Exposition de Noli me tangere de Lambert Sustris à Aulnay-sous-Bois : le mystère du tableau retrouvé dans l’église St-Sulpice

Publié le 23 Septembre 2026

Dans le cadre de l’exposition Révélation à l’Hôtel de Ville d’Aulnay-sous-Bois jusqu’au 17 octobre 2026, il est possible de découvrir le tableau de Lambert Sustris intitulé « Noli me tangere » que l’on pourrait traduire par « Ne me touche pas » ou bien « Ne me retiens pas ». On retrouve cette phrase dans l’évangile selon Saint-Jean (chapitre 20, verset 17) lorsque le Christ ressuscité apparait à Marie-Madeleine.

Si, bien entendu, chacun est libre d’interpréter à sa guise la symbolique de cette toile, il est possible d’y voir la dualité des mondes matériel et spirituel. D’un côté Marie-Madeleine, accroupie au sol, dans son humanité visible, et de l’autre, le Christ, déjà mort et en route vers son créateur, Dieu le Père, en direction d’un univers désormais invisible. Jésus n’est plus fait de chair et de sang, mais son esprit demeure. Dès lors, la foi de Marie-Madeleine n’aura plus besoin d’un être physiquement incarné pour exister. La croyance devient spirituelle. La mission de cette femme sera d’en témoigner en annonçant la nouvelle afin qu’elle soit transmise et puisse circuler parmi les disciples.       

Exposition de Noli me tangere de Lambert Sustris à Aulnay-sous-Bois : le mystère du tableau retrouvé dans l’église St-Sulpice

Une rencontre symbolique

Dans ce tableau de Lambert Sustris, deux personnages se font face sur un « parterre mille-fleurs ». A gauche, une femme agenouillée, regarde un homme débout, armé d’une pelle bêche. Dans un jardin à la française aux allées symétriques, Marie-Madeleine rencontre le Christ après sa Résurrection. Elle est reconnaissable au vase d’onguents et à l’anneau porté à sa main droite : elle était courtisane, a lavé les pieds du Christ avec ses cheveux, s’est convertie et est devenue métaphoriquement son épouse. Face à elle, il fait un geste de bénédiction, qui, dans d’autres œuvres s’apparente davantage à un geste de recul et de mise à distance : Noli me tangere, « Ne me touche pas » lui déclare-t-il ainsi.

Cette rencontre spirituelle et symbolique a été racontée par de nombreux artistes car elle met en scène un épisode essentiel de l’histoire christique : la Résurrection d’entre les morts. Alors qu’elle est venue se recueillir sur la tombe de ce dernier, comme les trois jours précédents, Marie-Madeleine arrive devant un tombeau vide. Surprise et terrifiée, elle commence à pleurer jusqu’à ce que celui qu’elle pense être le jardinier lui affirme être le Christ ressuscité. Elle tente alors de l’enlacer, comme le ferait chacun de nous découvrant qu’un ami cher n’est pas mort, lorsqu’il la repousse en disant ces mots : Noli me tangere, « Ne me touche pas ». Il ne fait plus tout à fait partie du monde des vivants et s’apprête à monter vers le Père. Contrairement à Marie Madeleine, ancrée dans le sol, il commence déjà à s’élever pour symboliser cette transition entre les deux mondes.

Exposition de Noli me tangere de Lambert Sustris à Aulnay-sous-Bois : le mystère du tableau retrouvé dans l’église St-Sulpice

Maitre du maniérisme

Lambert Sustris est un peintre hollandais, actif à Venise au XVIème siècle. Il appartient au Maniérisme, défini par Vasari comme « la bella maniera » : les corps sont serpentins, les décors sont théâtralisés et les couleurs sont acidulées. Héritier de la Renaissance italienne, il reprend les techniques de Léonard de Vinci, pour créer la perspective atmosphérique à l’arrière-plan, laissant les montagnes se décomposer dans le paysage. Cette œuvre, conservée aujourd’hui au Palais des Beaux-Arts de Lille, fut copiée au XVIIème siècle par un artiste anonyme qui recadra la composition dans un format différent.

Exposition de Noli me tangere de Lambert Sustris à Aulnay-sous-Bois : le mystère du tableau retrouvé dans l’église St-Sulpice

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean ( Chapitre 20)

01 Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.

02 Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »

03 Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau.

04 Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.

05 En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas.

06 Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat,

07 ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.

08 C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

09 Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

10 Ensuite, les disciples retournèrent chez eux.

11 Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau.

12 Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.

13 Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »

14 Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus.

15 Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. »

16 Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître.

17 Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

18 Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

Source photos : Aulnaylibre.com

Rédigé par Aulnaylibre !

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