Ile de France : Aéroville ou la fièvre des centres commerciaux gigantesques

Publié le 9 Mai 2011

Ce n'est un secret pour personne, en ce moment les commerces de proximité ont la vie dure. Il suffit pour s'en rendre compte d'observer quelques rues à Aulnay-sous-Bois. Anatole France, Maximilien Robespierre : des grands axes urbanisés mais peu ou pas de boutiques. A Mitry-Ambourget, chacun garde en mémoire la fermeture d'Atac, qui a été vécue comme un véritable drame. Même l'artère de prestige du boulevard de Strasbourg fait peine à voir avec ses banques et autres sociétés de service. A l'heure où chacun s'accorde pourtant sur la nécessité du maintien de ces lieux de vie dans les quartiers afin de conserver un semblant de dynamisme, fleurissent paradoxalement dans le même temps en Ile-de-France des projets de centres commerciaux pharaoniques.

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Le dernier en date s'appelle Aéroville à proximité de l'aéroport de Roissy. 80 000 m² de surface commerciale pour un objectif de 12 à 16 millions de visites par an. Ouverture prévue fin 2013. On nous promet des emplois (2 600), des boutiques (200), mais chacun y trouvera-t-il son compte ? Le commerce de proximité survivra-t-il  à une telle offre ? On est légitiment en droit de se poser ces questions... En attendant les réponses, les projets avancent dans une sorte de fièvre incontrôlable dont on ne sait pas exactement où elle va nous mener...

Stéphane Fleury

Ci-dessous vous trouverez un condensé de l'article du Parisien paru samedi qui décrit le futur Aéroville...

aeroville180 000 m² de surface commerciale, 200 boutiques face aux pistes de l'aéroport de Roissy. Situé à cheval sur les communes de Tremblay et de Roissy-en-France (Val-d'Oise), les travaux du futur  centre commercial Aéroville devraient démarrer d'ici deux mois pour une ouverture possible à l'automne 2013. Ce complexe sera l'un des plus grands d'Ile-de-France avec un investissement de 237 M€. Le promoteur, Unibail-Rodamco, assure que le projet suscite "beaucoup d'intérêt" du côté des enseignes. Pourtant le seul nom cité pour l'instant est celui d'Auchan, qui s'installera sur un peu moins de 5 000 m². Il proposera un service drive, permettant aux clients de passer commande en ligne et de venir récupérer leurs courses en voiture.

 Le site doit attirer trois types de clientèle : les 100 000 salariés de la plateforme aéroportuaire, qui y trouveront de nombreux services (poste, banque, centre médical et peut-être une crèche) ; les voyageurs en transit qui peuplent les hôtels alentour ; et enfin les habitants du secteur. La zone de chalandise est estimée à 1,8 million de personnes "du périphérique nord à Compiègne" en suivant l'A1. "Mais il y a aussi Senlis et Chantilly. De là, le trajet n'est que de treize minutes, et on évite les bouchons en direction de Paris ! Il n'y a pas d'offre équivalente dans le Nord", assure le directeur général de la stratégie.

 Pour accueillir ces visiteurs venus par la route, deux parkings vont être aménagés : 4 000 places en sous-sol et 1 000 en surface. Mais on pourra aussi accéder au centre à pied, ou par des navettes parties des terminaux de l'aéroport, des hôtels, et même du parc des Expositions de Villepinte, les jours de salon. L'ambition affichée est d'atteindre 12 millions de visiteurs la première année, pour grimper jusqu'à 15 ou 16 millions ensuite. Lorsqu'on évoque la proximité du centre O'Parinor à Aulnay ou le projet gigantesque d'Europa City dans le triangle de Gonesse (Val-d'Oise) le président du directoire d'Unibail-Rodamco ne s'inquiète pas et déclare : "C'est bien, la concurrence, ça nous force à réinventer les choses."

Source : Gwenael Bourdon, Le Parisien du samedi 7 mai 2011

Rédigé par Stéphane Fleury

Publié dans #Commerce

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marc masnikosa 12/05/2011 00:07


Evelyne je suis tout a fait d'accord avec toi


Evelyne Blaza 09/05/2011 16:30


Tels des Ulysse attachés au mat du bateau aulnaysien luttant contre les sirènes Aéroville et Europacity, nous sommes désormais maîtres du destin de nos commerçants de proximité. Suivrons-nous
gentiment le flot des consommateurs résignés ou agirons-nous en acteurs responsables de notre consommation ? Il n'est pas besoin de milliers de m2 dans le bruit assourdissant, la lumière
éblouissante pour remplir son garde-manger, la moyenne surface du quartier, le marché du dimanche y pourvoit avec le sourire en plus !