2011 : Aulnay-sous-Bois : L’Odyssée des Cantonales (23) : Retraite à 60 ans et cumul des mandats ?
Publié le 16 Mars 2011
La vie est amusante. Ce sont toujours ceux qui prônent la retraite à 60 ans pour les autres qui s’accrochent le plus à leur fauteuil. Ce sont aussi ceux qui sont les plus prompts en théorie à pourfendre le cumul des mandats qui en exercent au moins deux, voire plus.
Ainsi, un maire sera assez facilement député, alors que chacun de ces mandats occupe déjà, bien souvent, un seul homme à plein temps. De plus les qualités que l’on peut demander à un député ne sont pas forcément les mêmes que celles que l’on est en droit d’exiger d’un maire. Un tel raisonnement pourrait s’appliquer tout aussi bien pour les sénateurs.
Concernant les conseillers régionaux ou généraux, le raisonnement peut être différent dans la mesure où il doit y avoir des liens assez étroits entre les différentes instances du mille-feuilles territorial. Cela étant, une seule et même personne peut-elle satisfaire sérieusement aux exigences de l’ensemble de ses mandats? C’est à vérifier.
Le cumul des mandats, même s’il peut comporter quelques avantages, présente donc de multiples inconvénients.
D’autant que celui qui est maire peut aussi être président d’une communauté de communes ou d’une communauté d’agglomération ou d’un syndicat mixte ou encore d’une association ou d’une société d’économie mixte, etc, et que tout cela cumulé peut finir par peser assez lourd financièrement.
De plus, il faut veiller, autant que faire se peut, à ce qu’une sorte de professionnalisation de la politique, induisant des avantages acquis et des habitudes plus ou moins satisfaisantes, ne s’instaure au profit d’une caste politico-administrative.
D’où l’intérêt de favoriser une certaine rotation des responsables et de limiter le cumul des mandats, tout en permettant l’éclosion de nouveaux talents.
Car, s’il y a cumul dans l’espace, il y a aussi, assez souvent, cumul dans le temps. Et dans ce cas, lorsqu’on a déjà été titulaire de plusieurs mandats, on peut s’interroger sur la pertinence d’en solliciter un nouveau.
Il est sûr que cela peut avoir un avantage : on est censé bien connaître les dossiers et les arcanes de l’administration. Mais on est en droit de s’interroger sur les effets éventuellement délétères d’une telle longévité, même si on peut rétorquer que le développement de projets peut nécessiter un temps long et une certaine continuité.
Dans ce cas, tout dépend alors de la qualité et de la pertinence de ces projets.
Reste donc la question de l’âge.
Il ne s’agit pas ici de faire le procès d’un certain « vieillisme » ou de favoriser un « jeunisme » imbécile. Il reste à apprécier l’influence de la pyramide des âges des élus sur la façon de concevoir la politique. Car de génération en génération, les choses évoluent et on est en droit d’espérer que les nouvelles générations introduisent en politique des comportements nouveaux.
Or, curieusement, pour les prochaines cantonales, le seul candidat ayant dépassé la soixantaine est le candidat sortant, ses principaux challengers se situant plutôt autour de la quarantaine. Le Parti socialiste qui se considère comme le parti de l’avenir et prône la retraite à 60 ans, serait-il en panne de nouveaux talents ?
Tout bouge aujourd’hui. Les idées et les techniques, notamment. Alors pourquoi pas les hommes ?