Publié le 7 Décembre 2010
Inde. Agacés de payer le prix fort pour se nourrir sainement, de plus en plus de citadins indiens cultivent leur petit jardin. Plusieurs formations à l'agriculture bio et urbaine connaissent désormais un franc succès. Reportage paru dans "Outlook"
Soixante habitants de Bombay suivent avec attention les mouvements de Preeti Patil. Elle découpe devant eux une pomme censée représenter notre planète. “C’est toute la terre dont nous disposons pour cultiver des denrées alimentaires", dit-elle. Dans cette salle du centre de formation du parc naturel du Maharashtra, on croise des informaticiens, des avocats, des médecins, des étudiants, des personnes âgées et des adolescents boutonneux. Pour eux, Preeti est une célébrité. Ils ont tous lu comment cette femme, responsable de la restauration au sein de l’administration portuaire de Bombay, a galvanisé son service en transformant la terrasse de 280 mètres carrés jouxtant la cantine en une “forêt” luxuriante. Ils sont sidérés d’apprendre que son potager recycle les 20 kilos de déchets produits quotidiennement par la cuisine de la cantine. Et qu’elle y récolte des légumes incroyablement savoureux, parmi lesquels des épinards, des gombos, des aubergines et des tomates cerises, que les salariés mangent souvent crus et, bien sûr, des fruits comme les goyaves, les pommes cannelle, les mangues, les bananes et même les noix de coco d’un gigantesque palmier planté contre le mur de la terrasse. Ils ont renoncé à leur repos dominical pour apprendre à devenir des cultivateurs urbains.
Dans le monde entier, les citadins ont recours aux fermes urbaines en période de crise. Au lendemain des deux guerres mondiales, des jardins de la victoire ont fait leur apparition dans les zones urbaines britanniques, américaines, canadiennes et allemandes pour renforcer la sécurité alimentaire. Comme le soulignent Preeti et d’autres membres du mouvement d’agriculture urbaine, l’Inde est elle aussi au bord d’une crise. Pour nourrir une population citadine en plein essor, nous empiétons de plus en plus sur les zones périurbaines, qui satisfont la majeure partie de nos besoins alimentaires. Dans l’avenir, les denrées vont donc être transportées sur de plus longues distances encore, ce qui va accroître notre empreinte carbone. Avec l’accroissement de la demande, nous devrons également payer plus cher nos légumes et nos fruits. Et comme nous sommes tributaires de l’agriculture chimique, les produits que nous mangeons sont déjà bourrés de pesticides et d’engrais et très pauvres en nutriments.
Pour faire face à tous ces problèmes, Preeti a créé en 2009 Urban Leaves, une ONG destinée à promouvoir l’agriculture “natueco”, une méthode organique qui utilise des déchets biologiques faciles à se procurer pour produire une terre riche en nutriments mais légère. En moins d’un an, la participation à ses ateliers – 30 personnes au début – a doublé et il y a déjà une liste d’attente pour les prochains. Les participants présentent des profils très disparates, depuis Ubai Hussein, un ancien cuisinier converti dans l’agriculture organique qui était consterné par la qualité des légumes vendus sur les marchés de Bombay, jusqu’à Mavis D’Souza, une employée d’aéroport passionnée d’agriculture depuis le jour où elle a fait pousser des pastèques sur sa terrasse et qui cultive un petit potager à Borivili une banlieue de Bombay.
Quand B. N. Vishwanath, l’un des pionniers de l’agriculture organique sur terrasse, a commencé à organiser des ateliers en 1996, la plupart des participants étaient des femmes au foyer et des gens à la retraite. “Mais depuis 2008, souligne-t-il, j’ai observé un soudain accroissement du nombre de jeunes, dont la plupart venaient du secteur informatique.” Et pourquoi pas, poursuit-il. “Cela rafraîchit votre maison, vous procure de l’oxygène, vous permet de recycler vos détritus et, si vous vous y prenez bien, vous garantit des légumes sans produits chimiques pour toute l’année.” Assez pour nourrir une famille ? Oui, d’après M. Vishwanath, qui assure qu’en plantant six légumes différents dans un potager de 55 mètres carrés, on peut récolter 10 kilos de légumes par semaine !
Selon M. Prabhakar, de l’Institut de recherche indien en horticulture [GreenTek Indika], à Bangalore, les expériences montrent qu’une terrasse de 110 mètres carrés peut permettre de nourrir une famille de cinq personnes. Une récompense non négligeable pour une heure de travail par jour.
L’atelier de Preeti est une occasion de partager des expériences et de rencontrer d’autres passionnés d’agriculture urbaine. Comme Jumana Parkar, qui a abandonné son travail bien payé d’hôtesse de l’air. Aujourd’hui, elle travaille bénévolement dans des fermes pour se former aux techniques agricoles…
Source : Smita Mitra, Outlook, New Delhi in Courrier international pour Direct Matin 01/12/2010

Habituellement on aperçoit ce type d'affichage sur les appareils électroménagers genre réfrigérateur ou machine à laver. Ce dégradé de couleurs du vert au rouge accompagné des lettres A à G qui permet de les classer en fonction de leur consommation d'énergie. A partir du premier janvier de l'année prochaine










Les campagnes en faveur de la préservation de l'environnement sont certainement pour quelque chose dans cette tendance. Mais c'est surtout la crise économique qui semble jouer un rôle dans cette nette diminution du tonnage traité. "Avec les problèmes de pouvoir d'achat, les gens ont moins consommé", remarque François Dagnaud, président du Syctom et adjoint PS au maire de Paris chargé de la propreté. Si les militants écologistes se réjouissent de ces bons chiffres, ils comptent aller encore plus loin. "Nous lançons en 2010 une grande campagne de réduction des déchets auprès de nos adhèrents", explique Michel Riottot, le président d'Environnement 92, une association qui compte plus de 6000 membres dans les Hauts-de-Seine. La prochaine action va consister à porter l'effort sur une politique d'emballage des biens de distribution plus économe. "Nous entendons développer le lobbying auprès des producteurs, insiste François Dagnaud. "Nous devons exercer une pression sur les fabricants pour qu'ils aient moins recours au suremballage."
La qualité du tri effectué par les Franciliens a considérablement progressé ces dernières années, mais reste insuffisante avec la persistance de mauvaises habitudes. "Nous retrouvons encore trop souvent des encombrants abandonnés sur les trottoirs en dehors du jour de collecte ", peste Guillaume Gardillou, maire adjoint UMP chargé de l'espace public à Boulogne-Billancourt. François Dagnaud plaide pour une simplification sur le territoire du Syctom. "On ne met pas forcément la même chose dans tel bac selon la commune dans laquelle on se trouve, regrette-t-il. Il nous faut avancer vers plus d'homogénéisation." Si la tendance se confirme, le Sytcom espère ne plus avoir recours à l'enfouissement des détritus à l'horizon 2014. Ces derniers alimenteront les filières de recyclage ou serviront à produire de l'énergie à l'image d'Isséane, l'usine d'incinération du syndicat située à Issy-les-Moulineaux. Un dossier que suivront avec attention les membres d'environnement 92. "Nous avons appris que de grandes entreprises spécialisées achètent des terrains en Ile-de-France pour enfouir, s'inquiète Michel Riottot, alors nous jugerons sur pièces".
Les catastrophes naturelles liées au changement climatique vont coûter de plus en plus cher. Dans son bilan annuel,
Le groupe bavarois a, par ailleurs, confirmé les estimations données il y a un mois par son concurrent Swiss Re sur le coût des catastrophes naturelles en 2009. Selon son chiffrage, celles-ci ont occasionné 50 milliards de dollars ( 34,6 milliards d'euros ) de dégâts matériels ( quatre fois moins qu'en 2008 ), dont 22 milliards à la charge des assureurs ( plus de moitié moins que l'an passé ). L'année aura également été beaucoup moins meurtrière, avec 10000 victimes, contre 220000 morts en 2008.
Pour les fêtes de fin d'année, que diriez-vous d'un tournedos Rossini ? Imaginé par le compositeur italien qui lui a légué son nom, c'est le savoureux mariage d'un tendre médaillon de filet de boeuf et d'une tranche de foie gras. Il y a là de quoi exciter les papilles de tous vos convives, à moins d'avoir à table un de ces militants donneurs de leçon sur la dangerosité de l'élevage bovin pour la planète, ou sur les souffrances infligées aux palmipèdes et plus largement aux animaux de rente.
La cerise sur le gâteau est laissée aux bons soins de Paul McCartney et Rajendra K. Pachauri, président du Giec (Groupe d'experts international sur l'évolution du climat). " Le réchauffement climatique a atteint des proportions que l'on ne peut plus ignorer, assène Rajendra K. Pachauri. Nous pouvons apporter notre contribution à l'échelle individuelle. L'élevage est un domaine dans lequel nous pouvons faire la différence ". Paul McCartney lui emboîte le pas. " Les gens sont perdus, assure-t-il. Ils veulent apporter leur contribution, mais ne savent pas comment ". Qu'ils ne s'inquiètent pas, le chanteur est prêt à les éclairer.
" Le Giec ( Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat ) a émis des hypothèses raisonnables, intelligentes et intéressantes, mais a sous-estimé beaucoup d'incertitudes, juge Vincent Courtillot, directeur de l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP)". A partir des données de 44 stations météorologiques européennes et 150 stations américaines fournissant des données denses sur cent ans, l'IPGP a reconstruit des courbes de températures pour les comparer à celles du Giec. " Il y a bien un réchauffement d'environ 1°C en Europe, mais il n'est absolument pas progressif, avec une marche d'escalier en 1988, indique Vincent Courtillot. Quant aux Etats-Unis, la courbe montre une phase de réchauffement suivie d'un refroidissement équivalent, avant de repartir à la hausse après 1970. Dans les deux cas, la courbe du réchauffement ne suit absolument pas celle de la concentration de CO2 de l'atmosphère ".
Toutefois, l'agriculture n'est pas une simple victime du changement climatique. Elle a une carte à jouer pour tenter d'équilibrer les flux de gaz à effet de serre. Selon l'APCA ( Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture ), l'agriculture représente 10 à 14% des émissions mondiales de gaz à effet de serre ( CO2, méthane, protoxyde d'azote...). Mais elle permet, par ailleurs, de fixer du carbone atmosphérique dans les sols. A ce sujet, une étude, financée par la Commission et les Etats membres, a mobilisé deux mille chercheurs pendant cinq ans dans le cadre du programme Carboeurope. Le bilan des entrées et sorties de CO2 qui en ressort est satisfaisant, mais les résultats sont plus mitigés si l'on s'intéresse à l'ensemble des gaz à effet de serre. Les écosystèmes cultivés sont en effet émetteurs de protoxyde d'azote et de méthane, dus respectivement aux épandages d'engrais et à la fermentation entérique des ruminants.
" Plusieurs facteurs jouent sur l'efficacité des puits de carbone, souligne Nicolas Viovy. Sur les sols cultivés, la capacité de séquestration du carbone est améliorée par les méthodes permettant d'accroître les niveaux de matières biologiques, dont le carbone est le principal constituant. Limiter ou supprimer le labour, incorporer plus de résidus au sol permet de déstocker moins de CO2. De la même manière, plus l'écosystème est productif au-dessus, plus le sol stockera de carbone. Enfin, selon leur structure, les sols sont plus ou moins capables de retenir du CO2." La température comme l'humidité jouent également un rôle. Les basses températures favorisent l'accumulation de CO2 dans le sol. Par conséquent, le réchauffement progressif du globe devrait tendre à diminuer l'efficacité des puits de carbone. Le réchauffement pourrait ainsi s'auto-accélérer...
Ce partage Nord-Sud établi au niveau mondial se retrouve assez bien à l'échelle de la France, qui se situe à la charnière entre ces deux grandes zones climatiques". Par prudence, les scientifiques préfèrent se montrer plus pessimistes que les modèles. " Tout en ayant confiance dans les modèles, nous ne sommes pas certains qu'ils reproduisent bien ce qui va se passer dans des conditions jamais expérimentées, comme des gammes de températures de 40 à 45°C, admet Bernard Seguin. En outre, les modèles donnent des prévisions de moyennes, mais les évènements extrêmes peuvent être fréquents". La crainte porte également sur les accidents climatiques (sécheresses, inondations...).