Publié le 24 Janvier 2014
C’est peut-être la fin d’un long serpent de mer… En annonçant hier une livraison, d’ici à 2023, du Charles-de-Gaulle (CDG) express, liaison directe entre Paris et l’aéroport, le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a rouvert un vieux débat. En ravivant, au passage, les inquiétudes des élus de Seine-Saint-Denis… Zoom sur leurs principales mises en garde.
« Pas question de payer »
Si la liaison devrait être entièrement financée par Aéroports de Paris (ADP) et Réseau ferré de France (RFF), sans contribution de l’Etat, Philippe Dallier, sénateur-maire (UMP) des Pavillons-sous-Bois, craint que les pouvoirs publics ne doivent finalement mettre la main au porte-monnaie. « Toutes les études faites par le passé avaient démontré qu’il était peu probable qu’un tel projet trouve un équilibre financier. Si cela se confirme, il y a un risque que, dans quelques années, ses financeurs se retournent vers l’État ou la région pour boucher le trou. Et ça, il n’en est pas question! », prévient l’élu.
« Priorité au RER B ! »
En Seine-Saint-Denis, la liaison sera en grande partie mise en place sur des voies existantes, parallèles à celles empruntées par le RER B. « Il ne faudra absolument pas que la mise en place de ce projet vienne perturber davantage le fonctionnement de cette ligne, essentielle aux habitants du département », s’inquiète quant à lui Didier Mignot, maire (PC) de Blanc-Mesnil. Sceptique sur l’utilité du CDG express, il préférerait « qu’un vrai plan d’amélioration de la ligne B du RER soit proposé, avec un doublement du tunnel du Châtelet ».
« Menace sur la ligne 17 du supermétro »
Maire de Tremblay-en-France (FDG), François Asensi redoute, lui, que le CDG express face de l’ombre à la future ligne 17 du supermétro du Grand Paris, dont le calendrier de livraison n’est fixé qu’à l’horizon… 2030. « On nous a fait miroiter une liaison entre Saint-Denis-Pleyel et l’aéroport de Roissy, avec, à terme, une correspondance jusqu’à la Défense. L’État doit s’engager là-dessus en priorité! », juge l’élu. Mais selon un fin connaisseur du dossier, la réalisation du CDG express pourrait bien remettre en question les raisons d’investir dans la ligne 17 (dont le coût est estimé à 2 Mds€).
« Chaque jour, 80000 travailleurs se rendent sur la plate-forme aéroportuaire CDG. Ce projet de liaison directe ne leur servira à rien et nos habitants devront se contenter de regarder passer les trains. Une énième marque de mépris! », peste quant à lui Jean-Christophe Lagarde, député-maire (UDI) de Drancy.
Source : Le Parisien
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