Alors que la grève à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois se poursuit, le licenciement d’un délégué est refusé par l’inspection du travail

Publié le 5 Mars 2013

PSARECUPSatisfaction appuyée du côté de la CGT, réserve prudente chez PSA. La direction de l’usine d’Aulnay-sous-Bois s’est vue refuser l’autorisation de licencier un délégué syndical accusé d’avoir frappé un huissier de justice aux premiers jours de la grève qui paralyse le site depuis un mois et demi.

Le mouvement a démarré le 16 janvier. Trois jours plus tard, un huissier de justice a déposé plainte, indiquant avoir été frappé « à coups de pied, genou et poing » par quatre grévistes dans l’enceinte même du site industriel. L’officier ministériel, qui travaille depuis des années avec la direction de l’usine, avait alors indiqué avoir reconnu trois de ses agresseurs, dont il avait livré les noms. Parmi eux, Salah Keltoumi, délégué CGT. Or l’inspection du travail — appelée à se prononcer sur les licenciements visant des délégués syndicaux — n’a visiblement pas été convaincue et émet même l’hypothèse que « la gravité des faits a été exagérée a posteriori ».

Plusieurs points jugés troublants

« Les contradictions tant dans les constats que dans les déclarations des témoins sur le lieu précis et le déroulement des faits font naître un doute sur la matérialité des faits », indique une décision rendue le 26 février. Plusieurs points sont jugés troublants : Salah Keltoumi n’a été mis à pied que le 28 janvier, soit dix jours après l’incident ; les témoignages divergent sur le lieu exact de l’agression, et « personne n’atteste avoir vu M. Keltoumi porter des coups de pied et genou » (un témoin parle d’un coup de poing).

PSA a désormais deux mois pour former un recours auprès du ministère du Travail ou du tribunal administratif. « La décision n’a pas encore été prise sur les suites à donner », indique un porte-parole. L’inspection du travail doit de son côté encore se prononcer sur les mesures disciplinaires visant d’autres syndicalistes du site d’Aulnay. Pour Jean-Pierre Mercier, délégué central CGT, cette première décision est un « désaveu cinglant pour la direction de PSA et la preuve que le dossier d’accusation était complètement vide ». Il y a deux semaines, deux autres grévistes, qui n’étaient pas protégés par un mandat syndical, ont été licenciés pour faute lourde. La CGT annonçait hier qu’ils contesteraient tous deux leurs dossiers devant le tribunal de prud’hommes de Versailles (Yvelines) le 8 mars.

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Emploi

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