l’heure de la mondialisation, cette distinction n’est plus très pertinente. Le mouvement de la société est aujourd’hui essentiellement mondial, ce qui n’est pas sans poser de redoutables problèmes aux uns ou aux autres.

 

Il existe alors forcément des crispations identitaires que tente d’exploiter tel ou tel mécontentement compréhensible. Crispations qui ne font qu’exprimer un sentiment diffus et négatif qui ne résout rien, mais auquel, cependant, il doit être répondu.

 

On dit également que la droite aurait plus tendance à privilégier l’individu, sa liberté, sa capacité d’initiative et d’entreprise alors que la seconde serait plus sensible à la société et au souci d’égalité via la redistribution des richesses.  Mais que dire d’une société dont la moitié de la richesse produite - sous tous les gouvernements de droite ou de gauche – fait l’objet de prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales) redistribués sous forme de services publics et de prestations sociales ?

 

Est-elle de droite ou de gauche ou plus sûrement un mélange des deux ?  C’est pourquoi les vociférations de tel ou tel me font doucement sourire, car je sais qu’elles ne disent pas la vérité.

 

On dit aussi enfin que la droite privilégierait plutôt l’économie et la production des richesses alors que la gauche aurait tendance à favoriser le social. Mais que dire alors d’un « social » qui ne reposerait pas sur une économie et des entreprises solides ? Il serait vite à bout de souffle ruinant ainsi les plus belles promesses qui auraient pu être dispensées imprudemment. Il est donc nécessaire de trouver le juste équilibre, toujours à reconstituer, entre considérations économiques et considérations sociales dont ont sait qu’elles sont étroitement imbriquées.

 

Ce juste équilibre se marie très mal avec les promesses démagogiques et ressort plutôt d’un savant dosage, un peu comme celui que peut opérer un mécanicien réglant son moteur en permanence. Autant dire que c’est plutôt son expertise qui est alors recherchée, bien plus que son orientation idéologique à priori.

 

Que retenir alors de tout ça ?

 

1.      Que le simplisme des slogans ne peut tenir lieu de politique.

2.      Que les promesses inconsidérées ne sont que des attrapes gogos dont il faut sérieusement se méfier

3.      Que le sérieux en matière de gestion budgétaire et fiscale impose à tous les candidats à une élection de refuser la démagogie facile qui consiste à promettre tout et n’importe quoi.

4.      Qu’un candidat de gauche qui vous parle de tendre la sébile à l’Etat se moque de vous car il sait parfaitement que s’il avait à gérer cet Etat, il serait tenu de mener une politique de « rigueur » en diminuant les dépenses et en optimisant les ressources fiscales, tout en prenant bien soin de ne pas casser « la production ».

5.      Que vous seriez surpris d’apprendre le grand écart de langage chez beaucoup d’hommes politiques de premier plan entre ce qu’ils disent en privé et ce qu’ils proclament en public, élection oblige.

6.      Que notre système politique crève depuis longtemps –mais jusqu’à quand ? – de toutes ces petites lâchetés, approximations et contrevérités proférées dans nombre de discours.

7.      Qu’il faut cependant faire des choix en fonction de tous ces critères et sûrement pas sur la base d’étiquettes pré-formatées.

8.      Que tous ceux qui cherchent à vous impressionner au nom d’arguments primaires et fallacieux ne méritent sûrement pas votre confiance et donc votre bulletin de vote.

9.      Qu’on peut tromper quelqu’un une fois, mais pas tout le monde, tout le temps.

 

 

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 8 Mars 2011

C’est fou comme les gens pour se rassurer eux-mêmes cherchent à vous coller des étiquettes. Et moi, c’est marrant, je ne me suis jamais défini à travers des étiquettes !

 

Les étiquettes, c’est juste bon pour les bouteilles de vin. Et je ne me laisse pas impressionner par les étiquettes ! Le vin, je suis capable de l’apprécier tout seul. Il me suffit de le tester et de le goûter. Alors, je sais tout de suite celui qui est frelaté, celui qui ne tient pas ses promesses, celui qui est contrefait, celui qui fait illusion mais vieillit mal, celui qui n’a pas de corps… Bref, j’en passe et des meilleures !

 

Et puis lorsque je marche, j’utilise à la fois ma jambe droite et ma jambe gauche ; lorsque j’écris avec mon clavier d’ordinateur, j’utilise aussi ma main droite et ma main gauche ; lorsque je lis j’utilise encore mon œil droit et mon œil gauche.  Je pourrais multiplier les exemples… Ce n’est donc pas par hasard si notre unité est faite d’une partie droite et d’une partie gauche. Même, le cerveau ne déroge pas à la règle : c’est tout dire !...

 

Et certains voudraient nous faire croire qu’il faudrait choisir, une fois pour toutes, quelles que soient les circonstances. Comme si nous n’étions pas capables d’avoir notre libre arbitre ! Comme si réfléchir par soi-même, indépendamment des idées toutes faites et de la pratique des uns ou des autres, nous conduisait tout droit vers une sorte de traitrise que les esprits primaires seraient trop contents de vouloir nous infliger !

 

Mais à vrai dire, je me soucie assez peu de savoir si mon boulanger, mon boucher ou mon poissonnier est de droite ou de gauche. Ce qui m’intéresse c’est qu’il me délivre du bon pain, de la bonne viande et du bon poisson et, si possible à un prix raisonnable. Et pour un homme ou une femme politique – leur ego dût-il en souffrir – c’est un peu la même chose !

 

De plus, je n’aime pas beaucoup qu’il ne me laisse pas ma liberté de choix, qu’il fasse pression sur moi, d’une façon ou d’une autre, pour que je choisisse sa boutique, même si je préfère celle de son confrère ! Car, dans la vie, les choses évoluent en permanence et moi, j’aime bien être libre de faire mon miel de ce qui me convient. Je juge sur pièces sans me contenter du qu’en dira-t-on.

 

Alors, je suis exigeant. Je ne me contente pas de vagues promesses, de marchandises frelatées, des slogans dans lesquels on me dit : « demain, on rase gratis ». Je laisse ça, pour les gogos qui après se lamenteront en disant : « si on avait su » !

 

Dans ma vie, j’ai rencontré des hommes de « gauche » honnêtes, sincères, délicats et efficaces. J’ai  aussi rencontré des hommes de droite dévoués, intelligents, soucieux des autres et non moins efficaces ! J’ai aussi rencontré l’inverse et dans les deux camps ! Ce n’est donc pas une question d’étiquette qui me guidera dans le choix de tel ou tel candidat.

 

Je me poserai plutôt les questions suivantes : Celui-ci me dit-il la vérité ? Celui-là, puis-je lui faire confiance ? Est-il honnête ? Me considère-t-il comme un citoyen à part entière ou  comme une voix juste bonne à être engrangée ? Quand il sera élu, sera-t-il capable de mener une politique tenant compte de l’intérêt général ou des seuls intérêts catégoriels de ses électeurs ? Me témoignera-t-il du respect élémentaire dû à tout citoyen, sans se soucier de savoir si je suis de son « bord » ou non ?  Sera-t-il capable de dépasser les clivages partisans pour travailler au service de tout le monde en cherchant les nécessaires consensus ? Aura-t-il le sens des responsabilités et des priorités notamment sur le plan financier ? Sera-t-il efficace en faisant le meilleur usage des ressources qui lui sont confiées, dont il doit bien se souvenir qu’elles ne lui appartiennent pas ?

 

Le prochain billet essaiera de caractériser les spécificités ou les similitudes que l’on peut trouver entre ce que l’on nomme généralement « la Droite » et « la Gauche », au-delà des simplifications ou des contre-vérités manifestes. Nous verrons alors les raisons pour lesquelles les choses ne sont pas aussi simplistes que certains voudraient nous le faire croire !

 

 

 

 

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 5 Mars 2011

Après quelques jours de voyage et d’abstinence blogosphérique dont j’entends bien à nouveau me réserver le privilège, je reprends ici en toute liberté mes billets d’analyse ou d’humeur que j’ai le plaisir de partager avec vous. Merci par avance du temps que vous voudrez bien consacrer à leur lecture.

 

Comme vous avez pu le constater précédemment, il m’arrive assez souvent de ne pas confiner ma réflexion à un espace strictement aulnaysien. Et pourtant, si vous me lisez bien, vous vous apercevrez assez facilement  que tout cela nous y ramène parfois, tant il est vrai que ce qui peut paraître loin est en réalité et bien souvent aussi très proche de nous.

 

Merci encore à Stéphane de bien vouloir m’accueillir sur son blog en m’offrant ainsi cet espace de liberté.

 

 

Il m’arrive de lire aussi bien Marx que Confucius. Or, l’un prône la lutte tandis que l’autre est un partisan de l’harmonie. Le premier  a remis au jour les trésors de la dialectique tandis que le second vante le compromis et la synthèse.  Peut-on alors les réconcilier ? Non, si l’on raisonne de façon superficielle. Oui, si l’on creuse plus profondément et si on réunit les conditions nécessaires, ce qui n’est d’ailleurs pas une mince affaire !

 

Car, à vrai dire, les deux recherchent l’harmonie. Seules leurs façons d’y parvenir diffèrent. Tout le problème est alors de savoir si l’emploi de tel ou tel moyen est le plus propice ou non pour favoriser l’éclosion de ladite harmonie. Mais ce problème est d’une immense importance. On ne peut donc le balayer d’un simple revers de main !

 

La lutte peut avoir ses lettres de noblesse. Que l’on songe à Mandela par exemple et à tous ceux qui se sont levés contre l’oppression. Mais elle est aussi pleine de contradictions à tel point qu’elle peut elle-même se muer en une nouvelle source d’aliénation et d’oppression. Les exemples dans l’histoire sont légion : que l’on songe notamment aux crimes staliniens ou autres par exemple.

 

Mais il est trop facile de borner tout cela à la personnalité de tel ou tel. C’est aussi d’une sorte d’implacable fatalité dont il faut parler. Celle de la folle logique du pouvoir qui, s’il n’est pas équilibré par de puissants contre-pouvoirs, mène tout droit à l’abus de pouvoir voire au pouvoir absolu. Et c’est là où Marx n’est d’aucun secours, car ses analyses sur ce point sont totalement absentes. Ce qui est, convenons-en, une très grande lacune et une très grande faiblesse en matière de science politique.

 

Alors Confucius ? Oui, s’il s’agit de se soucier de l’harmonie sociale, du bien vivre ensemble, d’adopter des règles qui vont pacifier les relations entre partenaires pour leur bien-être respectif. Oui, s’il s’agit de trouver le meilleur compromis entre des visions ou des intérêts différents voire contradictoires. Oui, s’il s’agit de dégager une synthèse permettant d’ouvrir un chemin ou une voie. A sa façon, Confucius est  donc une sorte de monument en matière de sociologie.

 

Mais, Confucius, lui-même n’est d’aucun secours pour comprendre les mouvements dynamiques et profonds de la société de telle sorte que sa pensée peut être suspectée de conservatisme. Aucun désordre chez Confucius, même si l’ordre établi s’avère insupportable, arbitraire et oppressant. Pour peu que l’on se soucie de l’horizon, Confucius est juste assurément. Mais si on est centré sur une situation concrète et relative, il peut s’avérer radicalement insuffisant.

 

Alors Marx ou Confucius ? En vérité, ni l’un, ni l’autre.  Une improbable synthèse ? Peut-être…

 

Car, il existe pourtant – et bien que ce ne soit pas la seule - une approche qui me paraît de nature à rendre possible une telle synthèse. Approche à la fois exigeante et facile, à la fois intérieure et extérieure : celle d’un éveillé d’origine chinoise : Lao-Tseu. Sa voie est celle du Tao. Mais Lao-Tseu est aussi le maître des paradoxes. C’est la raison pour laquelle son approche de la vie est d’une très grande richesse. Elle est d’abord le fruit d’une expérience d’une grande profondeur. D’ailleurs, le terme Tao est pratiquement intraduisible en français, même si celui le plus communément admis est celui de « voie ».

 

Car, on peut dire aussi qu’il s’agit d’un « chemin sans chemin » ou d’une « voie qui est en réalité une non-voie ». Au delà des apparences, l’approche de Lao-Tseu inclue et dépasse toutes les oppositions et les contradictions car il se situe en un point qui les surpasse et les englobe toutes. D’où sa force et sa vérité, au–delà du caractère linéaire et binaire de toute pensée. D’où aussi le fait que Lao-Tseu vit en société mais puise surtout sa force et son rayonnement de son autorité et de son expérience intérieures. Mais cette autorité n’est pas de l’ordre du pouvoir, tel qu’on l’entend habituellement.

 

Autant dire qu’il est loin de la politique telle que certains la conçoivent  aujourd’hui.

 

Pour autant, Lao-Tseu est éminemment « politique » au sens le plus noble du terme.

 

Mais il rirait bien, s’il était vivant aujourd’hui, des rodomontades des uns ou des autres, de leur esprit partisan ou de leurs vociférations simplistes.

 

Avec Lao-Tseu, par exemple, il n’est pas impossible que telle ou telle personnalité politique locale ou nationale serait invitée (1) à couper du bois en forêt…Il est vrai qu’avec une telle hauteur et une telle sagesse, on voit les choses assez différemment !

 

Etonnant, non ? dirait alors le regretté Pierre Desproges….

 

(1) : Je vous laisse le soin de dresser vous-même votre propre liste. Quant à moi, j’ai les miens, bien sûr, mais comme Lao-Tseu, je préfère les messages subliminaux. Alors chacun reconnaîtra les siens !

 

 

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Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 17 Janvier 2011

Et si l’on supprimait la Légion d’honneur ?...

 

France 2, Envoyé spécial. Une émission de service public….

 

C’est à propos de la Légion d’honneur. Passionnant  reportage qui montre les vanités des hommes avides de distinctions ou de récompenses.

 

L’expression « Les hochets de la République » vient de Napoléon, l’inventeur de cette fameuse distinction. Et Dieu sait si Napoléon s’y connaissait en matière de maniement des hommes … surtout pour les conduire à la mort. Alors pourquoi ne pas récompenser les rescapés ou ceux qui pouvaient servir ce petit général, qui finalement se sacrera lui-même empereur. On se demande bien : pourquoi ?

 

Diablement intelligent (au moins d’un certain point de vue) il avait bien compris qu’avec quelques hochets on pouvait effectivement mener ou influencer des hommes « haut placés » mais tellement peu sûrs d’eux-mêmes qu’ils ont besoin de la reconnaissance des « autorités » pour se persuader qu’ils ont quelque mérites à faire valoir.

 

Mais pourquoi diable certains feraient-ils des pieds et des mains pour avoir cette fameuse rosette ?  Il paraît que la Légion d’honneur s’octroie et ne se demande pas. Mais il semble que l’on doive aussi, même si c’est de pure forme, la demander. On s’y perd un peu, dans cette dialectique subtile entre dominés et dominants, redevables ou affidés  et dispensateurs de la précieuse récompense… Comme des bons points ou des images qui récompensent des enfants !

 

A une  échelle plus petite, on retrouve aussi, très souvent, le même phénomène. Quelques leaders autoproclamés ou acclamés qui rassurent ceux qui manquent de confiance en eux ou ne se sentent peut-être pas assez sûrs pour exister par eux-mêmes. Et qui, alors, par intérêt ou par lâcheté,  préfèrent fermer leurs yeux devant des pratiques détestables et intolérables. Ou qui, peu à peu, finissent par accepter l’inacceptable.

 

L’histoire est pleine de phénomènes de ce genre. Combien de collaborateurs pour un résistant ? Combien ont le courage de témoigner, de s’indigner ou de se révolter pour cent qui se taisent ?

 

Imagine-t-on Jésus ou Bouddha recevoir la Légion d’honneur ? Les hommes qui ont marqué leur époque et au-delà l’humanité toute entière n’ont pas eu besoin de hochets pour exister. Ils n’étaient pas des suiveurs mais des éclaireurs. Ils ne suivaient pas les  autres mais frayaient leur propre chemin.  Ils déroutaient ou dérangeaient, mais poursuivaient leur route, sûrs de la lumière qu’ils portaient en eux.

 

 

Veritis.

 

 

 

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 15 Janvier 2011

Un des berceaux de notre civilisation est assurément la Méditerranée. Athènes, Jérusalem, Rome : trois villes essentielles qui  expliquent chacune à sa  manière le développement d’une culture qui s’est enrichie de chacun de ces apports.   Cela est vrai  des Grecs qui ont inventé ce que l’on a coutume d’appeler la démocratie. Cela est vrai aussi de ces Juifs devenus Chrétiens au point de fonder une religion qui envahît d’abord l’Orient avant de se propager en Occident. Cela est vrai  enfin des Romains qui, non contents d’avoir fondé un Empire, ont fini par assimiler cet héritage grec et chrétien.

 

Philosophes, religieux ou juristes : ces trois corps de la société avaient fort à faire pour pacifier et domestiquer un univers dans lequel les excès n’étaient jamais bien loin. De la mesure des grecs à la notion de loi chez les juifs, les chrétiens ou les romains, tout se passe  alors comme si de savants rappels à l’ordre nécessitaient à intervalles réguliers l’émergence d’un code de bonne conduite comme antidote aux débordements excessifs qui menacent la paix civile et sociale.

 

Car la Méditerranée, c’est aussi un climat, un  état d’esprit, une faconde, des mœurs, des choses troubles, des règlements de compte, des relations parfois difficiles, des clans, des rapports de force, des affaires pas toujours honnêtes. Tout se passe alors comme si la chaleur du terroir ou la sècheresse de la végétation induisaient des réflexes ou des comportements particuliers liés à des rapports faits d’allégeance ou de rivalité que l’homme de bien se doit de combattre. Au nom de valeurs supérieures qui transcendent les bas instincts ou les mauvais penchants de tout homme, quel que soit son rang ou son influence dans la société.

 

Pourquoi parler de tout cela ?

 

Tout simplement parce que l’histoire (grande ou petite) s’adresse de temps à temps à nous pour nous rappeler ces vérités premières sans lesquelles un contrat social ne peut  exister. Que ce soit de l’autre côté de la Méditerranée ou de ce côté ci, les exemples abondent, en effet, pour mettre en garde ceux qui se laisseraient aller à de coupables dérives…

 

C’est ainsi que le système corrompu, autoritaire et policier de Ben Ali a, semble-t-il, été chassé de Tunisie le 14 janvier 2010. Je dis bien « semble-t-il » parce que si Ben Ali est parti, rien ne dit aujourd’hui que « les 40 voleurs d’Ali Baba » sont partis avec lui ! C’est ainsi encore que le système Berlusconi dont la réputation est sulfureuse en bien des domaines  (politique, financier ou autre…) est sérieusement menacé en Italie. C’est aussi le système grec symbole de faillite mais aussi, ceci pour une bonne part expliquant cela, synonyme de combines ou de fraudes fiscales…

 

Alors on aimerait que de telles pratiques n’existent pas dans notre Bon Pays de France, que ce soit à l’échelle de l’Etat, de la Région, du Département ou de la Commune.

 

Car, dans ce cas, nous aurions alors une sorte de « double peine » : des pratiques détestables, mais le soleil et le climat en moins !

 

Malheureusement, il existe encore de trop nombreux comportements  que l’on pourrait qualifier de « méditerranéens ». Il ne s’agit pas de fustiger ici tel ou tel type de population, mais assurément un certain type de conduite.

 

Mais, fort heureusement aussi, il existe encore dans notre pays une tradition de service public irréprochable, dévoué et compétent qui n’a pour but que de servir les citoyens que nous sommes.

 

Il en va de notre responsabilité de citoyen que de choisir le style que nous voulons pour notre commune, notre département, notre région ou l’Etat.

 

Alors, « Méditerranéen ou pas » ?

 

 

Veritis.

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Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 14 Janvier 2011

Décidemment l’équipe rédactionnelle d’Aulnaylibre est sur tous les fronts… et n’hésite pas dans les grandes occasions à privilégier une pluralité de points de vue.

 

Contrairement à mon ami Stéphane (je croyais qu’il était espiègle, mais, peut-être le suis-je encore plus !), je voudrais donc revenir ici sur ces fameux « œufs ». 

 

La cérémonie des vœux donne lieu à  des agapes réjouissantes, des retrouvailles bien sympathiques ou parfois même à des rencontres impromptues.  C’est l’occasion de rencontres informelles entre les élu(e)s de la Ville, les corps constitués, les principaux cadres de la commune, les responsables des associations, les délégués de quartiers, les commerçants, les forces vives de la commune, etc….

 

La commune avait mis les petits plats dans les grands. Sans conteste la palme revient au foie gras de l’Auberge des Saints-Pères qui a régalé nos papilles au delà de toute espérance ! C’est vrai que c’est une excellente idée que de mettre en avant les entreprises locales que ce soit dans le domaine des petits fours, des fruits, des fromages ou des desserts…

 

De plus, nous avons pu apprécier les quelques morceaux joués par l’Ecole départementale à rayonnement régional  de la ville d’Aulnay ainsi que les magnifiques photos du Club photo d’Aulnay projetées sur les toiles blanches tendues qui ornaient de très agréable façon le gymnase P. Scohy  et rehaussaient le décor, comme dans un jour de fête ou de gala.

 

Voilà donc une excellente entrée en matière !

 

Tout aurait été parfait si ….

 

Première impression étrange : quand on arrive on voit une longue queue en train d’attendre patiemment avant de pouvoir entrer dans le saint des saints. Et l’on se dit : tiens s’agit-il d’une nième séance de cinéma projetant « Règlements de compte à O.K. Coral » ? Ou bien d’une  queue inopinée devant les Restaurants du Cœur, en raison de la paupérisation de la ville ? Mais, on se rassure assez vite en voyant quelques figures familières.

 

Non, tout cela est dû à un étrange protocole (paraît-il identique à celui qui avait cours du temps de la « droite »), par lequel on ne peut entrer que si l’on s’engage vers une espèce de file qui ressemble en réalité à un  goulet d’étranglement constitué du Maire et des Adjoints qui, placés en enfilade, les uns après les autres, tiennent à serrer la main à chacun des invités.

 

On avait donc un peu l’impression d’être plusieurs siècles en arrière ou le Bon peuple et les courtisans pouvaient s’amasser pour espérer toucher la main du Roi ou présenter ses lettres de créances.  Nous espérions une « gauche » novatrice, mais là nous n’avions qu’une « gauche » furieusement conventionnelle et protocolaire à souhait. Certes, rien ne remplace le contact avec le peuple ; mais rien ne vaut le contact libre et spontané à l’opposé du contact obligé et convenu.

 

Mais le meilleur reste à venir….

 

Dans son discours, notre Premier magistrat, vit sa langue fourcher comme cela devient   coutumier, maintenant, chez nombre de politiques. En effet, au moment de nous présenter ses vœux, il eut, l’espace fatal d’une seconde … fort longue toutefois, l’intention de nous présenter « ses œufs ». Nous avions déjà été familiarisés, il y a, fort longtemps, avec les « vieux »  et non les vœux de Jospin au temps où il se bagarrait avec Chirac, mais là les « œufs » ? Qu’est-ce que tout cela peut bien signifier ? Nous nous perdons  en conjecture…

 

Etait-ce dû à la présence de Mme Guigou, ancien ministre et député de la Seine-Saint-Denis dont les images fort avenantes nous revenaient en mémoire du temps où à l’Elysée elle était la proche collaboratrice de F. Mitterrand ? Etait-ce dû à un serrage de mains fort répétitif ou la gent féminine n’était point absente ? Mystère….

 

Ou bien faut-il voir là une traduction de l’expression populaire qui lors des manifestations peut se traduire par des combats d’œufs exprimant les frustrations ou les déceptions des citoyens ? Pure hypothèse ?...

 

Ou bien encore, Monsieur le Maire a-t-il conscience de marcher sur des œufs lorsqu’il évoque à demi mot  son bilan et la perspective des élections futures ? Peut-être ?...

 

Ou bien enfin, s’agit-il d’une expression inconsciente qui tendrait à prouver, en vérité, qu’en dépit de tonitruantes affirmations ou d’une méthode chère à notre ami Emile Coué, la mayonnaise ne  prendrait pas entre Monsieur le Maire et ses concitoyens ? Sait-on jamais ?...

 

 

Je laisse à chacun à l’idée de se faire sa propre opinion. Allo, Dr. Freud ?...

 

 

Veritis.

 

 

 

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 14 Janvier 2011

C’est à quelques heures de Paris, de l’autre côté de la Méditerranée, cette Grande Bleue, dans laquelle on aime tant se baigner. Hammamet, Djerba : ces magnifiques plages parsemées d’hôtels qui accueillent des touristes européens heureux de profiter du soleil, mais aussi la beauté des sables du désert et une vraie gentillesse de ses habitants.

 

Nous savions bien que le régime était autoritaire, qu’il pouvait y régner une certaine corruption, que des journalistes avaient pu y être emprisonnés, mais nous avions le sentiment que, peu à peu, les choses pouvaient peut-être s’arranger, avec la manne touristique et le boom économique qui semblait se manifester. Et puis, au moins les fondamentalistes islamiques n’avaient pas pignon sur rue !

 

Patatras ! La crise économique y a aussi ses effets. Les emplois sont devenus plus difficiles et le chômage augmente, notamment pour des jeunes diplômés qui avaient déjà du mal à s’intégrer, mais qui, là, se révoltent devant les inégalités et les injustices d’un système gangréné par la corruption à un point que l’on n’osait imaginer !

 

Car, aujourd’hui le monde a bien changé. Le temps des dictatures ou des régimes opaques et autoritaires est compté. Pourquoi ? Parce que le phénomène de la toile ou des réseaux sociaux balaye tout et passe au-dessus des crispations et des conservatismes des hommes de pouvoir ainsi que par delà les frontières. Dés lors, à l’aide d’un téléphone portable ou d’un ordinateur, tout se sait. Les forums se multiplient, les témoignages affluent, les réactions s’amplifient. Tout cela fait boule de neige et alimente des phénomènes collectifs qu’il est alors difficile de réprimer, tant leur puissance peut être dévastatrice.

 

Et c’est là, où existe une différence fondamentale entre les Démocraties et les Régimes autoritaires. Dans le premier cas, la liberté de manifestation est garantie, voire encadrée par des organisations syndicales  et des services d’ordre tant syndicaux que policiers. Il peut exister quelques violences ou quelques bavures, mais en général la vie humaine est préservée (c’est ce qui s’est passé, par exemple, en mai 68). Dans le second, la police ou l’armée n’hésitent pas à tirer avec des balles réelles sur des manifestants, peut-être non pacifiques, mais en tous cas non armés.

 

C’est ainsi que l’on compte déjà, semble-t-il, au moins 66 morts liés à ces manifestations. Pauvre Maghreb qui, a certes conquis son indépendance depuis 50 ans environ, mais qui est toujours aux prises avec des régimes non démocratiques et corrompus ! Et si le sursaut était pour demain ?

 

Veritis.

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 11 Janvier 2011

De la « négritude » en littérature.

 

De tous ces gens qui ont du pouvoir ou de l’entregent, qu’ils soient journalistes, écrivains, hommes politiques ou hommes d’affaires, on aimerait pouvoir dire qu’ils sont honnêtes et que leur position n’est due qu’à leur talent. Bien souvent du talent, ils en ont d’ailleurs, et parmi eux celui de savoir s’entourer de quelques collaborateurs plus ou moins précieux…

 

La plupart du temps, les hommes politiques, les sportifs, etc… n’écrivent pas eux-mêmes leurs ouvrages. Trop occupés … et puis écrire est un métier ! Il ne suffit pas d’avoir de la matière, il faut aussi la mettre en forme afin que l’ouvrage soit plaisant à lire. Les plus honnêtes se confient à travers un magnétophone à un interlocuteur qui reprend, avec sa propre écriture, son propre style, les propos qui lui sont confiés. Cela peut se présenter sous la forme de questions et de réponses ou bien celle d’un récit, le tout étant remis en forme et réécrit. Le collaborateur, bien souvent un journaliste, est alors cité et rémunéré pour son travail.

 

Mais il existe aussi un autre forme de collaboration : celle des documentalistes. Jusqu’à présent, rien à redire. Mais pour des biographies, notamment, il arrive, cependant, que ces documentalistes aient un rôle qui dépasse largement celui de la pure documentation pour se transformer en quasi écriture. Et c’est là où le bats blesse….

 

De plus, il arrive aussi que ces fameux collaborateurs eux-mêmes se contentent de plagier des passages entiers d’autres ouvrages, sans bien entendu, citer leurs sources.  Eventuellement, le signataire de l’ouvrage peut lui-même se laisser abuser….C’est dire alors le sérieux de l’entreprise ! Mais, il peut aussi - beaucoup de critiques eux-mêmes ne lisant pas les livres dont ils sont chargés de rendre compte – et suivant le principe classique du « pas vu, pas pris » se laisser aller à quelque facilité…

 

C’est ainsi qu’A. Minc, en publiant une biographie de Spinoza, fut condamné pour plagiat car il reprit in extenso des éléments parfaitement inventés d’une biographie sérieuse sur le fond, mais quelque peu romancée sur la forme. C’est ainsi encore que B.H. Lévy cita des extraits d’un ouvrage écrit par un certain Botul qui n’a jamais existé, puisqu’inventé par un journaliste du Canard enchaîné, F. Pagès.

 

Et puis de temps en temps, les critiques littéraires font leur travail… C’est ainsi que J. Dupuis qui collabore à l’Express a clairement identifié sur une bonne centaine de pages des similitudes étonnantes entre une biographie de Peter Griffin (aujourd’hui décédé) parue en 1989 en France et celle de PPDA qui devrait (ou aurait dû ?) paraître ce mois-ci. Tout cela s’apparentant à une sorte de copier-coller grossièrement maquillé par des synonymes ou des tournures inversées.

 

Pour  leur défense, PPDA et son éditeur, ont expliqué qu’il y a eu « erreur de fichier » et que les journalistes ont reçu un ouvrage dédicacé par PPDA qui n’était pas le bon ! Etrange !... C’est à croire que chez les éditions Arthaud (filiale de Gallimard) on ne signe pas les bons à tirer… C’est accroire aussi l’idée que celui qui dédicace son livre n’a même pas la curiosité de le relire !

 

Bref, nous verrons bien la teneur de l’ouvrage lorsqu’il sortira en librairie ! Suspens donc ! Il y a fort à parier que le corps du délit sera fortement remanié et sérieusement expurgé… Nul doute aussi que des journalistes sérieux se pencheront sur la question pour vérifier tout cela.

 

En attendant, le mal est fait. Cette affaire a eu pour mérite de révéler au plus grand nombre des pratiques que le petit milieu de l’édition connaît parfaitement… et voire même encourage ! Cela  participe malheureusement d’une sorte de délitement des mœurs que l’on observe dans nombre de milieux, censés être prestigieux et ayant pignon sur rue.

 

Et l’on s’étonne après ça, que le Bon Peuple se mette à douter, à propos de ces « élites » autoproclamées censées dispenser la Bonne Parole…. Encore faudrait-il qu’elles fussent crédibles pour que l’on consente à les écouter !

 

Il paraît même que certains blogueurs auraient des « nègres » pour écrire leurs papiers….

 

Rassurez-vous, chers lecteurs d’Aulnay Libre, ces billets sont 100% cousus main.

 

No « negritis » in Veritis !

 

Veritis.

 

 

 

 

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 10 Janvier 2011

J’entends et je lis beaucoup de choses en ce moment, à propos de F. Mitterrand, à l’occasion du quinzième anniversaire de sa mort. Alors, il m’a paru nécessaire de livrer mon petit témoignage….

 

Petit témoignage à l’usage des plus jeunes générations…

 

Il se trouve que François Mitterrand a été un vieux compagnon pour moi.

 

Cela date de mon adolescence, durant laquelle j’avais lu et vigoureusement annoté un de ses ouvrages qui s’appelait « Ma part de vérité » (qu’il ne faut pas confondre avec « Ma part de veritis »).  C’était en 1969, juste après Mai 1968, qui a tant marqué notre jeunesse.

 

Mitterrand n’était pas encore au Parti socialiste. Il appartenait à un petit groupuscule qui s’appelait la Convention des Institutions Républicaines (C.I.R. qu’il ne faut pas confondre avec …cirer les pompes). Un de mes voisins, politicard en diable, qui appartenait à ce groupuscule lui a alors montré le livre que j’avais sérieusement annoté. Cela lui a plu. J’ai donc chez moi, une magnifique dédicace  « En bien cordial hommage… » de Tonton himself !

 

Et puis, il y eut en 1971 le fameux congrès d’Epinay, où avec l’aide de l’aile gauche du P.S., le CERES de Chevènement (où figurait déjà, je crois, Mélenchon) Tonton s’empara du Parti socialiste (car le P.S. se prend toujours à gauche !). Première tentative à la présidentielle ratée de peu en 1974, année durant laquelle il eut la joie d’être père d’une fille qu’il aima tendrement mais qu’il cacha au Bon Peuple car les mœurs étaient moins avancées à cette époque…

 

Deuxième tentative réussie en 1981 grâce à un petit coup de pouce de Chirac qui n’a jamais été à une trahison près, et à un slogan inventé par le déjà sémillant Séguéla : « La Force tranquille ». Je me souviens encore de cette explosion de joie populaire autour de la place de la Bastille, bien qu’il ait beaucoup plu ce soir là  (mauvais présage ?). Le vieux briscard de la politique, le savant manœuvrier qu’il était, le charmeur impénitent qu’il sera toujours, avait enfin son bâton de maréchal, puisqu’il occupait l’Elysée. Mais déjà Attali ne le quittait pas d’une semelle et l’ambassade américaine reçut des émissaires expliquant que les communistes n’étaient qu’une cerise sur un gâteau bientôt avalé (ce qui fut vrai d’ailleurs).

 

Bref, une autre bourgeoisie (celle des énarques et des grands commis de l’Etat) s’empara des affaires moyennant le processus des nationalisations qui n’avaient pour but que de permettre un accord électoral avec le P.C. mais surtout de procéder à une restructuration des grands groupes français dont certains étaient mal en point (par ex. la sidérurgie).

 

Et puis, le mur des réalités s’imposa assez vite, avec un déficit commercial supérieur à 100 milliards de francs (une paille par rapport aux déficits d’aujourd’hui), des dévaluations à répétitions, une inflation qu’il convenait de juguler, le tout se concluant par le fameux tournant de la rigueur de 1983. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ce mot est devenu tabou aujourd’hui ! Bref, les politiques proposent, mais l’économie dispose … et le peuple aussi d’ailleurs … à intervalles réguliers.

 

C’est ainsi qu’en 1986 Chirac devint le Premier Ministre de Mitterrand avec les privatisations de Balladur qui furent un grand succès et ne furent plus jamais remises en cause par la suite et même augmentées durant la période Jospin.

 

Et c’est alors que le Vieux  Lion reprit son bâton de maréchal avec sa Lettre aux Français et fut réélu en 1988 avec pour slogan « La France unie » (c’est marrant comme l’union est un mot fétiche en politique !) et pour programme le « Ni Ni » (une double négation ne faisant pas pour autant une affirmation…).

 

Comme il ne pouvait pas faire autrement, il nomma son meilleur ennemi Rocard, comme Premier Ministre, alors qu’il ne pouvait pas le saquer et qu’il congédia comme un laquais, trois ans plus tard. Mal lui en prit d’ailleurs puisqu’il nomma à sa place  E. Cresson (que certains nommaient la Pompadour), chose qui s’avéra une catastrophe à tel point qu’elle fut remerciée un an après.

 

Elle fut alors remplacée par ce pauvre Bérégovoy, qui bien qu’ayant fait tout ce qu’il put pour mettre la France en ordre de marche pour la libéralisation de l’économie et la mondialisation, fut défait au cours des élections législatives en 1993, le peuple étant comme on le sait, fort chatouilleux  et versatile. C’est ainsi que Balladur fut nommé Premier Ministre avec une deuxième cohabitation !

 

Mais c’est alors que les choses se gâtèrent quelque peu. Nous apprîmes, en effet, des choses que les gens du sérail savaient déjà mais que le Bon Peuple ignorait, car nous n’étions pas à l’époque d’Internet et des Wikileaks. Il apparût ainsi que le passé de notre cher François n’était pas aussi net que cela : décoration de la francisque sous Pétain, amitiés troubles avec Bousquet…

 

De là, le droit d’inventaire qui ne plut pas beaucoup à Tonton et aux Mitterrandolâtres, à tel point qu’il ne fit rien pour aider Jospin à lui succéder et qu’il fit tout au contraire pour favoriser Chirac au détriment de Balladur. De 1993 à 1995, son état de santé déclina peu à peu, à la suite du développement du cancer qu’il avait depuis  1981, mais qu’il tint soigneusement caché, en dépit de bulletins réguliers mais mensongers. J’eus d’ailleurs  l’occasion de le voir rue de Bièvre en Juillet 1995 et je fus alors frappé par le ton de cire de son visage qui annonçait sa fin prochaine.

 

Que conclure de tout cela ?

 

Si l’on se place d’un point de vue politicien, on peut dire chapeau l’artiste !

 

Si l’on se place du point de vue de l’intelligence et de la culture, la première pouvait être redoutable et la seconde très vaste…sauf en matière économique.

 

Si l’on se place du point de vue de la morale, disons, pour être gentil, qu’elle était plutôt de l’ordre du zigzag ou de la géométrie variable.

 

Si l’on se place d’un point de vue politique plus fondamental, Mitterrand n’a jamais cessé d’être un personnage ambigu.

 

Il ne faut pas oublier, en effet, qu’il fut d’abord un homme de la IV République, qu’il est, au fond, toujours resté. Sauf qu’après avoir dénoncé « le coup d’Etat permanent » de De Gaulle »  et les institutions de la V République, il se transforma lui-même, avec une très grande facilité, en une sorte de monarque républicain.

 

Au fond, je ne suis pas loin de penser que Mitterrand fut toujours un homme de droite qui prit les habits de la gauche avec sûrement un fond de sincérité mais surtout beaucoup de calcul politique… Car il ne faut pas oublier qu’il existait une haine recuite entre le Général De Gaulle et lui remontant à la période de la guerre, de sorte qu’à partir de 1958 son avenir politique devenait singulièrement compromis.

 

Dernière petite chose (si on peut dire) enfin. Ministre de l’intérieur de la IV République, durant la guerre d’Algérie, Mitterrand eut durant cette période quelque peu du sang sur les mains. En effet, il refusa de gracier un poseur de bombes qui, pourtant ne tua jamais personne. C’est une décision qu’il regretta toute sa vie. C’est aussi la raison pour laquelle, dit-on, il fut par la suite un partisan acharné de l’abolition de la peine de mort.

 

Paix à son âme !

 

Veritis.

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 7 Janvier 2011

Préparer l’après PSA ?...

 

Récemment j’ai ouï dire que les effectifs de l’industrie automobile auraient diminué de moitié sur le sol français depuis  cinq ans ! Je ne sais pas si cela est vrai, peut-être qu’il s’agit de dix ans, mais peut importe, le problème n’est pas là. Ce que je sais en revanche, c’est que de plus en plus de voitures sont fabriquées en Pologne, en Roumanie, en Slovaquie, en Turquie ou dans d’autres pays…mais je ne peux pas tous les citer !

 

Alors, de fil en aiguille, je me pose forcément la question, même si on nous assure aujourd’hui du contraire : quid, pour notre commune et ses habitants, si soudain PSA décidait de mettre la clef sous la porte. Pure hypothèse assurément aujourd’hui. Mais demain ?

 

Il ne s’agit pas de faire peur. Mais de regarder froidement les choses en face et surtout anticiper. J’espère, bien sûr que cela n’arrivera jamais. Mais l’année 2011 sera sûrement plus difficile que 2010 en raison de la diminution des aides gouvernementales, outil principal du maintien du marché français en 2010.

 

L’industrie automobile a été une formidable locomotive de l’économie française depuis les années 70. L’outil automobile demeure encore irremplaçable dès que l’on veut faire quelques centaines de Kms et transporter une famille. Mais les usages évoluent : en centre-ville elle a largement reculé, les transports en commun progressent surtout si le service est amélioré (tram-train, tramway, rénovation du RER, Grand Paris, …) ; pour les distances plus longues on peut choisir le TGV ou l’avion « low cost » .

 

De plus, le coût futur de l’essence est incertain ; l’électrique est encore balbutiant ; les segments les plus dynamiques sont les véhicules haut de gamme (mais en plus faible quantité) et les véhicules d’entrée de gamme (assemblés à l’étranger). Il y a donc de quoi s’interroger.

 

Tout comme une ville doit réfléchir à 10 ou 20 ans, en matière de logements et d’aménagement de son espace, il me semblerait donc tout aussi indispensable qu’une ville réfléchisse aussi à 10 ou 20 ans en matière d’emplois et de vie économique et industrielle.

 

Cela passe donc bien sûr par une politique de relations suivies et de confiance avec les Grands Industriels de la commune. Mais cela passe aussi par une politique ambitieuse de développement et éventuellement de redéploiement de l’emploi industriel ou de services en attirant sur le territoire de notre commune les activités de demain liées à une plus forte valeur ajoutée ou à une plus grande technicité. Cela implique alors de valoriser les atouts de la commune, la qualité de ses services publics, de ses infrastructures…mais aussi de son habitat et de son environnement qui sont un des critères de choix dans les décisions d’implantation des entreprises.

 

Le Département de la Seine-Saint-Denis a globalement géré de façon calamiteuse depuis la fin des années 70, la perte de ses industries traditionnelles, ce qui a entrainé un retard de plus de 30 ans dans son développement économique dû à une absence d’anticipation et de réflexion. Ce n’est que tout récemment avec l’arrivée du stade de France et le développement de la Plaine St Denis, que les choses se sont peu à peu inversées. Cependant le département accuse encore aujourd’hui un retard très sévère fortement préjudiciable à sa bonne marche.

 

On pourrait donc souhaiter qu’une telle myopie ne perdure pas, notamment devant les nouveaux défis de l’industrie du début du XXI° siècle qui ne sont pas plus minces que ceux auxquels le Département n’a pas su faire face à partir des années 80.

 

Que dit le Département à ce sujet ? Et plus près de nous, notre Commune ? Quel plan d’envergure a été développé en ce sens et porté à la connaissance des habitants ?

 

 

Personnellement je n’ai rien entendu….

 

Mais peut-être n’est-il pas trop tard ? Il paraît que des élections approchent….

 

 

Veritis.

 

 

 

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Publié le 6 Janvier 2011

Lors du billet précédent, nous avions évoqué la notion de carte au sens du mot map en anglais. Nous allons maintenant examiner le mot au sens de card, toujours en anglais.

 

Le phénomène des cartes s’est largement accru, au cours des vingt dernières années : carte de paiement, carte de crédit, carte d’une association, d’un club, carte de fidélité, carte d’identité, carte de séjour,… ; carte bleue, carte verte, carte orange… Tout y passe, à tel point que certains exhibent comme des trophées l’ensemble de leurs cartes comme autant de signes extérieurs de richesse qu’ils conservent précieusement dans ce que l’on nomme précisément un porte-cartes.

 

Tout se passe alors comme si l’ensemble de ces cartes permettaient d’accroître le territoire symbolique ou réel de chacun grâce au sentiment d’appartenance qui relie les possesseurs de la même carte. De l’identité à l’identification il n’y a qu’un pas que l’on peut franchir aisément ; de l’identification on peut alors glisser, si l’on n’y prend garde, vers la réduction ou l’exclusion.

 

Je me souviens d’un film magnifique intitulé « La vie des autres » qui connut un très grand succès en Allemagne, car il narrait par le menu, l’emprise liée à la surveillance policière qui sévissait, il y a à peine plus de vingt ans, en RDA. Tout cela bien sûr, au nom d’une ligne politique qui ne tolérait aucune nuance ou aucune déviance, qui contrôlait le moindre des faits et gestes de citoyens qui avaient le droit de penser…mais uniquement dans le sens du Parti. Il fallait donc avoir la carte, comme l’on dit, pour obtenir un travail ou un logement. Mais il fallait aussi et surtout avoir un cerveau bien « encarté » pour penser et agir selon les directives du Parti, au nom bien sûr du bien et d’une noble cause. Car, comme toujours, l’enfer est pavé des meilleures intentions !

 

Aujourd’hui encore, en Chine, en Russie et dans bien d’autres pays, vous pouvez croupir en prison si vous avez le tort de déplaire à tel ou tel dirigeant ou si vous souhaitez simplement dire ce que vous pensez. C’est la raison pour laquelle il faut se féliciter de l’attribution du prix Nobel de la paix au dissident chinois, Liu Xiaobo pour « ses efforts durables et non violents en faveur des droits de l’homme en Chine  » comme l’a indiqué le comité norvégien. On rappellera ici que cet opposant purge actuellement une peine de onze ans de prison pour « subversion du pouvoir de l’Etat ».

 

Mais il ne s’agit là que de combats d’arrière-garde. Tout comme pour l’Europe de l’Est, le vent de la liberté soufflera tôt ou tard de la steppe asiatique jusqu’à Pékin, poussé par un mouvement d’émancipation auquel conduira tôt ou tard l’élévation du niveau de vie de nos amis chinois.

 

Bienheureusement notre pays reste à l’abri de tels excès. Fruit d’une riche histoire de mouvements des idées et de luttes, la liberté est, en effet, un bien précieux qu’il convient de chérir et de préserver. Est-on certain pour autant que des phénomènes plus ou moins insidieux ne font pas partie de pratiques  locales encore en vigueur dans notre Bonne Démocratie ?

C’est ainsi que je me suis laissé dire que dans certaines  communes de notre beau pays de France il n’est pas rare que l’on embauche des « chargés de missions » dont je ne nie pas forcément l’utilité, mais dont on me dit aussi, ô étrange coïncidence, qu’ils possèdent  une « carte » d’une couleur identique ou similaire à celle de l’organe exécutif de la  commune.  On dit, en effet, assez souvent, que dans tel ou tel domaine, certains ont la « carte » et d’autres pas. Serait-ce la même chose pour la Fonction publique territoriale ?

 

On me dit aussi que certains sont mis au placard, qu’il existe des doublons, que les nouveaux venus ne sont pas forcément les plus mal lotis. Tout cela peut alors créer un sentiment de malaise, préjudiciable au bon fonctionnement d’une collectivité. Cela est d’autant plus vrai que les effectifs de la fonction publique territoriale ont largement augmenté depuis de nombreuses années. Je ne nie pas qu’il puisse exister des besoins nouveaux, mais le fonctionnement des systèmes bureaucratiques a fait l’objet de suffisamment d’études sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter sur le sujet.

 

Je comprends, par ailleurs, que n’importe quel exécutif puisse s’assurer de la loyauté et du devoir de réserve de l’administration qu’elle est chargée de diriger. Mais cela passe-t-il,  par une orientation partisane des principaux agents de l’administration territoriale ? Franchement,  je ne le crois pas. Il en va d’une certaine conception du service public à la française, gage de neutralité, d’une certaine conception de la démocratie où nulle discrimination ne doit être retenue en matière d’embauche que ce soit pour des raisons politiques, philosophiques ou spirituelles.

 

Ce que l’on demande à une administration c’est de l’efficacité, de la réactivité, une capacité d’initiatives et de propositions, une gestion parcimonieuse des deniers publics et un sens du service au public sans faille.  Les inclinations politiques de tout un chacun, de caractère privé, ne doivent pas être un obstacle à l’embauche, mais n’ont pas non plus vocation à se transformer en passeport obligatoire. Tant il est vrai que les mots sont amusants : parti, partiel et partial ont la même racine !

 

Je présume donc que tout cela est faux. Qu’il s’agit de ragots sans fondement, de suspicions illégitimes ou de pratiques abandonnées depuis fort longtemps.

 

Dans ce domaine comme dans d’autres, il appartient à chaque citoyen de se faire une idée par lui-même.

 

C’est ainsi que dans notre beau territoire de France, les électeurs sont invités à rebattre les cartes à intervalles réguliers…

 

 

Veritis.

 

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Publié le 6 Janvier 2011

De la carte et du territoire….

 

Je profite de l’actualité littéraire et du récent prix Goncourt attribué à Michel Houellebecq pour m’interroger, à nouveaux frais, sur ces notions de cartes et de territoires.

 

Dans ces ouvrages, M. Houellebecq dépeint une société en proie à la décadence et à une perte de ses repères. Il s’attache ainsi à décrire les mœurs d’une face sombre de l’humanité à l’égal de son personnage qu’il cultive de façon presque trop appuyée.

 

M. Houellebecq, écrivain du mal de vivre. C’est assurément pour cela que les jurés du prix Goncourt lui ont enfin attribué la fameuse récompense, tout en faisant la joie du gamin désemparé qu’il est resté. Car autant je reconnais les mérites de l’écrivain, autant le personnage qu’il est ou qu’il s’est fabriqué est aux antipodes de ce qui me paraît être « l’honnête homme du XXI° siècle ». Anti-héros certainement. Anti-modèle assurément. Ce n’est pas la première fois que la littérature met en exergue les difficultés ou la face sombre d’une époque en exprimant le malaise qu’elle peut véhiculer.

 

Mais, ce n’est pas de cela dont je veux parler ici. Le titre de l’ouvrage de M. Houellebecq n’est qu’un prétexte pour aborder ces fameuses notions de carte et de territoire.

 

Dans l’approche aristotélicienne, la carte et le territoire ont tendance à se confondre. La carte exprime le territoire. Il s’agit de segmenter, de classifier, de différencier, de nommer, de représenter…mais cela veut dire aussi : simplifier, approximer, retenir des critères, réduire, écarter et éventuellement éliminer.

 

Autant le territoire est complexe, divers, diffus, contradictoire, riche de diversités, autant la carte, par définition, arrange, modèle et simplifie, laissant de côté les nuances qui ne peuvent se réduire à une représentation trop simpliste. Ainsi et fort heureusement cette réalité échappe toujours à sa représentation.

 

Mais il existe aussi une approche non aristotélicienne : celle qui ne se contente pas d’une description, celle qui tend à rendre compte d’une globalité non pas par fragments mais en un seul bloc jaillissant d’un simple coup, avec la puissance imaginative, l’esprit visionnaire ou la synthèse fulgurante qui le caractérisent.

 

Il ne s’agit pas d’opposer l’une à l’autre, car elles ont toutes deux leur utilité. Il s’agit de reconnaître le moment où elles sont opportunes. Esprit de géométrie ou esprit de finesse ? Pascal (et ses « deux infinis ») les convoquait tous les deux, à l’appui de sa démonstration. Disons alors tout simplement que si toute carte est utile pour arpenter le territoire, il ne saurait, en aucun cas, se résumer à celle-ci.

 

Car tout comme la carte n’est pas le territoire, le mot n’est pas la chose. D’où bien des malentendus, des quiproquos, des disputes aussi vaines qu’inutiles. Pour autant, il faut bien utiliser des mots et réaliser des cartes.

 

De l’utilité donc des cartes…et de leurs limites

 

Le cabinet LIN a réalisé récemment une « carte mentale » de cinq communes du Nord-Est Parisien (Aulnay-sous-Bois, Sevran, Livry-Gargan, Montfermeil, Clichy-sous-Bois). Cette carte a mis en évidence des atouts et des faiblesses sur ce territoire qui représente à lui seul, près de la moitié de la superficie de Paris.

 

Parmi les atouts :

 

-          Des réseaux de communications satisfaisants ;

-          Des zones d’activités proches de grands pôles ;

-          Une population jeune ;

-          Des zones naturelles non négligeables.

 

Parmi les faiblesses :

 

-          Des zones enclavées ;

-          Une population insuffisamment formée ;

-          Des zones naturelles peu accessibles ;

-          Un territoire trop morcelé.

 

Ce travail a eu pour mérite de mettre des mots sur une réalité que tout le monde pouvait ressentir un peu confusément. De cela il en est ressorti quelques propositions pour donner à ce territoire plus de cohérence : meilleur maillage des transports, décloisonnement, accès facilité aux pôles de formation, création de nouveaux espaces culturels et sportifs, réalisation de trames vertes et de lieux de circulations douces, mise en valeur des lieux à proximité des nouvelles gares du métro automatique du Grand Est Parisien.

 

A mon sens, ce travail devrait se poursuivre par une sorte de focale plus spécifiquement dédiée au territoire de la seule commune d’Aulnay-sous-Bois.

 

A ce sujet, je voudrais rendre ici hommage à tout le travail qu’a réalisé depuis six ans, la personne en charge, au sein de notre commune, de l’Agenda 21, lequel travail a permis de réunir des fiches fort bien documentées servant de support de réflexion aux travaux qui seront conduits au cours du premier semestre de l’année 2011.

 

Encore faut-il, lors de l’établissement des solutions, bien saisir les nuances et les subtilités d’un territoire qui ne saurait être réduit ni à une caricature ni à une vision trop simpliste.

 

Nous aurons sûrement l’occasion d’en reparler.

 

 

Veritis.

 

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Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 5 Janvier 2011

Séquence Nostalgie…

 

Albert Raisner (mais qui connaît encore Albert Raisner ?) nous a quittés à l’âge de 88 ans.

 

Animateur infatigable d’une émission de télévision qui s’appelait «Âge tendre et tête de bois », carrefour des yé-yé en même temps que Salut les Copains… Je vous parle donc d’un temps que les moins de 20 ans (que dis-je les moins de 40 ans !) ne peuvent pas connaître.

 

L’époque du début des années 60, celle qui succède au Rock and Roll des Elvis Presley, Chuck Berry ou Jerry Lee Lewis, plus douce, plus romantique ou plus « gnan-gnan » selon le goût de chacun a ainsi bercé la jeunesse des presque sixties d’aujourd’hui.

 

Le début de l’époque des idoles : Johnny Halliday (déjà) au carrefour du rock et des yé-yé, Eddy Mitchell et les chaussettes noires, Sylvie Vartan (La plus belle pour aller danser), Françoise Hardy (Tous les garçons et les filles de mon âge) et même Sheila (L’école est finie). L’émission quotidienne emblématique à 17h, sur Europe 1 : SLC, Salut les Copains.

 

Il y avait là de quoi alimenter notre imaginaire et notre capacité de rêverie qui allaient préfigurer nos amours adolescentes…C’était aussi le développement du transistor et l’apparition des premières télévisions en noir et blanc. C’était aussi un petit village à la campagne où tout le monde n’avait pas la télévision mais où régnait une entraide et une convivialité telles que les salons de ceux qui la possédaient se transformaient en mini salles de cinéma.

 

C’était aussi la préfiguration d’une certaine société de consommation, les spécialistes du marketing ayant bien vu là tout l’intérêt de capter le nouveau désir d’émancipation de la jeunesse et accessoirement …le portefeuille de leurs parents. Revues, posters, le fameux tourne-disques teppaz, les disques microsillons 45 ou 33 tours… Puis, sur cette base vinrent assez vite les premières surprises-parties, boums ou surboums qui n’allaient pas tarder à dévoiler nos premiers flirts et émois d’adolescents…

 

C’était aussi le temps de James Dean et de sa « Fureur de Vivre », le temps des blousons noirs, puis celui des mini-jupes et des vacances à Ibiza. Le temps d’une jeunesse insouciante qui avait envie de mordre la vie à pleines dents, qui débordait d’enthousiasme, d’espoirs et rêvait de voyages… et annonçait la rupture de Mai 68…

 

Chaque époque a ses repères, ses rites de passage, ses totems, ses épreuves et ses espoirs. C’est ainsi que se construisent les adolescents avant de devenir adultes. C’est ainsi aussi que les adultes peuvent conserver en eux un peu de leurs rêves d’adolescence !...

 

« Âge tendre et tête de bois » est, en tous cas, une expression qui convenait fort bien à cette époque. La tendresse des sentiments adolescents mais aussi le « bois » des têtes rudes qui rêvent de transformer le monde… Mais, à vrai dire, à tout âge, on devrait laisser leur place aux « âges tendres et têtes de bois » !

 

 

Veritis.

 

 

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Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 3 Janvier 2011

Un petit supplément d’âme….

 

Voilà, un jour de plus et nous avons changé d’année et même de décennie…Avons-nous changé d’époque pour autant ? Assurément non…

 

Le monde est toujours aussi dur avec les faibles, mais aussi faible avec les puissants. L’utopie communiste a disparu, balayée par ceux qui étaient censés la défendre. L’argent règne en maître, aussi bien dans les esprits que sur les marchés. Le temps est ce qui manque le plus avec une sorte d’accélération dont personne ne sait où elle mène.

 

Pourtant l’espérance de vie augmente. Des centaines de millions d’êtres sortent de la pauvreté. La recherche avance et les frontières de la science reculent chaque jour. Des produits nouveaux facilitent la vie de chacun. Les mentalités évoluent, les distances diminuent, les barrières sont abolies.

 

Alors, que retenir de tout cela ? Qui a raison ? Les « déclinistes » qui prévoient toujours le pire ou les optimistes impénitents qui pensent que l’homme aura toujours la faculté de se renouveler ? Ceux qui pensent que l’idée de « progrès » est définitivement derrière nous ou ceux pour qui cette notion n’est pas encore morte pour peu qu’on lui donne un contenu différent ? Ceux qui croient que la « nature » humaine est immuable ou ceux qui ne désespèrent pas de la voir grandir ?

 

Depuis fort longtemps, nous avons coutume de dire que nous vivons dans un monde en crise. Or le mot grec krisis a deux faces : l’une qui signifie problème, épreuve, difficulté et l’autre qui veut dire également : opportunité, chance, renouveau. Lequel de ces deux sens finira-t-il par triompher ? Il est encore trop tôt pour le dire. Tout cela dépend de nous.

 

Depuis fort longtemps encore, certains disent que cela ne peut plus durer et pourtant cela dure encore : la corruption des esprits, l’avidité sans fin, le penchant narcissique envers le pouvoir et l’influence, la violence des rapports sociaux ou politiques, les menaces et les craintes qui les accompagnent.

 

Mais rien de tout cela n’est fatal. Car il existe aussi la générosité et l’humanité, toujours prêtes à ressurgir  en cas de difficulté. La satisfaction de rendre service et de donner un sens à sa vie. La simplicité de la vie au milieu de la nature. L’humilité des vrais gens qui savent bien que la vie est éphémère…et bien d’autres choses encore.

 

Alors que souhaiter pour 2011 ?

 

Tout simplement peut-être…un petit supplément d’âme !

 

Veritis.

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Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 1 Janvier 2011

Chers amis lecteurs,

 

Depuis bientôt trois mois et quelques trente billets, nous avons entretenu un courant d’échanges à propos de choses et d’autres qui concernent aussi bien notre bonne ville d’Aulnay que le vaste monde auquel elle appartient.

 

Je voudrais donc, tout d’abord, remercier Stéphane Fleury qui, en m’accueillant sur le blog d’Aulnaylibre !, a permis la tenue d’un tel échange.

 

Je souhaite également remercier, du fond du cœur, celles et ceux qui ont pris la peine de me lire, en espérant qu’ils ont pu y trouver quelque agrément, avec une pensée toute particulière pour celles et ceux qui m’ont adressé leurs commentaires, ce qui nous a permis d’engager un dialogue libre et fructueux.

 

Un merci enfin pour ceux qui ont bien voulu relayer mes billets en les publiant sur leurs propres blogs.

 

En 2011, je poursuivrai cet échange avec vous au gré de mes humeurs ou de mes réflexions sur tous types de sujets qui retiendront mon attention. Mon intention n’est pas d’asséner des vérités toutes faites, mais de participer avec vous à un processus de réflexion libre et ouvert, tant  il est vrai que le cheminement d’une pensée est souvent bien plus riche que le résultat auquel elle peut aboutir.

 

Je crois, en effet, dans un monde de plus en plus complexe, qu’il faut plus que jamais se méfier des schémas préétablis, des arguments simplistes ou des parti-pris sommaires. Cela n’empêche pas la vigueur de la réflexion ou l’âpreté des débats, bien au contraire. Car, il ne s’agit pas de se contenter, pour autant, d’un consensus plus ou moins vague masquant les enjeux de notre société.

 

Au surplus, comme vous l’avez montré abondamment, tout cela peut se faire avec respect et courtoisie, et même souvent avec un certain humour, ce qui permet de parler de choses plus ou moins sérieuses…sans se prendre trop au sérieux ! Soyez-en, ici, remerciés.

 

A n’en pas douter l’année 2011 sera encore riche de thèmes passionnants, à un niveau local ou plus global, que nous aurons plaisir à aborder ensemble.

 

En attendant, je tiens à vous adresser ainsi qu’à vos proches tous mes vœux les plus sincères à l’occasion de cette nouvelle année.

 

A bientôt.

 

Veritis.

 

 

 

 

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Publié le 31 Décembre 2010

Quelques citations ou aphorismes…à propos du Bonheur ( 3°partie)

 

« Personne ne peut me contraindre à être heureux à sa manière ( c’est-à-dire à la manière dont il conçoit le bien être des autres hommes) ; par contre, chacun peut chercher son bonheur de la manière qui lui paraît bonne, à condition de ne pas porter préjudice à la liberté qu’a autrui de poursuivre une fin semblable ( c’est-à-dire de ne pas porter préjudice au droit d’autrui), liberté qui peut coexister avec la liberté de chacun grâce à une possible loi universelle. »

Kant (1724-1804)

 

« Aussi longtemps que notre conscience est remplie par notre volonté, aussi longtemps que nous sommes livrés à l’impulsion du désir, avec ses espérances et ses craintes continuelles, aussi longtemps que nous sommes sujets du vouloir, il n’y a pour nous ni bonheur durable, ni repos. »

Schopenhauer (1788-1860)

 

« Le bonheur n’est pas un but que l’on poursuit âprement, c’est une feuille que l’on cueille sur la route du devoir. »

Mill (1806-1873)

 

« L’être humain peut espérer de se perpétuer le plus longtemps possible sans s’autodétruire. Pour atteindre ce que vous nommez « bonheur », il doit arriver à ériger une société sans classe dominante, et où les inégalités naturelles sont compensées par un soutien social mutuel. »

Marx (1818-1883)

 

« A l’individu, dans la mesure où il recherche son bonheur, il ne faut donner aucun précepte sur le chemin qui mène au bonheur : car le bonheur individuel jaillit selon ses lois propres, inconnues de tous, il ne peut être entravé et arrêté par des préceptes qui viennent du dehors. »

Nietzsche (1844-1900)

 

« Le bonheur au sens relatif où il est reconnu comme possible, est un problème d’économie libidinale individuelle (une question de répartition de la libido entre moi et les objets, propre à chaque individu). Il n’y a pas là de conseil valable pour tout le monde ; chacun doit essayer lui-même de quelle façon il peut faire son salut. »

Freud (1856-1939)

 

« Il est bien vrai que nous devons penser au bonheur d’autrui ; mais on ne dit pas assez que ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c’est encore d’être heureux. »

Alain (1868-1951)

 

« Le bonheur est en quelque sorte ce qui met un point d’arrêt à la fuite en avant du désir. »

Ricoeur 1913-2005)

 

« Il faut créer le bonheur pour protester contre l’univers du malheur. »

Camus (1913-1960)

 

« La joie comme vécu actuel, évident et intense, est en outre l’élément qui donne au bonheur sa substantialité. Le bonheur comme sentiment d’une vie qui s’accomplit dans l’accord avec soi-même, devient plus qu’un simple jugement, lorsqu’il est nourri et porté concrètement par des expériences actives et actuelles de joie effective. »

Misrahi (né en 1926)

 

« Le vrai bonheur ne dépend d’aucun être, d’aucun objet extérieur. Il ne dépend que de nous. »

Tenzin Gyatso ( Dalaï-Lama)

 

Sélection opérée à partir de l’ouvrage, La philosophie du bonheur en 365 citations, Janine Casevecchie, Editions du Chêne, toujours en vente à la Librairie Folies d’encre, Bd de Strasbourg, Aulnay-sous-Bois.

 

Adieu 2010 …. A Bientôt 2011 !

 

Et surtout : Vive le Bonheur !

 

Veritis.

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Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 30 Décembre 2010

Quelques citations ou aphorismes…. à propos du Bonheur ( 2°partie)

 

« Une vie de bonheur, n’est-ce pas la chose que tout le monde veut et que personne au monde ne refuse ? Mais où l’a-t-on connu pour le vouloir ainsi ? Où l’a-t-on vu pour l’aimer comme on l’aime ? Il vient assurément de Toi, ô mon Dieu. Comment ? Je ne sais. Il est en nous. On ne chercherait pas à être heureux, si on ne connaissait pas déjà le bonheur. »

Saint-Augustin (354-430)

 

« Le bonheur ne se perçoit pas sans esprit et sans vigueur. »

Montaigne (1533-1592)

 

« Le repos d’esprit et la satisfaction intérieure que sentent en eux-mêmes ceux qui savent qu’ils ne manquent jamais à faire leur mieux est un plaisir sans comparaison plus doux, plus durable et plus solide que ceux qui viennent d’ailleurs. »

Descartes (1596-1650)

 

« Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé ou à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent ; et, si nous y pensons, ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer de l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. »

Pascal (1623-1662)

 

« Toute notre félicité et notre misère dépendent de la qualité de l’objet que nous aimons. Ainsi l’amour d’une chose éternelle et infinie nourrit l’âme d’une joie sans mélange et sans tristesse. »

Spinoza (1632-1677)

 

« Toute personne éclairée doit juger que le vrai moyen de s’assurer pour toujours de son vrai bonheur particulier, c’est de chercher la satisfaction dans les occupations qui tendent au bien général. Or, ce bien sincère, autant que nous pouvons y contribuer, est l’acheminement à la perfection des hommes, tant en les éclairant pour connaître les merveille de la souveraine substance qu’en les aidant à lever les obstacles qui empêchent les progrès de nos lumières. »

Leibniz (1646-1716)

 

« Afin que le sentiment du bonheur puisse entrer dans l’âme, ou du moins afin qu’il puisse y séjourner, il faut avoir nettoyé la place et chassé tous les maux imaginaires. »

Fontenelle (1657-1757)

 

« J’ai décidé d’être heureux, parce que c’est bon pour la santé. »

Voltaire (1694-1778)

 

« Le bonheur me suivait partout ; il n’était en aucune chose assignable, il était tout en moi-même ; il ne pouvait me quitter un seul instant. »

Rousseau (1712-1778)

 

« Toute l’économie de la société humaine est appuyée sur ce principe général et simple : je veux être heureux ; mais je vis avec des hommes qui comme moi veulent être heureux également chacun de leur côté. Cherchons le moyen de procurer notre bonheur en procurant le leur, ou du moins sans jamais y nuire. »

Diderot (1713-1784)

 

Sélection opérée à partir de l’ouvrage : La philosophie du bonheur en 365 citations, Janine Casevecchie, Editions du Chêne, disponible à la Librairie Folies d’encre, Bd de Strasbourg, Aulnay-sous-Bois.

 

 

Veritis.

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Publié le 29 Décembre 2010

Quelques citations ou aphorismes à propos du Bonheur…. (1° Partie)

 

« Le bonheur ne consiste pas dans la possession de troupeaux et de l’or. C’est l’âme qui est le siège de la béatitude. »

 

Démocrite (vers 460-370 av. J.C.)

 

« N’oublie jamais que tout est éphémère, alors tu ne seras jamais trop joyeux dans le bonheur, ni trop triste dans le chagrin. »

 

Socrate (470-399 av. J.C.)

 

« L’homme qui peut trouver en lui seul, ce qui peut mener au bonheur, sans qu’aucun élément de ce bonheur ne dépende de la chance ou de la malchance d’autrui, qui l’entraînerait dans ses propres vicissitudes, cet homme-là s’est assuré le meilleur système de vie. »

 

Platon (427-347 av. J.C.)

 

« Une hirondelle ne fait pas le printemps, non plus qu’une seule journée de soleil ; de même ce n’est ni un seul jour ni un court intervalle de temps qui font la félicité et le bonheur. »

 

Aristote (383-322 av. J.C.)

 

«  Il n’est pas possible de vivre heureux sans être sage, honnête et juste, ni sage, honnête et juste sans être heureux. »

 

Epicure (341-270 av. J.C.)

 

« Le contentement apporte le bonheur, même dans la pauvreté. Le mécontentement apporte la pauvreté, même dans la richesse. »

 

Confucius (551-479 av. J.C.)

 

« Il n’y a point de bonheur sur le chemin. Le chemin est le bonheur. »

 

Lao-Tseu (570-490 av. J.C.)

 

« Si le bonheur appartient à tout être à qui rien ne manque et qui est dans son genre accompli et complet, et si c’est là le propre de la vertu, ils en résulte certainement que tous ceux qui possèdent la vertu sont heureux. »

 

Cicéron (106-43 av. J.C.)

 

« Ô misérables esprits des hommes, ô cœurs aveugles ! Dans quelles ténèbres, parmi quels dangers, se consument ce peu d’instants qu’est la vie ! Comment ne pas entendre le bruit de la nature, qui ne réclame rien d’autre qu’un corps exempt de douleur, un esprit heureux, libre d’inquiétude et de crainte ?

 

Lucrèce (384-322 av. J.C.)

 

« L’homme heureux est donc celui qui a le jugement droit ; l’homme heureux est celui qui se contente du présent, quel qu’il soit et qui est un ami de son propre bien ; l’homme heureux est celui que la raison approuve et recommande en toute situation. »

 

Sénèque (4 av. J.C. – 65 ap. J.C.)

 

« Il ne dépend pas de toi d’être riche, mais il dépend de toi d’être heureux. »

 

Epictète (vers 50 – 125)

 

« En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d’être heureux. »

 

Marc-Aurèle (121-180)

 

Sélection opérée à partir de La philosophie du bonheur en 365 citations, Janine Casevecchie, Editions du Chêne, disponible à la Librairie Folies d’encre, Bd de Strasbourg, Aulnay-sous-Bois.

 

 

Veritis.

 

 

 

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 28 Décembre 2010

Aung San Suu Kyi, Liu Xiaobo, Mikhaïl Khodorkoski

 

 

D’ici peu, l’année 2010 va s’achever. Traditionnellement les journaux, les magazines ou leurs lecteurs élisent « la femme ou l’homme de l’année ». Cet exercice a quelque chose d’un peu puéril, car pourquoi vouloir à tout prix classer les uns ou les autres, distribuer un palmarès, distinguer tel ou tel ?

 

Alors comment choisir ?

 

Les soldats français morts en Afghanistan pour un combat sans doute légitime mais dont l’issue apparaît  de plus en plus incertaine  dans un pays où le poids de la tradition et la logique  interne semblent dérouter à tout jamais les esprits occidentaux que nous sommes ?

 

Ces sept moines de Thibérine sauvagement assassinés depuis plusieurs années déjà mais dont le souvenir a ressurgi par la grâce d’un film de X. Beauvois qui a ému plus de trois millions de téléspectateurs ?

 

Ces chercheurs qui luttent d’arrache-pied contre le sida, le cancer, les maladies génétiques ou d’autres encore avec l’espoir de reculer l’horizon de la souffrance et de la mort ?

 

Ces bénévoles qui s’engagent auprès d’associations pour distraire des jeunes enfants atteints de maladies incurables, tenir compagnie à des personnes âgées ou apprendre à lire et à écrire à des personnes en difficulté ?

 

Assurément tous ceux-là et bien d’autres encore méritent une pensée particulière, non seulement à l’occasion de cette fin d’année, mais tout au long de ces années où ils ne ménagent pas leur peines pour faire reculer les frontières de l’obscurantisme, de la maladie, de la souffrance, de la solitude, de l’ignorance ou de la mort.

 

 

Mais, je voudrais ici rendre hommage et avoir une pensée toute particulière pour trois personnes différentes par leur pays d’origine et leur histoire personnelle mais réunies à travers un combat commun, celui de la liberté d’expression, qu’ils et elle ont payé ou payent encore durement par des années de prison ou de privation de liberté.

 

Aung San Suu Kyi

 

Née en 1945, à Rangoon (Birmanie), elle est la fille du général Aung San leader de la libération birmane qui a négocié l’indépendance de son pays en 1947 mais fut assassiné par ses rivaux la même année.

 

Le 18 septembre 1988, un coup d’état porte au pouvoir une junte militaire. Le 27 septembre 1988, elle participe à la création de la Ligue Nationale pour la Démocratie dont elle devient la première secrétaire générale. Elle est arrêtée le 20 juillet 1989, la junte lui proposant la liberté si elle quitte le pays, ce qu’elle refuse. Plus tard, elle sera mise en liberté surveillée jusqu’en juillet 1995.

 

En 1990, sous la pression populaire, la junte organise des élections qu’elle perd au profit de la Ligue Nationale pour la démocratie dirigée par Aung San Suu Kyi. Alors, la junte annule ces élections, ce qui suscitera une vive riposte internationale. Elle recevra le Prix Nobel de la Paix en 1991. En septembre 2000, elle est à nouveau mise en maison d’arrêt jusqu’au 6 mai 2002, puis est à nouveau emprisonnée, mise en maison d’arrêt en septembre 2003 et assignée à résidence jusqu’en mai 2009.

 

A quelques jours de sa libération, elle est, sous des prétextes fallacieux, mise en détention le 7 mai 2009, puis condamnée le 10 août 2009 à 18 mois de détention, ce qui la prive de tout moyen de participer à l’élection générale de 2010. Le 13 novembre 2010 cesse sa résidence surveillée après plus de 15 ans de privation de liberté sous une forme ou sous une autre.

 

L’un de ses discours les plus  connus, Freedom from fear, traduit en français, sous le titre « Se libérer de la peur » (Editions des Femmes, 1991), commence ainsi :

 

« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime… »

« Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend la marque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. (…) Mais dans un système qui dénie l’existence des droits humains fondamentaux, la peur tend à faire partie de l’ordre des choses. Mais aucune machinerie d’Etat, fût-elle la plus écrasante, ne peut empêcher le courage de ressurgir encore et toujours, car la peur n’est pas l’élément naturel de l’homme civilisé ».

 

Sources : Wikipedia ; La République des Lettres (A.M. Lévy)

 

Un tel courage, une telle force suscitent bien évidemment l’admiration pour cette femme belle et frêle mais surtout déterminée.

 

Liu Xiaobo

 

Né en 1955 de parents intellectuels et communistes, il fait partie de la première génération qui accède à l’université en 1977 à l’issue de la « révolution culturelle ».Il obtient un doctorat ès lettres à l’université de Pékin en 1988 puis devient professeur chercheur invité en Norvège et aux Etats-Unis.  En 1989, il revient en Chine et participe aux manifestations de la place Tien’Anmen  à Pékin à l’issue desquelles il sera condamné à dix-huit mois de prison. Une fois libéré, il ne sera plus autorisé à publier et à prendre la parole en public.

 

Au milieu des années 1990, il commence à travailler pour le magazine Chine démocratique, mais en 1996, il est condamné à trois ans de camps de travaux forcés pour avoir critiqué le Parti communiste chinois.

 

Le 22 mars 2008, lors des troubles au Tibet, Liu Xiaobo participe à un appel pour demander au gouvernement chinois d’infléchir sa politique au Tibet et pour soutenir l’appel à la paix du Dalaï-Lama. La même année, il écrit l’ébauche de la charte 08, signée par plus de 10 000 personnes dont 300 personnalités éminentes. Cette charte a été conçue et écrite en s’inspirant de la charte 77 de Tchécoslovaquie, où au mois de janvier 1977, plus de deux cents intellectuels tchèques et slovaques ont formé une association de personnes unies par la volonté d’agir individuellement et collectivement pour le respect de l’humain et des droits civils.

 

Tard dans la soirée du 8 décembre 2008, Liu Xiaobo a été enlevé chez lui par la police. Il a été formellement arrêté le 23 juin 2009 avec comme motif : « incitation à la subversion du pouvoir de l’Etat », puis condamné le 25 décembre 2009 à onze ans de prison pour subversion, ce qui provoque de nombreuses réactions internationales : ONU, Union Européenne, etc.

 

Le 8 octobre 2010, Liu Xiaobo a reçu le Prix Nobel de la Paix « pour ses efforts durables et non violents en faveur des droits de l’homme en Chine ». Près de 600 intellectuels chinois – universitaires, avocats et militants des droits de l’homme – ont signé une lettre ouverte demandant une démocratisation en Chine et la libération de Liu Xiaobo et des prisonniers de conscience.

 

Source : Wikipédia.

 

Autre type de dirigeants, mais méthodes similaires. Autre parcours, mais détermination tout aussi inébranlable. Autre Prix Nobel de la Paix mais réactions internationales toujours aussi vives.

 

Mikaïl Khodorkovski

 

Ce personnage n’a sûrement pas la « pureté » des deux premiers, mais il a, me semble-t-il, une personnalité tellement hors du commun, qu’elle mérite assurément respect et  considération. Comme ces deux prédécesseurs, il pouvait facilement fuir son pays mais a préféré, au risque de sa liberté, affronter le pouvoir en place.

 

Né en 1963, de parents ingénieurs chimistes dans une usine de Moscou, il fit de brillantes études qui lui ont permis de rejoindre l’institut d’économie Plekhanov, tout en menant en parallèle une activité militante intense au sein des Jeunesses communistes (Komsomol). Il était en outre membre du Parti communiste.

 

En 1995, il devient PDG et actionnaire important du groupe pétrolier Ioukos à la suite de la privatisation de cette compagnie réalisée sous B. Eltsine. Toutefois, comme beaucoup d’opérations réalisées à cette époque, on ne peut pas dire que cela s’est fait dans des conditions de transparence parfaite. Cependant, dès cette époque, M. Khodorkovski, développe sa compagnie, au point d’en faire un géant de son secteur puisque la compagnie sera estimée à 27 milliards de dollars en 2004.

 

Mais son tort est de vouloir se lancer en politique, en pensant qu’il faut se battre contre la corruption au sommet de l’Etat, ce qui déplait souverainement à W. Poutine, qui dés lors fera tout pour l’abattre. Ainsi l’accuse-t-on de « vol par escroquerie à grande échelle » et d’ « évasion fiscale », accusations qu’il conteste. Mais il est arrêté en octobre 2003, puis condamné en 2005 à huit ans de prison, à Tchita, à 7000 kms de Moscou, près de la frontière chinoise. Libérable en 2011, il redevient un adversaire gênant pour W. Poutine, dans l’optique des prochaines élections de 2012.

 

C’est la raison pour laquelle un nouveau procès s’ouvre à Moscou en mars 2009 pour « vol de pétrole ». Celui-ci tourne à la mascarade ce qui fait dire à Guido Westerwelle, chef de la diplomatie allemande : « La façon dont ce procès a été mené est particulièrement préoccupante et constitue un pas en arrière sur la route de la modernisation du pays » ou encore à Amnesty International : « Il y a des motifs politiques dans cette affaire, et une ingérence qui a rendu difficile une décision judiciaire équitable ».

 

Cette affaire est revenue sur les devants de l’actualité puisque le jugement sera connu ces prochains jours, le procureur ayant requis en octobre 2010, quatorze ans à compter de sa première arrestation en 2003, ce qui suscite un certain émoi dans les pays occidentaux.

 

Sources : Wikipédia, Le Monde.fr, Libération du 28/12/2010.

 

Birmanie, Chine, Russie. Trois pays différents. Trois dénégations de la liberté la plus élémentaire. Trois destins hors du commun.

 

Fort heureusement, notre pays échappe à ce type d’excès.

 

Probablement parce que chez nous, en raison de notre histoire et de nos traditions, la démocratie, même imparfaite, a précédé les développements de l’économie de marché, pour devenir un acquis intangible, socle indispensable de notre vivre ensemble.

 

Pour autant, notre pays n’est pas à l’abri, ici ou là, de pressions « amicales », de « petits arrangements » entre amis, de « violences » plus ou moins feutrées, de « luttes d’influences » plus ou moins féroces.  Ainsi va, dit-on, la vie en société, diront les plus réalistes.

 

Mais  au nom de ce soit disant  « réalisme », ne finit-on pas par oublier l’essentiel ?

 

Et si l’on faisait de cet « essentiel » le thème des années futures, en commençant bien évidemment par 2011 ?

 

 

Veritis.

 

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

Publié le 27 Décembre 2010

A contre-courant des idées reçues, il y a parfois des manifestations qui nous laissent espérer une évolution intelligente de l’humanité. C’est la raison pour laquelle je voudrais relayer ici la lecture d’un article du journal Le Monde des 19 et 20 décembre 2010 que l’on doit à Harry Bellet.

 

Le 15 décembre dernier, le Mathaf, Musée arabe d’art moderne, dessiné par le Français Jean-François Bodin, a été inauguré à Doha, la capitale du Qatar. Le mot Mathaf signifie d’ailleurs musée en arabe.

 

Ce musée est le résultat de l’ambition d’un homme, Cheikh Hassan bin Mohammed bin Ali Al-Thani, lui-même artiste et vice-président du Qatar Museum Authority, qui collectionne depuis vingt ans les œuvres des créateurs du monde arabe.

 

Tradition, modernité et ouverture internationale : tel semble être le triptyque qui donne le ton à ce musée.

 

On note ainsi dans cette exposition un tableau du syrien Louay Kayyali (1934-1978), peint en 1961, où une jeune femme allaite son enfant. Le sein est vu de profil, assez stylisé, pas de quoi outrager même une ligue de vertu occidentale, mais surprenant dans le contexte pudibond des émirats. Pudibond mais pas intolérant….

 

Il leur arrive même de se moquer de leurs petits travers, comme  dans ce tableau de Faisal Laibi (né en 1947), qui représente une épouse agenouillée aux pieds de son mari, lequel fume tranquillement le narguilé tandis qu’elle lui ôte ses chaussures : l’œuvre est intitulée Relationship !

 

Interrogée par CNN, la jeune directrice du lieu, Wassan Al-Khudairi, âgée de 30 ans, admet que le Mathaf doit contribuer à faire reculer les frontières de ce qui semble acceptable dans la région.  On en trouvera un exemple frappant avec une vidéo d’Adel Abidin (né en 1973), qui montre une blonde volcanique, pulpeuse et fort peu habillée, chantant sur la scène d’un cabaret et dans l’intimité de sa loge.

 

Pourquoi tout cela est-il réjouissant ?

 

1.      Nous avions déjà en France, des esprits brillants et érudits, tel Malek Chebel qui prône un « islam des lumières », c’est-à-dire un islam qui renonce à sa part obscure pour mieux exhaler sa face lumineuse.  L’islam dont il parle est celui du partage : « Celui qui amène au monde l’algèbre, l’arithmétique, la parfumerie, une gastronomie brillante, une musique, une maison de la sagesse et qui s’occupe de cosmologie. Fondé sur la raison, l’échange et le travail, l’échange et le respect d’autrui. »

 

2.      Malek Chebel dans une autre partie de son œuvre (Encyclopédie de l’amour en Islam, Payot, 1995 ; Psychanalyse des « Mille et Une nuits », Payot, 1996 ; Dictionnaire amoureux de l’Islam, Plon, 2004 ; le Kama-sutra arabe, Pauvert, 2006 ; Dictionnaire amoureux des Mille et une nuits, Plon, 2010) lève le voile sur la culture propre à l’islam, sous l’aspect de la vie érotique, des rapports entre les sexes, des arts et autres raffinements de la culture orientale qui ont fasciné l’Occident depuis la découverte de l’Orient.

 

 

3.      Nous savons, notamment depuis W. Reich que tout ce que l’on refoule le plus est cela même qui rejaillit avec une force sauvage. Ainsi la haine de la chair a pour corollaire celle de l’esprit, marque de tous les fondamentalismes guerriers qui reposent sur une conception dualiste de l’humanité : d’un côté « les bons », de l’autre « les méchants » ; d’un côté « les purs », de l’autre «  les impurs ».

 

4.      L’art et la culture apparaissent une fois de plus comme des antidotes saisissants face à la violence, l’obscurantisme et le fanatisme. C’est la raison pour laquelle on ne peut que se réjouir d’une telle initiative.  Un Occident imbécile a pu mettre en valeur, pour des raisons mercantiles, une pornographie, heureusement en déclin aujourd’hui. Réjouissons-nous alors qu’un érotisme véritable et artistique puisse fleurir, dans le droit fil de traditions millénaires, en de nombreux points de la planète.

 

 

Veritis.

 

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Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis