Quand l’anti-tsiganisme conduit à des discriminations environnementales…
À Aulnay-sous-Bois, l’aire d’accueil des gens du voyage est déserte, mais les quelques personnes qui vaquent autour de leurs caravanes alignées sont cernées, nous raconte Claire Ané, dans les colonnes du journal Le Monde. « Il y a le vrombissement des petits jets privés qui viennent de décoller de l’aéroport du Bourget, celui plus lointain des avions de ligne venus de Roissy-Charles-de-Gaulle. Des palissades en bois et un haut talus n’atténuent qu’en parti le bruit de la circulation de cette quatre voies très empruntée à l’Est, et de l’autoroute Paris – Lille, au sud. A l’ouest, une haie d’arbres dissimule un site de production et de recyclage de matériaux du BTP ».
Marc Sheitz, 44 ans, et sa famille vivent ici depuis 19 ans. « C’est moins pire qu’à notre arrivée : c’était un ancien dépôt d’ordures que nous avons fini de nettoyer et dératiser avant qu’on nous crée l’aire d’accueil ». dit-il
Ici, pas de trottoir, pas de passage clouté, ni d’éclairage public. La sortie donne sur la quatre voies. Un oncle est décédé en mars 2023, fauché par une voiture. Et il y a pire ailleurs : son frère, sur une aire du 77, près d’une déchetterie. Son oncle, à Tremblay-en-France, sous une ligne à haute tension, à moins de 150 m des pistes de Roissy. Selon le vent, ça sent le kérosène, les vitres sont grisées par les traces de carburant et les fumées du crématorium voisin.
Dans une étude publiée fin août, on apprend que les gens du voyage font face en France à une discrimination environnementale systémique : Le risque d’être à moins de 300 m d’une déchetterie est multiplié par trois. A moins de 100 m d’une station d’épuration ou d’une autoroute, multiplié par deux. A proximité d’un site pollué ou d’une usine classée Seveso, augmenté de 30 à 40 %. En 2021 déjà, la défenseure des droits alertait sur ces discriminations systémiques. Depuis, rien n’a vraiment changé.
À Aulnay-sous-Bois, stationner coûte 3,50 euros par jour, et il faut ajouter 50e de facture chaque semaine pour l’eau et l’électricité : « Si on dit qu’on paie trop cher, on nous dit “allez-vous en”, regrette Isabelle. Ils savent qu’on n’a pas le choix. »
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