Aulnay-sous-Bois : les pavillons tombent comme des dominos

Publié le 7 Mars 2012

Sale temps en ce moment pour les pavillons à Aulnay-sous-Bois. Tels des dominos, ils tombent les uns après les autres. Rues Anatole France et Jules Princet il y a quelques jours (voir article ici) et maintenant à l'angle de la rue Fernand Herbaut et de l'impasse des marronniers. Dans le cas présent, ce qui se passe entre parfaitement dans le cadre légal. Ce secteur étant situé en zone UA au niveau du Plan Local d'Urbanisme (P.L.U.) il permet en effet la densification la plus massive possible à une hauteur de 20 mètres.

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Néanmoins, au delà de ces aspects purement réglementaires, il est fort probable que, dans une ville où la zone pavillonnaire représente 44 % du territoire, le phénomène actuellement en cours ne manque pas d'émouvoir une partie de la population attachée à la préservation d'un certain "esprit village" malgré l'environnement urbain. Il suffit pourtant de quelques balades du nord au sud pour constater que cette époque semble désormais bien révolue. Une sorte de compte à rebours vient de s'enclencher rasant progressivement l'habitat individuel au profit d'immeubles collectifs.  

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Bien entendu il y a la crise du logement, le développement durable, l'équilibre financier d'une opération immobilière... L'intérêt général aussi. Mais ces raisons, aussi valables soient-elles, justifient-elles la mise à mort inéluctable de la zone pavillonnaire ? Faut-il nécessairement sacrifier les cadres de vie existants et d'une certaine manière les habitants déjà présents sur l'autel de la densification ? Personne ne le sait finalement ! Parce que, faute d'avoir su prendre le temps de mettre sur la table une bonne fois pour toutes l'ensemble des enjeux relatifs au futur d'Aulnay-sous-Bois, l'exécutif municipal actuellement en place a fait le choix d'aller vite et de façon désordonnée.

Usant et abusant de modifications successives de P.L.U, pas moins de quatre en autant d'années de pouvoir (!), les élus, tels des équilibristes, modèlent à leur gré l'Aulnay-sous-Bois de demain par opportunisme ou pire en fonction du niveau de résistance de leurs administrés ! Tel un bateau ivre, la politique urbanistique est ballotée au gré du vent ce qui la rend totalement illisible auprès de la population qui accueille désormais la plupart des nouveaux projets avec défiance. Plutôt que de miser sur la division en stigmatisant tel quartier ou type d'habitat contre un autre, n'aurait-il pas été plus pertinent d'élaborer un projet de ville débattu clairement et sereinement avec la population pour que l'évolution urbanistique se fasse dans l'adhésion et non pas le rejet ?

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L'urgence n'excuse pas tout et certainement pas les passages en force brutaux qui ont laissé et laisseront des marques durables dans l'esprit des habitants. Ils s'en souviendront forcement le moment venu. L'histoire démontrera alors si cette stratégie supposée volontariste mais perçue comme particulièrement agressive par bon nombre d'aulnaysiens attachés à leur ville était la bonne ou non...

Rédigé par Stéphane Fleury

Publié dans #Urbanisme

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E
Il serait temps de définir un plan général sur l'urbanisme de la ville. Si la densification est inéluctable, il faut clairement définir les zones de densification et préserver réellement les
quartiers pavillonnaires qui font le charme de la ville (maisons en meulières, il faudrait peut être les classer) ainsi que les derniers arbres de la forêt de Bondy.
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J
Putain! 2 ans! (Chirac vu par les guignols)
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B
En tant qu'Aulnaysien, il y a de quoi se sentir particulièrement fier de voir tous ces beaux pavillons détruits pour faire place à des immeubles de 20 mètres de hauteur...
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