Journée de la femme en Seine-Saint-Denis : Ismini, la prof optimiste

Publié le 8 Mars 2013

ismini.jpgSon prénom est inspiré de l’une des plus grandes tragédies grecques. Dans la pièce de Sophocle, Ismène est la sœur d’Antigone. Pied de nez du destin ? C’est le théâtre qui a donné un sens à la vie d’Ismini Vlavianou, qui enseigne depuis vingt-trois ans les lettres modernes et le théâtre aux lycées Louise-Michel de Bobigny et Jean-Jaurès de Montreuil. « Le théâtre a été une renaissance pour moi qui suis arrivée très jeune à Paris, un peu à la bohème pour y finir mes études», explique-t-elle. C’était en 1984. Ismini est née il y a une cinquantaine d’années au Pirée, le célèbre port d’Athènes. « Tous les matins, je regardais la mer et j’avais envie de partir. »

Un destin logique pour cette prof qui veut aujourd’hui aider ses élèves, presque tous issus de l’immigration, à se construire et se reconstruire. Sur scène et dans la vie. « Ils sont un peu déracinés, ils ne savent pas où ils sont, qui ils sont. J’avais la même fragilité d’identité qu’eux », confie-t-elle. Pour rien au monde elle ne quitterait la Seine-Saint-Denis et se plaindrait de ses élèves. « Je les respecte trop. »

Pourtant, Ismini mène ses troupes à la baguette. Etonnant spectacle que de la voir les houspiller, les bousculer, les recadrer lors des ateliers théâtre qu’elle organise avec eux, notamment à la MC93 de Bobigny à quelques pas du lycée Louise-Michel où elle monte cette année « le Malade imaginaire » de Molière. « Il ne faut pas avoir peur du corps à corps, du contact », lance-t-elle.

 « Le théâtre, le langage permettent à ces jeunes de construire un autre rapport aux profs, aux copains et à leur corps. » A rebours des discours déprimants sur l’Education nationale, Ismini croit en « la perfectibilité de l’Homme ». « On peut tout faire par l’éducation », lance, sur un ton revigorant, cette prof qui ne baisse jamais les bras. Des problèmes de violences ? Des difficultés à se faire respecter ? « Jamais ! » assure ce petit gabarit — 1,60 m — à la tignasse de lionne et à l’énergie débordante. Sur scène même les « petits caïds » se transforment, confie-t-elle. « Je leur dis :“ arrête de parler comme ça ! ” et ils arrêtent... avant de recommencer dès qu’ils en sont sortis », sourit-elle.

Source : Le Parisien

 

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Fêtes et Cérémonies

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