Aulnay-sous-Bois café citoyen autour de la guerre d’Algérie et ses suites : intervention du député Daniel Goldberg à propos du 17 octobre 1961

Publié le 7 Février 2013

DANIELGOLDBERGDaniel Goldberg (photo ci-contre) est connu pour avoir saisi le précédent président de la République Nicolas Sarkozy afin d’aboutir à la reconnaissance du 17 octobre 1961. Du reste, cette même demande a été faîte auprès du président actuel François Hollande. Le député de la 10e circonscription de Seine-Saint-Denis s’est intéressé à cette période de l’histoire en lisant le roman de Didier Daeninckx  Meurtres pour mémoire paru en 1984. Après quelques recherches il s’est rendu compte que le contenu du livre était vrai et que cet événement était passé sous silence. Il s’est alors penché sur les mécanismes qui ont conduit à la répression et ses conséquences : de la manifestation pacifique des Algériens contre le couvre-feu jusqu’au noms de victimes en passant par la chaîne des décisionnaires et responsables de l’époque comme Maurice Papon, préfet de police à ce moment-là. Il s’est ému qu’aucune formation politique, y compris de gauche, n’ait porté cette mémoire pendant une trentaine d’années.

Dans les faits, il aura fallu attendre 50 ans pour que la République Française reconnaisse par la voix du chef de l’Etat ce qui s’était réellement passé. Cette difficulté à inscrire dans le marbre des épisodes douloureux de notre histoire a généré chez monsieur Goldberg des interrogations quant à son engagement politique et sur comment son propre pays avait pu mettre un buvard sur le 17 octobre 1961 et les vies qui se sont arrêtées brutalement ce jour-là. Ce type d’événements questionne la France sur le concept de nation, la mémoire, l’Etat de droit, ce qui fait un pays dans ses différences et ses ressemblances. L’Algérie devrait d’ailleurs s’interroger pour les mêmes raisons. Se montrant volontiers optimiste quant à l’évolution des relations Franco-Algérienne et expliquant que deux pays qui partageaient la même mer étaient forcément frères,  Daniel Goldberg a conclu qu’il fallait apprendre du passé pour le dépasser et regarder devant. Cette attitude permettrait peut-être de régler un certain nombre de questions qui ont trait plus spécifiquement aux banlieues et pourquoi pas d’éviter d’autres émeutes de celles de l’automne 2005


Rédigé par Stéphane Fleury

Publié dans #Démocratie de proximité

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bessaguet 07/02/2013 13:35

Descendant de grand-parents protestants, pourquoi l'Etat ne "reconnaît" pas sa part de responsabilité dans la journée du 24 août (1572 - massacres de la Saint Barthélémy) pendant lesquelles de
nombreux protestants ont été exterminés. Qui sait, parmi les acteurs des émeutes de 2005, quelques protestants ont ainsi extériorisé leur plaie jamais cicatrisée.
Ceci est bien sûr une boutade mais nous ne sommes pas dupes sur le fait que le chois du sujet traité entre dans une logique de rapprochement politique et commerciale entre les deux pays
protagonistes. Il aurait pu être également évoqué le comportement de l'armée française en Indochine ou autre régions.