En route vers 2012 (12) : Les partis politiques à moitié financés par l'Etat

Publié le 6 Janvier 2012

500euros.jpgEn 2010, leur budget s'est élevé à 187,5 millions d'euros. Le financement public direct représente environ 42 % de leurs ressources. Mais l'origine des recettes varie beaucoup d'une formation à l'autre.

En 2012, les partis politiques auront beaucoup de dépenses. En attendant, leurs revenus ont été examinés à la loupe par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Sur 296 formations recensées en 2010, 230 ont déposé des comptes certifiés exploitables. Une condition indispensable pour bénéficier d'une aide publique. Son montant est essentiellement fonction des résultats obtenus aux dernières élections législatives.

Au total, cette manne s'est élevée à 74,9 millions d'euros. Elle assure, en moyenne, 42 % des ressources des partis. L'Etat finance aussi indirectement la vie politique en accordant aux donateurs et aux cotisants un avantage fiscal, plafonné, de 66 %.

Une stratégie différente

Pour boucler leur budget, les partis doivent trouver d'autres rentrées : dons, cotisations, contributions des élus, ventes de gadgets. Sans compter les micro-partis, constitués autour d'une personnalité, qui permettent de multiplier les sources de financement. La part de ces recettes varie beaucoup selon les formations (voir l'infographie ci-dessous). Culturellement, la gauche et la droite n'ont pas la même stratégie en matière de collecte des fonds. La première reçoit beaucoup de ses élus. La seconde s'y entend davantage pour solliciter les particuliers.

budgetpartispolitiques.jpg

C'est le PS qui dispose du premier budget avec 55 millions de recettes, suivi de l'UMP, 49,9 millions, et du PCF, 32 millions. Tous les autres partis ont des recettes inférieures à 10 millions d'euros : Europe Ecologie Les Verts (EELV) dispose ainsi de 8,8 millions, le MoDem de 5 millions, le Front national de 4,5 millions, Lutte ouvrière de 3,1 millions, le Nouveau Parti Anti-Capitaliste (NPA) de 2,2 millions, le Nouveau Centre de 2,14 millions, et enfin le Parti Radical de Gauche (PRG) de 2,07 millions. Dans leur ensemble, les 230 formations analysées par la Commission auront dépensé 187,5 millions d'euros en 2010.   

Source : Ouest-France du jeudi 29 décembre 2011

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #En route vers 2012 !

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JEAN LOUIS KARKIDES 06/01/2012 15:48

Le scrutin majoritaire par lesquels sont élus les députés écrasent les petits partis et obligent à des alliances.
Est-il bon pour notre démocratie que EELV avale les couleuvres du PS,que le FN n'est pas de représentant?
Si ce système permet une certaine stabilité gouvernementale,elle ne permet pas une véritable représentation démocratique.
Il serait temps de mettre de la proportionnalité dans les élections législatives.
Ce qui permettrait ainsi de financer plus correctement les candidats à l'élection présidentielle.

Stéphane Fleury 06/01/2012 14:34

Et oui Romuald c'est exactement la manière dont il faut interpréter cet article. Les caisses de l'Etat financent de manière flagrante les partis qui ont le pouvoir ne laissant finalement que des
miettes aux autres, ce qui réduit considérablement les possibilités d'alternance, à part bien entendu celles du bipartisme dans lequel nous sommes corsetés comme tu l'as commenté à juste titre. On
pourra objecter que les finances ne sont pas tout mais il parait évident, sauf à être naïf, que plus vous avez de moyens plus vous pouvez communiquer, vous exposer et plus vous pouvez attirer
l'attention et par ricochet des voix.

Autre point qui a attiré mon attention. En voyant que le Parti Radical Valoisien de Jean-Louis Borloo ne figurait pas dans la liste j'imagine que le manque de finance a dû largement peser dans la
balance quand il a préféré renoncer...

Romuald Weymann 06/01/2012 13:02

Ah ok, merci de tes précisions Stéphane !!

Mais ce système ne renforce pas la démocratie, puisque le parti sortant majoritaire des Législatives se voit systématiquement doter d'une plus grosse enveloppe que les autres partis.
Nous sommes donc hélas assurés de ne voir qu'une alternance entre PS et UMP ex-RPR...

Stéphane Fleury 06/01/2012 11:48

@ Romuald. En fait la réponse semble écrite dans l'article. Le montant de l'aide publique est essentiellement fonction des résultats obtenus aux dernières élections législatives. Du reste, quand tu
regardes le camembert général (voir lien plus bas) qui représente la répartition des sièges à l'Assemblée Nationale en 2007 il semble être en ligne en proportion avec ceux fournis par le quotidien
Ouest-France.

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_l%C3%A9gislatives_fran%C3%A7aises_de_2007

Romuald Weymann 06/01/2012 11:25

On peut se montrer critique du système électoral américain, qui donne la part belle au « fund-raising » (levée de fonds) et qui a par exemple permis à Obama d'amasser un véritabme trésor de
campagne en recevant d'importants subsides de la part de grands groupes financiers (dont Goldman Sachs !!), médiatiques/cinématographiques/informatiques.

Mais, toute proportion gardée, c'est similaire à ce qu'il se passe chez nous...
Sans oublier les associations de type loi 1901, qui soutient tel ou tel parti, et qui participent en fait au financement de ces partis.


Ce que j'ai du mal en revanche à saisir, c'est l'importante disparité des subventions publiques; l'UMP est subventionnée par l'argent public à hauteur de 67%, là où pour le PCF, la part de l'Etat
ne s'élève qu'à 12% ?
Par ailleurs, les élus UMP semblent bien plus radins que leurs homologues... :D