Journée de la femme en Seine-Saint-Denis : Joanna, combattante en ovalie

Publié le 8 Mars 2013

joanna.jpg« Je suis une fille qui fait le sport qu’elle aime. » Voilà, tout simplement. Pourtant, rien n’est simple quand une femme est joueuse de rugby de haut niveau. Elle doit supporter les réflexions machistes. Elle doit faire avec un statut amateur et l’absence de considération. Joanna Sainlo, 22 ans, le sait. Mais la talonneuse de l’équipe de Bobigny est une guerrière avec un très joli regard. L’expression « combat » revient d’ailleurs plusieurs fois sur ses lèvres, pour parler de sa discipline. Son club est dans le top 10, c’est-à-dire l’élite de l’ovalie féminine. La jeune sportive est par ailleurs internationale. Sélectionnée dans l’équipe de France à sept, elle part lundi suivre un stage de cinq jours.

«C’est beaucoup de sacrifices, analyse-t-elle. Il est plus dur pour une femme de combiner des exigences de haut niveau et une vie professionnelle et personnelle. Parce que nous devons toujours en faire plus que les hommes pour être reconnues. » Lucide et déterminée, la joueuse qui a fait ses études à la fac de Bobigny vient d’entrer dans une école de kiné, dans le Val-de-Marne, où elle réside maintenant. « J’ai établi des priorités. Je n’ai pas forcément envie d’attendre 30 ans pour commencer à travailler », juge-t-elle. Elle a désormais une heure de transport pour se rendre aux trois entraînements par semaine de son club. S’ajoutent sa préparation physique quotidienne, le match du week-end et les sollicitations liées à sa sélection enéquipe de France à sept. «C’est assez lourd », admet-elle.

Le rugby est une passion qu’elle pratique depuis six ans. « J’avais fait du judo pendant près de dix ans et j’en ai eu marre. Un jour j’ai découvert des joueuses qui s’entraînaient dans un parc. Le rugby permet la liberté dans le combat. C’est aussi un sport collectif et une grande famille. »Une grande famille dont les mentalités bougent doucement. La saillie de Pierre Camou, président de la Fédération française (FFR) en est le meilleur exemple. « Le rugby féminin, ce n’est ni du rugby ni féminin », a-t-il estimé. « Il ne faut pas s’arrêter à ces propos », répond Joanna, satisfaite du début de reconnaissance qu’a offert la retransmission télé le 23 février, du match du tournoi des six nations, où les Françaises... ont gagné contre l’Angleterre.

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Fêtes et Cérémonies

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article