Hygiène et propreté dans les piscines publiques : les français se lavent-ils avant de plonger ?!

Publié le 6 Août 2013

piscinehygiene.jpgL’eau des piscines est un bouillon de culture. La faute aux baigneurs, qui ne se lavent pas avant de plonger…

A Paris, comme en province, en ce bel été, on fait la queue pour obtenir son ticket d’entrée à la piscine. A l’année, les 16000 piscines françaises enregistrent 60 millions d’entrées. C’est sûr, les Français aiment nager… mais pas se laver, et c’est la qualité des eaux chlorées qui trinque. « Les baigneurs constituent la source principale de contamination », note une étude de l’Agence nationale chargée de la sécurité sanitaire (Anses) réalisée en 2010. Face au phénomène, une réflexion s’est engagée pour inciter les baigneurs à avoir une meilleure hygiène. Mais ce n’est pas si facile. « C’est ancré dans les représentations sociales. Les Français vont à la piscine pour se laver et c’est une catastrophe! » regrette Bernard Boullé-Giammatteï, responsable du réseau piscines de la mairie de Paris.

Qu’on soit débutant ou professionnel, cette très mauvaise habitude se retrouve à tous les niveaux. Les meilleurs nageurs français, les Lacourt et Muffat qui viennent de briller aux pondiaux de 
natation ne se décrassent pas avant de crawler. Or, les déchets organiques des baigneurs forment un vrai bouillon de culture, avec son lot de désagréments : otites, rhinites, conjonctivites, gastro-entérite… Crème, maquillage, sueurs et cheveux, entrent aussi en réaction chimique avec le chlore et forment des molécules polluantes de chloramines, un gaz irritant pour les yeux et les voies respiratoires.

« Pour changer les usages, nous allons lancer une vaste campagne de sensibilisation, mais pas de répression! précise Eddie Schwatchgten, le chef adjoint du réseau piscines de Paris. Il faut d’abord éduquer les scolaires, puis les clubs. La grosse difficulté sera de sensibiliser le public. Nous réfléchissons notamment à des équipes spécialisées qui distribueraient des flyers éducatifs près des caisses. » Ce sera une révolution des mœurs.

Rares sont les établissements, comme la piscine du Chesnay (Yvelines), qui imposent réellement une douche savonnée avant d’avoir accès aux bassins. Mêmes les plus récentes. A Montauban (Tarn-et-Garonne) par exemple, le complexe Ingréo de huit bassins, qui a ouvert ses portes le 8 juillet, n’a affecté personne à la surveillance des douches.

« Il faudrait aussi généraliser les distributeurs de savon à proximité des douches et installer des crochets pour poser ses affaires », remarquent judicieusement les blogueurs de Nageurs.com. Un moyen pratique d’encourager l’hygiène des baigneurs, qui fait défaut dans la plupart des piscines. Mais la situation aura sans doute du mal à s’améliorer, au regard des équipements collectifs. La tendance est à systématiser les douches mixtes, réduire leurs nombres et éliminer les cabines individuelles, au nom de la sécurité. On compte par exemple 16 douches au complexe nautique Pailleron, à Paris… pour 1500 baigneurs par jour lors des pics de fréquentation, comme en ce moment.

Privés d’intimité avec des douches collectives, les nageurs sont ainsi peu encouragés à se livrer à l’exercice du savon préventif. Et ils ne sont pas sanctionnés. Une procédure qui ne choquerait pourtant personne à l’étranger.

En Islande, paradis des bains municipaux, « tout le monde trouve normal de se laver avant d’aller se baigner. Cette habitude s’apprend dès le plus jeune âge et des employés vérifient que la clientèle se plie à l’exercice », explique Iris Magnusdottir, une employée de l’ambassade. Un idéal à mille lieux des piscines hexagonales.

 

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #C'est dans le Journal

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