Aulnay-sous-Bois : l’Etat hausse le ton contre PSA

Publié le 1 Juillet 2012

Le gouvernement a haussé le ton contre le constructeur automobile PSA Peugeot-Citroën pour qu’il précise le sort réservé à plusieurs de ses usines en France, dont celle d’Aulnay-sous-Bois, ce qui devrait être fait lors de deux comités d’entreprise extraordinaire prévus en juillet.

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Dans une lettre adressée vendredi au président du directoire de PSA, Philippe Varin, et transmise samedi à l'AFP, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, demande que « la direction fasse connaître ses intentions au plus vite et de façon précise ». Il demande également d'« engager sans délai le dialogue social, et d'en faire une arme collective pour affronter vos éventuelles difficultés dans le respect de vos salariés ».


Le ministre a nommé Emmanuel Sartorius comme expert gouvernemental pour mieux comprendre la situation réelle de l'entreprise. Il « doit permettre au
gouvernement, au groupe PSA et aux salariés d'avoir une vision précise de la situation du groupe et des solutions que nous pourrions envisager en fonction de l'état réel de l'entreprise », selon le ministère, car « pour le moment, PSA ne nous a pas fourni les éléments nécessaires permettant de juger de la santé du groupe », ajoute-t-on.

Des mesures d'économie en série depuis 2009


Le ministre a aussi promis de présenter « prochainement (...) un plan d'actions pour l'avenir de la filière automobile française », une initiative saluée par le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, également président du conseil général de Seine-Saint-Denis.

La situation du premier constructeur automobile français est mauvaise. Malgré plusieurs mesures d'économies prises depuis 2009, le départ de salariés, le gel de projets et la vente d'actifs, il n'arrive pas à redresser la barre. Il souffre de la chute des ventes en Europe, son principal marché, et PSA devrait aller encore plus loin puisque. Philippe Varin a annoncé jeudi lors d'un comité de groupe que « des mesures complémentaires seront nécessaires », selon un syndicaliste. Elles toucheront ses sites de production, mais aussi la recherche de développement.

PSA a aussi annoncé jeudi la tenue d'un CCE extraordinaire bien avant fin juillet, l'occasion d'évoquer « l'avenir de l'ensemble de nos sites industriels », a expliqué le directeur industriel Denis Martin, sans exclure l'hypothèse d'une fermeture du site d'Aulnay-sous-Bois. Avec 3 300 salariés qui fabriquent la Citroën C3, PSA est l'un des plus gros employeur de Seine-Saint-Denis. La petite citadine est aussi assemblée dans une autre usine en région parisienne, celle de Poissy (Yvelines).

« La direction nous incite à aller voir ailleurs »

Le groupe devrait préciser ses intentions lors de deux CCE extraordinaires, les 12 et 25 juillet, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. C'est aussi le 25 juillet qu'il présentera ses résultats semestriels, qui devraient être mauvais. PSA, contacté par l'AFP, n'a fait aucun commentaire.

Les salariés d'Aulnay attendent d'être fixés sur leur sort depuis plus d'un an, après la révélation par la CGT d'un document de travail interne évoquant une fermeture d'Aulnay en 2014. L'inquiétude a encore grandi avec l'annonce fin février du rapprochement avec le géant américain General Motors, qui a pris 7% du capital de PSA et avec qui ce dernier va développer des voitures à partir de 2016. GM perd de l'argent en Europe via sa filiale Opel qui a présenté jeudi un plan de redressement.  L'ambiance en interne est morose. « La direction nous incite déjà depuis plusieurs mois à aller voir ailleurs », raconte un cadre.
« C'est choquant et démotivant. »

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Emploi

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Lisa 01/07/2012 15:49

Hausser le ton alors que la fermeture est déjà décidée. Franchement , à quoi bon ? Il aurait été plus judicieux de gérer ce dossier comme une priorité absolue du ministère du redressement productif
pour éviter l’inévitable et l’inacceptable. Faire de la politique ce n’est pas communiquer c’est taper du poing sur la table pour changer les choses. PSA Aulnay, premier gros flop d’Arnaud
Montebourg ? A suivre.