Une fuite chimique du gaz mercaptan sur un wagon-citerne tient en alerte la gare de triage de Drancy pendant trois heures et demie
Publié le 6 Mars 2013
Hier, un peu avant 20h30, le périmètre de sécurité a été levé autour de la gigantesque gare de triage de Drancy, « la plus dangereuse de France », comme le laissait tomber un riverain, avec un rien de fatalisme. Trois heures et demie plus tôt, l’alerte avait été donnée par la SNCF, à la suite d’une détection de fuite chimique sur un wagon-citerne. Les premiers éléments connus font part d’un dégagement « intermittent » d’un gaz à l’odeur de soufre : les secours suspectent la présence de tétrahydrothiophène (THT) ou de mercaptan. Ces composés, assez similaires, sont ajoutés au gaz distribué en ville pour le rendre décelable, en cas de problème sur le réseau. La toxicité du mercaptan suscite bien des interrogations après l’énorme nuage rejeté dans l’atmosphère par l’usine Lubrizol de Rouen (Seine-Maritime), il y a un mois et demi. Ces produits, qui sont inflammables, sont irritants à haute dose.
Les élus ont déjà demandé le déménagement du site
A Drancy, cinquante-deux pompiers et une douzaine d’engins sont alors déployés au cœur de la gare de marchandises. Leur longue intervention est totalement invisible de l’extérieur. Seule la fermeture partielle de la rue Gâteau-Lamblin indique aux habitants les plus proches qu’il y a un dysfonctionnement. De son côté, la préfecture de Seine-Saint-Denis assure rapidement qu’il n’y a pas de risques. Mais ce n’est pourtant qu’au terme de 3h30 de recherches sur place, que les analyses toxicologiques et les mesures d’explosimétrie (déterminant les risques d’explosion) se sont révélées négatives.
L’incident est clos, mais la polémique promet de repartir de plus belle sur les dangers pour la population de la gare de triage. Posé à la croisée de Drancy, du Bourget et du Blanc-Mesnil, le site est totalement dédié au fret ferroviaire. Il accueille chaque année entre 150000 et 300000 wagons dont 20800 transportant des matières dangereuses, selon des données de 2010. Sur ces 20800 conteneurs, 70% renferment des hydrocarbures inflammables, 10% du chlore et de l’ammoniac et 20% des substances radioactives, toxiques et explosives. « Nous avions déjà eu une alerte le 11 novembre dernier, rappelle le député-maire (UDI) de Drancy, Jean-Christophe Lagarde. Avec le sénateur-maire du Bourget, cela fait plusieurs mois que nous attendons d’être reçus par les ministres des Transports et de l’Ecologie. » Selon la municipalité, qui s’appuie sur une étude de danger datant de mai 2011, trois zones présentant des « risques létaux pour la population » ont été établies, entre 250 m et 2600 m autour de la gare. Ces secteurs exposés engloberaient au total 220000 habitants, toujours d’après les élus de Drancy, qui n’ont pas hésité à demander en 2012 le déménagement de ce site.
Source : Le Parisien