Publié le 24 Mai 2014
Ne vous méprenez pas : en septembre, tous les écoliers de France passeront bien à la semaine de quatre jours et demi. La Seine-Saint-Denis, qui a testé la réforme dans cinq villes* cette année, ne devrait pas faire exception, sauf annonce inattendue du ministère d'ici la fin de l'année scolaire.
C'est bien sur cet infime espoir que se focalisent encore de nombreux élus du département. Certains maires de droite assurent encore, comme un coup de bluff, qu'ils n'appliqueront pas la réforme dans leur ville. D'autres, plus mitigés, comme à Montreuil, précisent qu'ils espèrent obtenir un report in extremis. Preuve de l'opposition à la réforme des rythmes scolaires, assez forte dans le département, ils seront nombreux à manifester ce matin devant la préfecture de Bobigny pour réclamer, a minima, un report d'un an. Une délégation de maires sera d'ailleurs reçue par le directeur académique à 9 heures.
« Je pense que la mobilisation sera suivie, estime Claude Capillon, le maire UMP de Rosny-sous-Bois qui a mobilisé les élus de droite sur ce sujet il y a quelques semaines. Moi, j'ai toujours dit que je n'appliquerai pas cette réforme. Mais je sais qu'il faut tout de même regarder et travailler pour ne pas être pris de cours, au cas où... » Comme lui, la plupart des élus qui tentent encore de maintenir le bras de fer avec l'Etat s'organisent en coulisses. Car ils savent bien qu'ils doivent envoyer leur copie le 6 juin au plus tard à la direction académique. Sinon ? Ce sera à l'Education nationale de trancher à leur place.
« L'idée était de trouver un consensus local à chaque fois, explique-t-on au ministère de l'Education nationale. Mais en aucun cas les maires ne peuvent refuser la mise en pratique de la réforme. » S'ils persistent, le directeur académique décidera lui-même du calendrier des écoliers pour la rentrée de septembre, « au regard de ce qui se fait dans les villes voisines », explique-t-on au ministère. Mais quoi qu'il arrive, les élèves auront des cours tous les matins, du lundi au vendredi. Seule possibilité pour les maires : regrouper les ateliers périscolaires -- facultatifs -- sur une ou deux demi-journées, l'après-midi, plutôt que de les faire sur une durée plus courte en fin d'après-midi. « Le ministre peut aussi octroyer une dérogation pendant trois ans, à titre expérimental, si le maire propose un autre schéma, précise un proche de Benoît Hamon. Mais il faut que ce projet soit validé. »
Déjà, certains élus, notamment les maires nouvellement élus, ont renoncé à proposer des ateliers périscolaires, trop compliqués à mettre en place d'ici la rentrée. « Nous avons demandé en vain le report d'un an pour ces nouveaux maires qui n'ont que quelques mois pour plancher sur la réforme, dénonce Jean-Christophe Lagarde, le député-maire UDI de Drancy et chef de file de la protestation des élus UDI du département. A Saint-Ouen, Bobigny ou encore au Blanc-Mesnil, les maires se sont retrouvés devant un travail pharamineux. On joue avec nos enfants ! » Lui a finalement décidé de ne pas organiser d'ateliers « pompons, macramés et chorale » qu'il juge « inutiles » pour les enfants.
A la place, les cours de soutien scolaire existants déjà dans certaines écoles seront généralisés pour les CP et les CE 1 de la ville. Quant aux aides de l'Etat (50 € par enfant + 40 € par enfant si la ville perçoit la dotation de solidarité urbaine), il assure qu'elles serviront notamment à ne pas répercuter les heures supplémentaires des agents des écoles pour prendre en charge les enfants entre 8 h 30 et 9 heures le matin. « Mais quoi qu'il arrive, la ville paiera une partie de sa poche », grince-t-il.
* Aubervilliers, Bondy, Romainville, Le Pré-Saint-Gervais et l'Ile-Saint-Denis.
Source : Le Parisien
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