Seine-Saint-Denis : la préfecture demande aux habitants d'économiser l'eau

Publié le 8 Juin 2011

a diapo secheresse1Je suis tombé sur cette coupure de presse hier (voir en fin d'article). La préfecture demande aux habitants de Seine-Saint-Denis d'économiser l'eau. A cause de la sécheresse. C'est du bons sens non ? Ceci dit, j'ai trouvé presque paradoxal ou/et amusant  que cette annonce sorte justement au moment où la pluie recommence à tomber ! N'y aurait-il pas un problème de timing ou d'anticipation ? Ainsi, ne serait-il pas plus efficace de rappeler à la population à échéance régulière les fondamentaux de bonne pratique histoire de la sensibiliser à un certain nombre de problématiques avant que les catastrophes arrivent ?

 En parlant de catastrophe et d'anticipation justement, prenons l'exemple du nucléaire. L'accident de Tchernobyl intervient en 1986 mais il faut attendre 2011 et Fukushima pour envisager sérieusement une éventuelle sortie au mode énergétique qui actuellement fournit environ 80 % de notre électricité. Même Yves Cochet, député écologiste de Paris et accessoirement ministre de l'environnement sous le gouvernement Jospin en 2001, se réveille subitement dans le Charlie Hebdo n°979 du 23 mars 2011 en déclarant "oui, on peut sortir du nucléaire en 25 ans !" Et combien de temps s'est-il écoulé entre Tchernobyl et Fukushima ? 25 ans justement !  25 longues années pour y penser ? S'il faut 25 ans à certains politiques pour mûrir leurs solutions et 25 ans pour les appliquer on est pas sorti du nucléaire !

sablesbitumineuxavantapres.jpgBon je sais c'est un peu facile mais j'ai comme l'impression que je pourrais décliner cet exemple à l'infini. A une échelle de temps et de lieu différentes. Prenez la fameuse société de l'après-voiture. Cela fait des années qu'on nous bassine que les énergies fossiles se raréfient et qu'il faut songer à une alternative ne serait-ce que pour soulager la facture des ménages. Or on ne voit rien venir. Au contraire on continue d'exploiter la moindre goutte de pétrole jusque dans les sables bitumineux avec des conséquences dramatiques sur l'environnement comme dans l'état de l'Alberta au Canada. Avec un cynisme consternant : il faut consommer un baril de pétrole pour en produire deux ! Mais bien sûr au prix du marché c'est encore rentable ! Et ne parlons pas du gaz de schiste... Allez, n'y pensons pas trop. Roulons et chauffons-nous comme si de rien n'était. On verra bien quand l'urgence sera véritablement urgente !   

L'urgence précisément n'est pas toujours bonne conseillère pourtant. Localement notamment. Regardez le PRU (Plan de rénovation urbaine) d'Aulnay-sous-Bois par exemple. On détruit 821 logements et seulement après on se pose la question de savoir où on va bien pouvoir les reconstruire ?! Du coup on cherche, dans l'urgence, des endroits pour construire tout et n'importe quoi en évoquant les contraintes financières de l'ANRU (l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine) qui peuvent faire perdre des millions d'euros à la municipalité. Alors l'urgence excuse tout. L'accélération du processus décisionnel, le manque de concertation des habitants et des quartiers et finalement l'arbitraire ! D'où les vives tensions que notre ville connait actuellement sur les questions d'urbanisme, thème qui divise la population au lieu de la rassembler autour d'un projet commun. On est loin des brochures municipales couleurs tirées à 40 000 exemplaires qui prétendent pourtant le contraire !

Mon camarade blogueur David, dans un commentaire sur le blog de Petit Louis écrivait que pour continuer les combats il suffisait de déplacer le poteau indéfiniment. Cela permettait de se donner le temps d'avancer. Dans les cas cités précédemment j'ai parfois l'impression qu'on décale simplement la solution aux vrais problèmes. Celles et ceux qui nous gouvernent ne devraient peut-être pas pousser le poteau ou le bouchon trop loin. La population pourrait finir par s'en rendre compte et s'énerver...     

Ah oui au fait en parlant de bouchon, c'était le sujet de la note. Economisons l'eau. On ne sait jamais, de là à ce qu'un jour elle vienne à manquer...

Stéphane Fleury 

 

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Source : Le Parisien du mardi 7 juin 2011

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Environnement

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David Burlot 08/06/2011 18:06


Cher Stéphane,
Tu as posé ton poteau en 2014 (j'imagine en pensant à la date de l'élection municipale).
Ce que je voulais te faire comprendre c'est que l'on a tous des objectifs. A toi 2014, moi ce sera 2012 pour commencer. Et après on verra justement quelles sont les nouvelles étapes.
Avec des politiques amenés à réfléchir et à décider sur du court, du moyen et du long terme, il faut avoir dans l'urgence, appliquer son programme et penser à sa réélection.
Tu identifies en quelque sorte la fin d'un cycle par un poteau en 2014, symbole de l'arrivée. Sauf que la vie va continuer, une nouvelle équipe aussi avec des choix, des valeurs et des objectifs
qui seront forcément différents (même si Gérard Ségura était réélu). A mon avis, si tu n'étais dans cet équipage, prépare dorénavant une nouvelle étape pour 2020.