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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 21:28
A la recherche des victimes de l’usine d’amiante d’Aulnay-sous-Bois

Le scandale va-t-il encore prendre de l’ampleur ? Une nouvelle étude vient d’être lancée pour cibler et accompagner les victimes de l’usine CMMP ( Comptoir des minéraux et des matières premières) d’Aulnay-sous-Bois. Entre 1938 et 1975, le site — surnommée «usine-poison» par les proches du dossier — a broyé de l’amiante en pleine ville.

Et depuis les années 1990, les ex-voisins déclarant des cancers ou des pathologies propres à l’amiante se comptent par dizaines.

Financée pour trois ans par la région, cette étude a plusieurs objets. «Notamment la mise en place d’une plateforme numérique facilitant les démarches des potentielles nouvelles victimes», détaille Benjamin Lysaniuk, chercheur au CNRS et co-pilote du projet. Concrètement, sur une carte qui sera disponible sur Internet, les habitants d’Aulnay pourront localiser leur domicile et savoir s’ils ont été exposés à l’amiante. Ils seront ensuite mis en contact avec le CI3A — pour Centre d’information et d’accompagnement des personnes ayant été exposées à un risque amiante à Aulnay, une permanence visant à faciliter leur indemnisation et leur suivi.

Une forme de reconnaissance

L’étude a aussi un but sociologique : «On veut savoir pourquoi il a fallu autant de temps pour lancer un recensement des victimes, de façon à réagir plus efficacement lors de prochains problèmes de santé publique». Ainsi, si l’on sait depuis 2007 qu’il existe un lien entre les cancers développés par les voisins de CMMP et l’activité de celui-ci, il a fallu attendre 2014 pour que les autorités se mettent à la recherche des victimes potentielles !

Par ailleurs, cette nouvelle étude est labellisée «PICRI»(partenariats institutions-citoyens pour la recherche et l’innovation). Pour la 1re fois, elle impliquera les associatifs, qui, les premiers, ont tiré la sonnette d’alarme. Parmi eux : Gérard Voide, du collectif des victimes du CMMP d’Aulnay, qui compte 167 membres. Nicole, sa femme, a perdu son frère d’un cancer en 1996 et a déclaré une calcification pleurale. L’homme est «soulagé» par cette nouvelle étude : «Cela montre que les choses avancent. C’est une forme de reconnaissance pour ceux qui sont touchés par ce scandale».

Source article : Le Parisien

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 21:37
Gisèle Delhaye s’est battue mais a fini par mourir du cancer de l’amiante à Aulnay-sous-Bois

« Je suis en train de mourir de l’amiante. Il faut que les gens le sachent. » C’est ainsi que Gisèle Delhaye avait débuté l’entretien avec le Parisien, un après-midi de printemps 2014 à Aulnay. Avec cette petite femme volontaire et combative, on ne tournait pas autour du pot. Elle avait peu de temps, et le savait. Gisèle Delhaye s’est éteinte le 10 novembre dernier à l’âge de 76 ans, victime d’un mésothéliome — le « cancer de l’amiante — auquel elle a tenu tête bien plus longtemps que les médecins ne l’avaient prédit. Un ultime hommage lui sera rendu ce mardi, à l’église du Raincy.

La mort de Gisèle Delhaye a soulevé l’émotion à Aulnay, bien au-delà du cercle des amis et intimes. La septuagénaire avait pris la parole, malgré la maladie, pour dénoncer ce qu’elle appelait un « scandale de santé publique ». Et exprimer son immense colère à l’égard du CMMP (Comptoir des minéraux et matières premières) qui a broyé de l’amiante de 1938 à 1975 en pleine ville. « L’exemple de Gisèle nous renforce dans notre combat », confie Gérard Voide, du Collectif des riverains et victimes du CMMP. Il faut imaginer le choc que ressentit en 2010 cette femme dynamique, découvrant qu’elle souffrait d’un cancer incurable. Elle dut tout arrêter : son métier d’orthodontiste, ses fonctions de présidente de sa fédération professionnelle, ses cours à l’université. Elle racontait : « Un pneumologue m’a demandé : vous avez été en contact avec l’amiante ? Aucun des logements où j’avais vécu n’en contenait. Et puis un jour, mon mari a réalisé : Au fait, il y avait cette usine, à Aulnay… » En 2010, l’usine du CMMP venait d’être démolie. Elle avait définitivement fermé ses portes vingt ans auparavant. Mais l’amiante est une bombe à retardement : les maladies peuvent mettre quarante ans à se déclarer.

C’est alors que Gisèle était entrée en contact avec les associations. « Elle était sidérée par ce qui lui arrivait. Son témoignage a été extrêmement important », raconte le docteur Maurice Allouch, qui tenait alors une permanence d’information au centre de santé municipal. Car son récit était une preuve de plus que les fibres toxiques avaient fait des dégâts bien au-delà des murs de l’usine. Jusque dans le quartier du Gros-Saule, où elle avait emménagé en 1967, y ouvrant avec son époux un cabinet dentaire. Une étude sanitaire, publiée en 2007, a recensé plusieurs malades dans ce secteur. Gisèle Delhaye allait aussi dans les écoles du quartier, pour examiner la dentition des élèves. Ce sont précisément ces anciens écoliers que l’Agence régionale de santé tente aujourd’hui de retrouver, pour leur conseiller de passer des examens médicaux.

En 2012, le CMMP, visé par 25 plaintes, a bénéficié d’un non-lieu. Révoltée, Gisèle s’était résolue à témoigner, malgré la maladie. « C’est une question de dignité. Il faut dire que cette usine n’était pas une usine comme les autres ! » Même malade, c’était une femme élégante, au regard perçant. Au visiteur, elle tendait une photo d’elle, une photo « d’avant » : « Voilà ce que j’étais, voilà ce que je suis à présent », disait-elle, sans pathos, désignant d’un geste sa perruque et les sillons de fatigue creusant son visage. Mais à Aulnay, on garde d’elle l’image de cette « très jolie femme, avec ses beaux cheveux bruns, très épais », « une humaniste qui s’arrangeait avec les patients lorsqu’ils ne pouvaient pas payer tout de suite », et qui emmenait les copains de ses enfants au ski. « Et jusqu’au bout, une bagarreuse », glisse son époux.

Plus de 160 victimes recensées

Le chiffre progresse inexorablement. Le collectif des riverains et victimes du CMMP recensait en 2013 quelque 120 malades de l’amiante ayant travaillé au sein du CMMP, ou habité à proximité de l’usine. Désormais il en dénombre 160, « dont 44 mésothéliomes », note Gérard Voide. La recherche des victimes a longtemps été le fait des seules associations. Depuis un an, elle a pris une autre dimension. L’Agence régionale de santé (ARS) envoie des lettres types aux anciens élèves ayant fréquenté les écoles du quartier lorsque le CMMP broyait de l’amiante, les invitant à faire des examens. Ils peuvent aussi contacter une permanence ouverte le jeudi au Centre municipal de santé, 8-10 rue de Coullemont, à Aulnay. Tél. 01.48.79.41.00.

Source : Le Parisien

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 13:45
La dépollution de l’ancienne usine d’amiante d’Aulnay-sous-Bois a coûté 17 millions d’euros aux contribuables

Vous pouvez prendre connaissance ci-dessous d’un communiqué du Collectif des riverains et victimes du CMMP.

AMIANTE : L’IMPUNITE CONTINUE POUR LE CMMP POLLUEUR A AULNAY

Jugement du Tribunal de grande instance de Paris du 22 octobre 2015

Après avoir échappé à la justice pénale, le CMMP responsable de la catastrophe sanitaire de pollution de l’air d’Aulnay-sous-Bois durant des décennies, échappe à la facture du chantier de désamiantage de son ancien site industriel.

Car, derrière les chiffres et additions, c’est bien le principe pollueur-payeur qui est bafoué. Néanmoins, le CMMP (Comptoir des Minéraux et Matières Premières) a perdu. Le tribunal l’a débouté de ses prétentions, déboutant également toutes les autres parties par rapport au financement du coût du chantier de désamiantage : la Société d’Economie Mixte DeltaVille mandatée par l’ancienne municipalité, la Municipalité d’Aulnay, les agences immobilières qui avaient racheté le site en vue d’y construire des pavillons d’habitation avec jardins sur un sol pollué.

Le tribunal précise clairement que le CMMP A COMMIS UNE FAUTE et A MANQUE A SES OBLIGATIONS DE DESAMIANTAGE DU SITE INDUSTRIEL pendant au moins 17 ans (lire l’article du Parisien : http://www.leparisien.fr/aulnay-sous-bois-93600/usine-d-amiante-a-aulnay-le-pollueur-ne-paiera-pas-davantage-01-11-2015-5237761.php)

Seules les associations qui sont en charge « de l’intérêt collectif » sont reconnues pour avoir « intérêt à agir dans le litige » et « intérêt légitime à réclamer réparation du préjudice moral » causé par ce manquement. Pour ce préjudice le tribunal accorde « un euro » de dédommagement à chaque association sur les 10 000 euros demandés. Les victimes apprécieront ! … Un euro pour indemniser 20 ans de luttes citoyennes bénévoles pour un mouvement sans lequel rien ne se serait passé à Aulnay.

Mieux, le site truffé d’amiante et de zircon (radioactif) aurait sans leur intervention été démoli à ciel ouvert ajoutant aux malades et aux morts que l’on commence seulement à découvrir, de nouveaux malades et de nouveaux morts à venir.

Ainsi, le CMMP pollueur grâce à sa stratégie machiavélique multipliant les procédures judiciaires, déboursera (il n’a toujours pas payé) en tout et pour tout : 480 000 euros sur une facture de dépollution de 17 millions d’euros. C’est donc le contribuable qui paye cette dépollution. Pour les victimes, c’est donc une double peine : après avoir subi la pollution, elles payent la dépollution. Cela n’a apparemment pas choqué les juges.

Cette brillante réussite n’aurait pas pu se faire sans le Maire de l’époque qui, au lieu de soutenir les associations dans leur combat pour contraindre le Préfet à faire saisir les sommes auprès du CMMP et l’obliger à faire les travaux (article L514-1 du code de l’environnement) a racheté le terrain et a réalisé les travaux ; sauf qu’il s’est lié les mains en signant un protocole, sous la houlette du Préfet, précisant que le pollueur payera en tout état de cause 480 000 euros. Ce protocole est une honte et les associations l’avaient dénoncé en son temps. Laisser croire à un remboursement en justice relevait de la naïveté et/ou de l’incompétence, à moins que l’opération ne relevait que d’une stratégie électorale ?

C’est ainsi que la loi est appliquée dans notre France démocratique ! Combien faudra-t-il de luttes citoyennes comme celle d’Aulnay pour que la société civile soit enfin considérée par les autorités quelles qu’elles soient comme interlocuteur valable.

En attendant, le combat continue. Les personnes exposées aux poussières d’amiante du CMMP peuvent prendre contact auprès des professionnels bénévoles du CI3A (centre d’information et d’accompagnement des personnes exposées à un risque lié à l’amiante) permanences tous les jeudis au CMES (centre municipal d’éducation pour la santé) d’Aulnay, 8-10 avenue Coullemont au 01 58 03 92 89.

Nous ne désespérons pas d’une collaboration avec l’Agence Régionale de la Santé (ARS) malgré ses réticences pour assurer un suivi des personnes exposées et faire toute la lumière sur cette catastrophe sanitaire.

Le collectif des riverains et victimes du CMMP et Ban Asbestos France

Gérard Voide : 01 48 53 31 45

Vous pouvez suivre l’information en consultant le site internet de

BAN ASBESTOS FRANCE : http://www.ban-asbestos-france.com/Aulnay.htm

Si vous voulez nous aider dans notre bataille, vous pouvez :

- adhérer à l’association ( 30 euros annuels)

- ou adresser tout don :

par chèque à l’ordre de Ban Asbestos France ou par timbres postaux

à Nicole Voide - 21 rue du Commerce – escalier 5 – 94310 Orly

merci d’avance de votre soutien

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 09:03
Aulnay-sous-Bois devra assumer seule le coût financier de la dépollution de l’ancienne usine d’amiante

C'est un épilogue financier qui laisse un goût amer aux associations des victimes de l'amiante. Le Comptoir des minéraux et matières premières (CMMP), l'industriel qui a broyé le minerai toxique de 1938 à 1975 à Aulnay-sous-Bois, en pleine ville, n'assumera pas le coût des travaux de dépollution de son ancienne usine.

Et ce, même si les broyeurs d'amiante du CMMP sont soupçonnés d'avoir rendu malades des dizaines de riverains.

Ainsi en ont décidé les juges de la deuxième chambre civile du tribunal de Paris qui viennent de rendre leur décision. En septembre dernier lors de l'audience, les magistrats se sont penchés sur la lourde facture du démantèlement de ce qu'on a appelé « l'usine-poison ».

Coût total de ce chantier, mené à partir de 2009 : plus de 9 M€. Or, le CMMP, qui avait vendu le site en 1999 à une société immobilière, n'en a pas payé un centime. Il s'était bien engagé à verser 478 400 €, dans le cadre d'un protocole d'accord signé avec la ville d'Aulnay, juste avant le début des travaux. Puis il a engagé cette procédure au civil, pour contester cette créance. Sur ce point, le tribunal lui donne tort, et lui ordonne de verser la somme promise.

Mais ce que nul ne pouvait prévoir en 2009, c'est que la facture serait aussi salée. La démolition des bâtiments a été menée sous bulle étanche, pour éviter la dispersion de fibres toxiques. Surtout, la découverte d'amiante dans les sous-sols a conduit la société d'économie mixte Deltaville, maître d'ouvrage, à excaver les terres et couler une dalle de béton sur toute la parcelle. C'est la ville d'Aulnay qui a supporté l'essentiel de ces dépenses (déboursant aussi 6 M€ pour le déménagement de l'école maternelle voisine). L'aide espérée de l'Etat n'est jamais venue. Seuls le département et la région ont versé quelques subventions.

La conclusion des magistrats peut sembler paradoxale : le CMMP a bel et bien commis une « faute », celle d'avoir laissé son usine à l'abandon au moins 17 ans (de sa fermeture en 1991 au début des travaux en 2009). Mais il n'aura pas à rembourser le coût de sa démolition.

Voilà qui soulage sa PDG Joëlle Briot, qui affirmait en septembre que son entreprise n'y survivrait pas. « On nous regarde de façon plus sévère aujourd'hui, parce qu'il y a eu un dossier pénal, estime-t-elle aujourd'hui. Mais à l'époque, nous étions de bonne foi. Au moment de la cessation d'activité, la préfecture nous avait dit : il vous reste à débarrasser des vieux transformateurs, un silo de vermiculite, une cuve de mazout. Nous avions fait des prélèvements d'amiante en surface. Nous n'avions rien trouvé. »

Le pollueur s'en tire à bon compte, affirme au contraire Me François Lafforgue, avocat des trois associations intervenant dans la procédure (Addeva, Aulnay environnement et Ban Asbestos) : « Le jugement nous est favorable en ce qu'il reconnaît les fautes du CMMP. Mais le tribunal n'en tire pas les conclusions qui s'imposent et n'envoie pas de signal fort. Les indemnités versées aux associations [NDLR : 1 € symbolique] sont très faibles alors qu'elles ont joué un rôle très important de lanceur d'alerte. »

Ces associations, qui ont recensé près de 140 victimes, malades ou défuntes, du CMMP, ont alerté durant des années sur la nocivité de cette usine, pour ses salariés et pour les habitants autour. Visé par 25 plaintes au pénal, le CMMP a finalement bénéficié d'un non-lieu en 2013. Une recherche inédite a toutefois été lancée l'an dernier par l'Agence régionale de santé (ARS) pour retrouver 13 000 anciens écoliers du quartier, susceptibles d'avoir inhalé des fibres d'amiante entre 1938 et 1975. Les parties ont deux mois pour faire appel.

Source : Le Parisien

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 09:21
Le jugement du procès du scandale de l’amiante à Aulnay-sous-Bois rendu le 22 octobre 2015

Compte-rendu de l'audience :
Le Président de la Cour note la présence d’un public dans le tribunal, ce qui semble plutôt exceptionnel. En effet, étaient présents à cette audience les responsables des associations (en intervention volontaire), des victimes du CMMP malades et des familles de victimes décédées ainsi qu’ une journaliste du Parisien. Qu’ils soient tous remerciés d’être venus.

D’emblée, le Président précise, à l’intention du public, qu’il s’agit d’une procédure écrite et qu’il n’y a donc pas lieu de tirer de jugement face aux interventions des uns et des autres et à la longueur de leurs discours …

S’en suit un long épluchage, par le Président, des conclusions et répliques des différentes parties en présence, interrogeant sur telle ou telle affirmation (pièces justificatives présentes ou absentes), etc … Les débats ont porté exclusivement sur les millions d’euros à payer par les uns et les autres sur la facture finale de 17 millions d’euros du chantier de désamiantage/démolition qui, jusqu’à présent, n’a été réglée que par les contribuables. A aucun moment les victimes de cette catastrophe sanitaire n’ont été évoquées et ont même été considérées hors sujet par le CMMP, pollueur, arguant sur le fait qu’il ne s’agit que d’un contentieux privé.

A la surprise générale, le Président clôt la séance à 17 heures considérant la plaidoirie des avocats inutile, la Cour ayant eu les éclaircissements nécessaires.

L’avocat du CMMP est resté muet comme une carpe et il a fallu toute la pugnacité de l’avocat des associations, maître François Lafforgue, pour souligner l’importance de l’action citoyenne sans laquelle ce procès n’aurait pas eu lieu :

L’alerte et l’enquête de la famille Léonard

La justification d’une dépollution dite « sous bulle », le site industriel étant truffé d’amiante et de zircon radioactif

La sous-estimation de la pollution par le pollueur CMMP qui met la poussière sous le tapis

Les morts supplémentaires qu’aurait provoqués une démolition classique à ciel ouvert

En conclusion, l’application de la loi « pollueur = payeur » s’applique au dernier exploitant (le CMMP) qui devait remettre les lieux en l’état « tel qu’aucun danger s’y manifeste »

Résultat du jugement le 22 octobre 2015.

Le Collectif des riverains et victimes du CMMP

Ban Asbestos France

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 01:44
La lourde facture de l’usine d’amiante d’Aulnay-sous-Bois au tribunal

Le petit homme au visage chiffonné a pris place dans la file d’attente qui s’étire devant le palais de justice de Paris. Gérard Kalfon a perdu sa femme il y a peu, emportée par un mésothéliome.

Le cancer de l’amiante.

S’il est là ce jeudi, c’est pour voir la PDG du Comptoir des minéraux et matières premières (CMMP) face aux juges de la deuxième chambre civile. L’usine du CMMP a broyé de l’amiante en pleine ville à Aulnay, de 1938 à 1975. L’épouse de Gérard, enfant, avait fréquenté l’école voisine, et le couple avait emménagé en 1965 « à 500 m de l’usine ».

Arlette Khalfon fait partie des quelque 140 victimes recensées par les associations. L’Agence régionale de santé (ARS), recherche depuis un an les anciens écoliers du quartier, pour qu’ils pratiquent des examens médicaux.

Pourtant, ce jeudi, l’audience ne porte pas sur les dégâts sanitaires causés par l’ancienne usine, rasée en 2009. Visé par 25 plaintes au pénal, le CMMP a bénéficié d’un non-lieu en 2013*. Il n’est question désormais que de la lourde facture de la démolition-dépollution de « l’usine-poison ». Mais derrière les chiffres et les additions, c’est bien le principe du « pollueur-payeur » qui se trouve posé.

La procédure avait été initiée en 2004 par… le CMMP lui-même. L’industriel avait attaqué la société immobilière Kappa, qui lui avait racheté le site cinq ans plus tôt, pour qu’elle paie une partie des travaux de dépollution exigés par l’Etat. Le CMMP assurait avoir « nettoyé » la place avant de partir. Des analyses révélaient quelques années plus tard la présence d’amiante sur le site et en sous-sol.

Le paradoxe, c’est qu’à ce jour, l’industriel n’a encore rien déboursé pour la démolition de son usine, entamée en 2009. Un chantier hors normes, entièrement confiné « sous bulle » pour éviter la dispersion de poussières d’amiante. Intervenants volontaires dans cette procédure, la ville d’Aulnay et la société d’économie mixte Deltaville, maître d’ouvrage de la dépollution, réclament au CMMP quelque 17 M€ (pour les travaux et le déménagement de l’école voisine du site dangereux).

Pour se défendre, le CMMP invoque toutefois un protocole d’accord, signé en 2009. L’industriel s’y engageait à débourser 400 000 € (qu’il n’a pas encore versés) pour la dépollution. En échange, la ville et Deltaville renonçaient à engager des recours ultérieurs contre l’entreprise. « Si on me réclame 17 M€, c’est simple, je mets la clé sous la porte », assure, à l’issue de l’audience la PDG du CMMP, Joëlle Briot.

De leur côté, les associations des victimes et riverains, qui sont aussi intervenantes volontaires, mettent en cause l’accord conclu en 2009, « contraire à l’ordre public » qui impose au pollueur de payer. « Oui, le CMMP avait mis l’amiante sous le tapis », accuse leur avocat, Me François Lafforgue. Décision du tribunal le 22 octobre.

Repères

1938 : ouverture de l’usine du Comptoir des minéraux et matières premières (CMMP) à Aulnay, en pleine ville.

1991 : fermeture du CMMP, qui a broyé de l’amiante jusqu’en 1975.

1997 : première plainte au pénal contre le CMMP.

1999 : le CMMP vend le site à la société immobilière Kappa.

2004 : le préfet ordonne au CMMP de dépolluer le site.

2006 : l’école du Bourg, voisine de l’usine en ruines, déménage ses classes dans des locaux provisoires. La démolition des bâtiments est interrompue par l’Inspection du travail.

2009 : la société Deltaville acquiert le site afin de le dépolluer, pour le compte de la ville d’Aulnay. Un protocole d’accord établit que le CMMP contribuera au chantier à hauteur de 400 000 €.

2010 : les ouvriers découvrent de l’amiante enfoui en sous-sol.

2013 : le CMMP, visé par 25 plaintes au pénal, bénéficie d’un non-lieu.

2014 : l’Agence régionale de santé lance une enquête inédite afin de retrouver les 13 000 anciens élèves de l’école du Bourg, entre 1968 et 1975.

*La justice a estimé que la personne morale du CMMP ne pouvait être mise en cause, les faits étant antérieurs au Code pénal de 1994. Quant aux dirigeants de la société à l’époque où celle-ci broyait de l’amiante, ils sont tous morts.

Source : Le Parisien

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 16:06
Amiante : le CMMP pollueur de la ville d’Aulnay-sous-Bois va-t-il enfin payer ?

Vous pouvez prendre connaissance ci-dessous d’un message de Nicole et Gérard VOIDE du Collectif des riverains et victimes du CMMP d'Aulnay.

Bonjour à toutes et tous,

Nous invitons les victimes et riverains de l'ancienne usine de broyage d'amiante CMMP du vieux pays d'Aulnay à venir soutenir, par leur présence s'ils le peuvent, la plaidoirie de maître François Lafforgue (avocat des associations) à

L'AUDIENCE DU JEUDI 10 SEPTEMBRE 2015 à 15 heures 30

au palais de justice de Paris, Boulevard du Palais (métro Cité) - salle d'audience de la 2ème chambre civile

Il s'agit de savoir si, oui ou non, le principe "pollueur/payeur" inscrit dans la loi sera enfin respecté.

A ce jour, l'impunité est totale :

PDG, préfets, contrôleurs de l'époque de la pollution, responsables des malades et des morts d'aujourd'hui, ne sont plus en vie pour pouvoir rendre des comptes

l'entreprise CMMP, elle-même, échappe à la justice car la loi sur les personnes morales est postérieure aux faits et ne peut s'appliquer rétroactivement

les frais de désamiantage (17 millions d'euros) incombent sans conteste de par la loi au dernier exploitant, c'est-à-dire le CMMP, entreprise florissante et non aux contribuables

le CMMP pollueur, après avoir menti effrontément, minimisé l'ampleur de la pollution du site truffé de poussières d'amiante et de zircon (radio-actif), a multiplié les procédures en justice afin de ne pas payer la facture. Considérant que la meilleure défense est l'attaque, le CMMP,sans la moindre vergogne, réclame le remboursement de frais d'études (par ailleurs dérisoires au regard des 17 millions du chantier)

Après l'impunité qui équivaut, il faut bien le dire, à un permis de tuer, ira-t-on vers la double peine pour les victimes (victimes = payeurs) ou pour un début de justice (pollueur = payeur).

Rendez-vous au Palais de Justice !

Cordialement.

Nicole et Gérard VOIDE

du Collectif des riverains et victimes du CMMP d'Aulnay

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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 10:24

Il n’éprouve aucun symptôme alarmant. « Physiquement je me sens bien », assure Alain Cendra, posant un regard serein sur le parc verdoyant en contrebas de son appartement, dans le quartier de la gare d’Aulnay. Sans la lettre de l’Agence régionale de santé (ARS) reçue fin 2014, le septuagénaire n’aurait sans doute jamais passé ce scanner.

60 ans après avoir fréquenté l’école du Bourg à Aulnay-sous-Bois Alain Cendra découvre qu’il a été contaminé par l’amiante

L’examen, pratiqué le 6 février à l’hôpital Ballanger, a révélé qu’Alain Cendra souffrait de plaques pleurales (NDLR : une pathologie liée à l’amiante). « Calcifiées, précise-t-il. A priori, elles ne sont pas dangereuses… » Alain Cendra fait partie de ces anciens écoliers d’Aulnay recherchés par l’ARS depuis fin 2014. Au total, 14 000 personnes environ ont fréquenté trois groupes scolaires proches de l’usine du Comptoir des minéraux et des matières premières (CMMP), à l’époque où celle-ci broyait de l’amiante. Elles sont donc susceptibles de développer, des décennies plus tard, des maladies liées à la fibre toxique.

Depuis cinq mois, une enquête inédite a été lancée, pour retrouver leurs adresses, leur écrire et les inviter à faire des examens. Un point d’information, tenu par les associations, accueille le public tous les jeudis à Aulnay (lire ci-dessous).Enfant, Alain a usé ses fonds de culotte sur les bancs de l’école du Bourg, de 1950 à 1954, non loin des ateliers de briques rouges aujourd’hui disparus. Par souci d’exactitude, il précise qu’il a peut-être aussi été exposé à l’amiante dans une usine du Bourget où il a travaillé quelques mois durant sa jeunesse. Le retraité a eu plus de chance que d’autres, aujourd’hui gravement malades. Ses lésions sont pour l’heure bénignes, et ne l’empêchent pas de jouer au golf, son sport favori. «Mais on m’a quand même conseillé de repasser un scanner d’ici quelques années, pour être sûr que les plaques n’évoluent pas », précise-t-il. Chose incroyable : jusqu’à l’an dernier, cet Aulnaysien de longue date n’imaginait pas qu’il avait été exposé à l’amiante étant enfant. Il a pourtant habité la commune jusqu’en 1975, et y est revenu après vingt-cinq ans passés à Drancy. Mais il n’a découvert l’existence de l’usine que sur le tard : « Enfant, je ne passais jamais dans ce quartier. Et puis, on en a peu entendu parler… jusqu’à sa démolition, vers 2009. Ce n’est que l’an dernier que ma soeur, après avoir lu un article, m’a dit : Tu es allé à l’école du Bourg, tu es concerné… Mais j’ai pris tout ça à la légère. »

Le 2 avril, il s’est rendu au centre municipal de santé pour rencontrer les bénévoles du point d’information. « Ils m’ont expliqué les démarches pour être indemnisé. Je vais le faire, il le faut. » Alain Cendra n’est pas en colère, mais surpris que l’information vienne aussi tard : « Les pouvoirs publics n’ont rien fait pendant des années. » Un souvenir le réconforte. Adolescent, il avait convaincu sa petite soeur de s’inscrire ailleurs qu’à l’école du Bourg, collée au CMMP. « Ça n’avait rien à voir avec l’amiante. Je trouvais simplement que c’était mal fréquenté ! » Sans le savoir, il a permis à la fillette d’échapper aux poussières toxiques qui s’échappaient alors de l’usine.

Source : Le Parisien

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 11:17

amiante-psa-aulnay-sous-bois.jpgIl y avait de l'amiante dans les murs de l'usine PSA à Aulnay, aujourd'hui en pleine démolition. Le constat n'a rien d'étonnant. Le site industriel a été construit au début des années 1970, à une époque où le matériau, très résistant, était encore largement utilisé dans le bâtiment (il n'a été interdit en France qu'en 1997).

Mais alors que les travaux avancent, l'inquiétude grandit parmi les quelques salariés encore présents sur le site, à commencer par les représentants syndicaux.

La semaine dernière, le sujet s'est invité lors d'un comité d'établissement. Dans une motion, les représentants du personnel évoquent « des quantités massives d'amiante et autres produits dangereux » découverts sur le site aulnaysien.

Ce qui les préoccupe, ce n'est pas tellement le chantier en lui-même -- dont PSA assure qu'il respecte les règles en vigueur, avec l'établissement d'un document technique amiante (DTA) et des visites régulières des services de l'Etat. Mais les syndicalistes s'émeuvent surtout de n'avoir « jamais eu connaissance de l'existence de ces substances au sein de l'usine ».

Mohamed Khenniche, délégué Sud, raconte ainsi être allé, avec quelques collègues, à l'atelier de peinture. Intrigués par les panneaux de chantier faisant référence à l'amiante, ils ont poussé la porte du bâtiment : « Nous sommes tombés nez à nez avec des ouvriers qui portaient des combinaisons et des masques ! De ce qu'on a pu voir, ils avaient juste démonté quelques machines, mais pas encore démoli les murs. Ils avaient l'air très surpris d'apprendre que nous avons travaillé dans ces locaux sans protection ».

Du côté de PSA, on juge ces craintes sans fondement : « Il y a effectivement de l'amiante un peu partout sur le site, mais il s'agit exclusivement d'amiante non fibreux. Il était contenu dans certains matériaux en dur, il ne risquait pas de se disperser dans l'air. Il n'y avait aucun danger lorsque l'usine était en activité. PSA s'est toujours assuré de l'état de ses installations, en instaurant des audits sur tous ses sites depuis 1993, avant même qu'une réglementation soit instaurée sur le sujet. »

Les élus au comité d'établissement envisagent toutefois de saisir la justice, « afin de faire expertiser l'établissement et, le cas échéant, engager la responsabilité de tous ceux qui auraient causé un préjudice à la santé et/ou la sécurité des travailleurs ».

« La situation est d'autant plus compliquée qu'à Aulnay, les comités d'hygiène et de sécurité, qui s'occupent en principe de ces questions, ont été dissous en juillet dernier. Les comités d'établissement et réunions de délégués du personnel doivent aussi disparaître à la fin du mois de janvier », souligne un représentant du SIA (Syndicat indépendant de l'automobile).

Source : Le Parisien

 

 

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 18:36

amiante-aulnay-france5.jpgAutrefois industriel, le département de Seine-Saint-Denis en a gardé de tristes stigmates. C'est ce que rappelle le documentaire diffusé ce soir sur France 5 : « Sols pollués : le scandale caché ». L'enquête de Sarah Oultaf s'attarde notamment dans le 93, revenant sur le scandale de l'amiante à Aulnay-sous-Bois, où les fibres toxiques ont voleté autour de l'ancienne usine d'amiante du CMMP, contaminant les terres, mais aussi les habitants du quartier. Elle s'intéresse aussi au fort de Vaujours(voir photo), qui abritait autrefois un centre de recherches du Commissariat à l'énergie atomique, sur lequel pèsent de sérieux soupçons de radioactivité. Ce soir à 20 h 35, sur France 5.

Source : Le Parisien

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 14:58

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 19:28

Aulnay Environnement                                                                  9 décembre 2014

BP 91                                                   

93622 Aulnay-sous-Bois

                                Prévention des risques dus à l’amiante

aulnay-environnement-aulnay-sous-bois.jpgSuite au courrier envoyé aux élèves retrouvés des écoles (groupe de Bourg 1  et 2 et de l’Ormeteau) par l’A.R.S. (Agence Régionale de Santé) qui a fait le tour de France et au-delà, suite également à l’article paru dans Oxygène,  le journal municipal, notre association se doit de préciser quelques points.

Le risque dû à l’activité de l’usine d’amiante (CMMP) n’a pas cessé avec l’arrêt du broyage d’amiante en 1975 (démarré en 1938): les bâtiments non-confinés ont laissé voler les fibres d’amiante jusqu’il a peu d’années.

Le risque n’a pas concerné seulement les élèves des écoles proches mais aussi toutes les personnes vivant ou travaillant à proximité et même assez loin comme indiqué dans le rapport de l’INVS (Institut de Veille Sanitaire) de décembre 2007. Ce risque pourrait dépasser les frontières de la ville bien sûr et du fait de la circulation des personnes et de celle des camions de l’usine concerner encore d’autres personnes.

En tout état de cause l’information de tous les habitants actuels d’Aulnay est fondamentale.

Or l’article d’Oxygène tend à faire croire que le risque a cessé en 1975 et que ce risque ne concerne que les écoliers proches.
Aussi nous demandons à la municipalité  soit de publier ce courrier soit de faire une information à tous les habitants dans le prochain numéro d’Oxygène après discussion avec nous le Collectif Amiante.

Les habitants doivent être informés dans les meilleurs délais afin qu’ils en parlent à leurs médecins et à leurs voisins et aux membres de leur famille pour qu’on puisse le cas échéant diagnostiquer le plus tôt possible, les maladies dues à l’amiante.

P.S. Nous joignons les courriers envoyés par l’A.R.S. et nous conseillons d’aller sur le Site de l’ARS Ile-de-France et si besoin prendre rendez-vous avec les membres bénévoles des associations aux  « Centre d’Information et de Suivi des Personnes Exposé à L’Amiante » CMES Louis Pasteur 8-10 Avenue Coullemont 93600 Aulnay Tél 01.48.79.41.00

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 10:09

Evin-Amiante.jpgDepuis  un  mois et demi, l'Agence régionale de santé (ARS) supervise la recherche des anciens écoliers du quartier où se trouvait autrefois l'usine d'amiante du CMMP, (Comptoir des minéraux et matières premières) à Aulnay. Le recoupement des fichiers de l'assurance maladie et des registres des écoles ont permis d'envoyer des milliers de courriers à travers la France. Mais les associations de victimes de l'amiante réclamaient un suivi plus rigoureux. Elles ont été reçues mardi soir par le directeur de l'ARS, Claude Evin.

Que ressort-il de cette rencontre ?

Claude Evin. Nous avons dialogué. Je vais examiner leurs demandes. Elles s'inquiètent par exemple de la destruction du fichier utilisé pour retrouver les anciens écoliers. Mais on ne détruira pas ce fichier tant qu'on en a besoin. Elles demandent qu'on élargisse la recherche aux anciens élèves d'un lycée professionnel du quartier, et à ses enseignants. Je me suis engagé à examiner cette éventualité.
Autre requête, qu'on devrait pouvoir satisfaire : la personnalisation des courriers, en y indiquant le nom et l'adresse du destinataire, pour qu'il comprenne qu'il est directement concerné et qu'il ne s'agit pas d'une lettre-type.

Les associations veulent aussi que cette recherche permette d'évaluer les dégâts causés par le CMMP, d'établir un bilan sanitaire...

Oui, les associations voulaient demander aux médecins traitants de nous renvoyer un document pour signaler les malades. Mais on n'était pas à l'abri que certains omettent de le faire, par négligence... On va passer par l'assurance maladie, puisque le mésothéliome [ NDLR : cancer de la plèvre] est une maladie à déclaration obligatoire, et par le Fiva (Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante) pour recenser les cas identifiés.

Peut-on imaginer que cette recherche s'étende ensuite aux anciens habitants du quartier, aux anciens salariés ? L'étude du Giscop* avait envisagé ces pistes...
Peut-être, mais je n'ai pas la méthode pour le faire ! N'oublions pas que cette démarche est une première en France. Comment identifier les adultes qui ont vécu là ? Et s'agissant des anciens salariés de l'usine du CMMP, c'est à l'entreprise de mener ces recherches. Si elle ne le fait pas, il existe des procédures : il faut saisir la justice.

Ce travail de recherche autour de l'usine, c'est un investissement important ?
C'est un travail titanesque, en terme de temps et d'investissement financier. Mais la question posée est toujours la même : le rapport entre « le coût et le bénéfice ».Il s'agit d'évaluer le rapport entre cette recherche et le nombre de personnes qu'on pourra retrouver.

Les premiers résultats sont-ils satisfaisants ?

Il est trop tôt, nous n'avons pas encore suffisamment de retours. Des gens ont téléphoné à la plate-forme, l'information leur permettra peut-être de saisir le Fiva, d'aller voir un médecin pour passer une radio pulmonaire.

*Groupe de recherche sur les cancers d'origine professionnelle, rattaché à l'université Paris XIII-Villetaneuse.

Source : Le Parisien

 

 

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 07:40

amiante-aulnayLe livre qu'elle vient de publier, « la Science asservie » (Ed. La Découverte), est un réquisitoire à l'encontre des industriels qui ont exposé leurs ouvriers à des substances toxiques. Le propos est sans concession, à l'image de son auteur. Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé désormais à la retraite, est une militante.

Porte-parole de l'association anti- amiante Ban Asbestos, elle fait partie de ceux qui ont brisé le silence autour de l'ancienne usine d'amiante du CMMP à Aulnay-sous-Bois. En 2012, cette petite femme menue aux cheveux argentés avait d'ailleurs refusé la Légion d'honneur que la ministre Cécile Duflot avait demandée pour elle, en pointant le manque de moyens dévolus à la recherche en santé publique.
Avant de diriger le Giscop, groupement scientifique rattaché à l'université
Paris XIII-Villetaneuse, Annie Thébaud-Mony est passée par l'Algérie, le Brésil... Mais son travail dans le 93, au début des années 1980, a marqué un tournant. « Au détour d'une enquête sur la tuberculose, j'ai découvert des malades qui souffraient de la silicose ou de l'asbestose (NDLR : maladies contractées dans le cadre de leur travail). Or, on ne disposait d'aucune donnée sur les maladies professionnelles. »

Elle se penche alors sur le sort d'anciens ouvriers marocains, laissés sur le carreau après la fermeture en 1984 d'une fonderie à Bondy. Elle découvre « des situations humaines insupportables ». « Ces gens étaient en mauvaise santé, incapables de trouver un autre travail. Or, on les avait précisément recrutés parce qu'ils étaient solides. Sans travail, ils allaient se retrouver sans papiers. » Au fil du temps, la chercheuse s'ancre dans le 93. « Le conseil général nous a longtemps soutenus dans nos travaux », se souvient-elle.

En 1993, Annie Thébaud-Mony participe à un groupe de travail départemental sur l'inégalité face aux cancers. De 2000 à 2006, elle lance une enquête auprès de 1 300 cancéreux, soignés dans trois hôpitaux : Robert-Ballanger (Aulnay), Avicenne (Bobigny), et l'hôpital intercommunal de Montfermeil. La reconstitution minutieuse de leurs parcours professionnels aboutit à un constat accablant : 84 % de ces malades ont, aucours de leur vie, été exposés à plus de trois substances cancérogènes. La fermeture des usines signifie-t-elle que le danger a disparu ? « Non », répond-elle sans hésiter : « Le département compte désormais beaucoup de petites entreprises sous-traitantes. On observe le développement de cancers précoces chez des gens beaucoup plus jeunes qu'avant. » Elle raconte ainsi une visite récente au sein d'une entreprise de recyclage de batteries de voitures à Pierrefitte, rappelée à l'ordre par l'inspection du travail : « Les employés désossaient les batteries à mains nues dans un coin de l'atelier... »

Une autre menace subsiste, enfouie dans les sols des friches. Annie Thébaud-Mony reste mobilisée avec les victimes du CMMP et les riverains des villes voisines du fort de Vaujours, qui fut un centre de recherche du Commissariat à l'énergie atomique. Son conseil aux habitants qui s'inquiètent du voisinage d'une friche industrielle : « Avant de faire des études de sol, il faut accéder aux documents retraçant l'histoire du site. S'il est classé, un dossier existe, que ce soit en mairie, aux archives départementales ou au Service technique des installations classées. Cela permet de déjouer les mensonges de l'entreprise pollueuse. »

Source : Le Parisien

 

 

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 10:43

Aulnay-sous-Bois est depuis quelques jours sous les feux de l’actualité suite au lancement d’une recherche sans précédent des victimes potentielles de l’ancienne usine d’amiante. L’Agence Régionale de Santé (ARS) a ainsi envoyé un courrier pour retrouver les personnes scolarisées aux Bourg 1, Bourg 2 et à Ormeteau entre 1938 et 1975. Elles sont invitées à consulter un médecin pour établir un diagnostic et bénéficier d’un suivi adapté si nécessaire.

La rédaction d’Aulnaylibre ! vous propose de découvrir ci-dessus la vidéo d'un reportage de France 3 réalisé sur ce sujet sensible puisqu’à ce jour sur les 130 personnes recensées comme victimes de l’amiante à Aulnay-sous-Bois 80 sont déjà décédées. A noter également qu’aucune poursuite pénale ne pourra être entreprise dans la mesure où pour la justice il y a prescription.

 

 

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 15:51

Vous pouvez prendre connaissance ci-dessous d’un reportage de TF1 sur l’ancienne usine d’amiante d’Aulnay-sous-Bois. Le moins que l’on puisse écrire est que le combat pour la reconnaissance des victimes ne fait que commencer…

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 07:52

amianteusine.jpgEn moins d'un mois, la lettre type a été envoyée à 3 500 personnes et autant à leur médecin, dans toute la France. On ne peut qu'imaginer la réaction des destinataires. De la surprise, d'abord, à la lecture des premières lignes : « Vous avez été scolarisé entre 1938 et 1975 dans un des trois groupes scolaires [...] situés à proximité du Comptoir des minéraux et matières premières (CMMP) à Aulnay. » De l'inquiétude, ensuite, car il est question d'amiante et de possibles pathologies pulmonaires. Suivent des conseils : se tourner vers son médecin ou appeler la cellule d'information dédiée. Le courrier, signé par le directeur de l'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, devrait être adressé à 13 000 personnes d'ici la fin de l'année.

Le dispositif est inédit en France. Pour la première fois, on cherche les victimes potentielles d'une exposition à l'amiante hors d'un cadre professionnel. L'opération, financée par l'Agence régionale de santé (ARS) à hauteur de 200 000 € — sans participation du CMMP —, vise les élèves qui allaient en classe dans le quartier quand l'usine broyait de l'amiante. Pour les retrouver, il a fallu croiser les vieux registres scolaires avec les fichiers de la Sécurité sociale. L'objectif ? Se conformer à la loi Kouchner stipulant que « toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé ». Les destinataires, âgés aujourd'hui de 40 à 80 ans environ, ne seront pas recontactés par la suite. Ils sont libres de pratiquer des examens et de se manifester ou non auprès de la cellule d'information qui n'a reçu que cinq appels pour le moment.

C'est bien ce qui inquiète les associations qui plaident pour un suivi bien plus rigoureux et en appellent à la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Les associations dénoncent un dispositif au rabais

En vingt ans, le Collectif des riverains et victimes du CMMP a recensé à lui seul 120 cas de malades contaminés par l'amiante. « Parfois, c'étaient des gens partis d'Aulnay depuis des années qui nous appelaient parce qu'ils avaient lu un article dans le journal », explique son porte-parole, Gérard Voide. Pendant des années, le collectif a réclamé la mise en place d'un dispositif de recherche des victimes potentielles. Elles seraient 40 000, selon un rapport de 2012. Le dispositif de l'ARS ne convainc pas Gérard Voide : « Cela ne suffit pas. Il fallait prévoir des relances. On attend de nouveaux cas jusqu'en 2025 ! »

Annie Thébaud-Mony, chercheuse et porte-parole de l'association Ban Asbestos, également très impliquée sur ce dossier, dénonce un dispositif au rabais : « On a l'impression qu'on craint de retrouver trop de victimes pouvant prétendre à une indemnisation. » Elle plaide pour un « véritable suivi tout au long de la vie. [...] C'était le moyen de faire le bilan sanitaire de cette affaire ». Mais les listings des anciens écoliers ne pourront être réutilisés. « Cela a été établi avec la Cnil(NDLR : Commission nationale de l'informatique et des libertés), qui autorise l'utilisation de ces adresses pour l'envoi d'un seul courrier », justifie une porte-parole de l'ARS.

Source : Le Parisien

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 08:54

gisele.JPGJe suis en train de mourir de l'amiante. Il faut que les gens sachent », martelait-elle il y a quelques jours à sa sortie de l'hôpital. Gisèle Delhaye, une petite femme élégante, l'oeil assombri par une colère inextinguible, est déterminée à témoigner. Il y a quatre ans, cette orthodontiste installée depuis 1967 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) consulte pour une douleur à la poitrine. Le diagnostic tombe : elle souffre d'un mésothéliome, un cancer de la plèvre, la membrane qui entoure le poumon. « Une maladie qui n'a pas d'autre cause que l'amiante. La pire de toutes, celle dont on ne guérit pas », résume l'énergique septuagénaire d'un ton neutre.

Mais où et quand Gisèle avait-elle pu entrer en contact avec l'amiante ? « Aucun des logements où j'avais vécu n'en contenait. Et puis, un jour, mon mari a réalisé : Au fait, il y avait cette usine à Aulnay... Je n'y avais jamais mis les pieds mais l'évidence était là. » Combien sont-ils, comme Gisèle, à avoir ignoré le danger que représentait le Comptoir des minéraux et matières premières (CMMP) ? L'usine avait ouvert ses portes en 1938, dans de longues bâtisses de brique cernées par des pavillons et voisines d'une école. On y a broyé de l'amiante jusqu'en 1975, en dépit des plaintes du voisinage, dès les années 1950. L'agence régionale de 
santé (ARS) vient de lancer une campagne d'information inédite visant les anciens écoliers du quartier, soit 13 000 personnes.

L'amiante est une bombe à retardement : les maladies qu'il provoque se déclarent dix à quarante ans après l'exposition. Ce n'est qu'en 1996, alors que l'usine a déjà cessé son activité, que la première victime probable de l'usine-poison est identifiée. Pierre Léonard, qui habitait le quartier depuis son enfance, meurt d'un mésothéliome à 49 ans. C'est le début d'une mobilisation sans relâche pour faire reconnaître la pollution environnementale causée par le CMMP, établie définitivement en 2007 par l'Institut de veille sanitaire. Gisèle passait devant l'usine « sans savoir » : « On ne la voyait pas de la rue. Je suis sidérée d'avoir été inconsciente de cela. »

Dans les années 1960, elle vivait avec son mari et ses enfants dans un appartement du quartier du Gros-Saule : « Le malheur a voulu que nous soyons sous les vents portant les poussières d'amiante vers le nord. Il y a eu plusieurs malades dans ce secteur. » Pendant des années, elle s'est aussi rendue deux fois par an dans les écoles voisines de l'usine pour y examiner la dentition des enfants. Ce sont précisément les anciens élèves de ces établissements que l'ARS contacte aujourd'hui. De sa famille, elle est la seule à avoir déclaré la maladie.


« Je suis victime d'une triple peine, juge-t-elle amèrement. Je suis malade. J'ai habité dans une commune abritant une usine d'amiante sans le savoir. Et enfin, c'est avec mes impôts que la municipalité a payé la démolition et la dépollution de l'usine. » En juillet 2013, le CMMP, visé par 25 plaintes, a bénéficié d'un non-lieu*. « C'est à ce moment que j'ai décidé de témoigner. Je veux faire tout ce que je peux pour révéler ce scandale. » * Les dirigeants de l'époque où l'usine broyait de l'amiante sont tous morts, et, les faits étant antérieurs à l'entrée en vigueur du Code pénal de 1994, la justice a estimé que la personne morale du CMMP ne pouvait être mise en cause.

Source : Le Parisien

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 19:28

Vous trouverez ci-dessous une lettre de l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Ile-de-France qui recherche des personnes scolarisées entre 1938 et 1975 dans un des trois groupes scolaires du Bourg 1, du Bourg 2 ou d’Ormeteau à Aulnay-sous-Bois. Elles pourraient avoir été victimes de la pollution liée à l’exploitation de l’ancienne usine d’amiante du Comptoir des Minéraux et Matières premières (CMMP). En cas de doute il est recommandé de se rapprocher du corps médical. Cette missive nous a été adressée par un lecteur que nous remercions.

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 09:18

amiante-terres.jpgLe 6 avril 2013, 1 000 t de gravats étaient déversées sur le terrain de l'ex-usine d'amiante d'Aulnay-sous-Bois, le Comptoir des matériaux et matières premières (CMPP). Quelques jours plus tard, le 23 avril, à Sevran, 5 000 à 10 000 m 3 de terre étaient déposés illégalement sur le site de Westinghouse, du nom de l'ancienne usine qui occupa les lieux jusqu'en 1997. Au terme de plusieurs mois d'enquête, les policiers des services départementaux de la police judiciaire ont arrêté mardi un premier suspect. Ce dernier a été remis en liberté à l'issue de sa garde à vue et de son audition. Un second suspect a été interpellé hier et placé en garde à vue. L'enquête se poursuit.

Source : Le Parisien

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 07:15

amiante3.jpgComme chaque année, l'assemblée générale de l'Addeva, à Bobigny, a débuté par un terrible énoncé. Celui des noms des 14 adhérents morts de l'amiante durant les douze derniers mois. En Seine-Saint-Denis, l'Association de défense des victimes de l'amiante comptabilise, depuis sa création en 2000, 300 décès parmi les personnes venues frapper à sa porte pour constituer un dossier. « Il n'y a pas plus de victimes dans le 93 qu'ailleurs.

Mais on recense une bonne centaine d'entreprises dans lesquelles il y a des victimes », note Alain Bobbio, président de l'association, qui accompagne les victimes dans leurs démarches pour être indemnisées, mais qui travaille aussi avec la Sécurité sociale. L'association suit également de près les premières étapes de l'enquête géante destinée à retrouver les victimes du Comptoir des minéraux et matières premières (CMMP), cette ex-usine qui broyait de l'amiante à Aulnay. Alors qu'ailleurs en France des responsables de société pourraient être bientôt jugés pénalement pour pollution à l'amiante, ce ne sera vraisemblablement pas le cas pour ceux du CMMP. Un non-lieu a été ordonné le 6 juillet dernier par le TGI de Paris. Et ce, alors qu'une enquête débute à peine, pilotée par l'agence régionale de santé, pour retrouver les milliers de victimes potentielles de cette « usine-poison ».

Source : Le Parisien

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 11:02

FEVRIER 2014

chantier-250x187.jpgA la recherche des 40 000 victimes d'exposition à l’amiante du CMMP :

le dispositif ARS (Agence Régionale de Santé représentant le Ministère en région parisienne) de recherche active et de suivi des personnes exposées autour de l’ancienne usine de broyage d’amiante du CMMP d’Aulnay-sous-Bois est prévu pour être opérationnel ce printemps. Il est axé, dans un premier temps (en espérant qu’il y aura une suite) sur la recherche des anciens élèves des trois écoles voisines : Bourg 1, Bourg 2, Ormeteau, évaluée à 11 000 personnes fortement contaminées. Il consiste à retrouver les adresses actuelles de ces personnes afin de les informer de leur exposition à la poussière d’amiante du CMMP, en les invitant à se rapprocher de leur médecin traitant. Une information médicale leur sera proposée ainsi qu’à leur médecin par le truchement d’un plateau téléphonique et d’un site internet confiés à  deux entreprises privées. Les personnes en région parisienne pourront, si elles le souhaitent, prendre contact avec le service de pneumologie de l’hôpital intercommunal Robert  Ballanger d’Aulnay.

Cette note d'information fait le point de la lutte menée auprès des autorités sanitaires (Agence Régionale de Santé, ARS), présente le dispositif local de suivi des personnes exposées à l'amiante et au zircon radioactif, qui sera créé dans les semaines qui viennent et fait le point sur le chantier du site du CMMP rue de Mitry.

I – La lutte menée auprès des autorités sanitaires

La recherche des victimes de contamination par l'amiante : résultat d’une lutte

Ce dispositif ARS ne tombe pas du ciel. Il est le résultat d’une âpre lutte de maintenant 16 ans, d’un mouvement citoyen, égrainée de réunions publiques, motions aux préfets, pétitions, manifestations de rue, conférences de presse, médiatisation, réunions épiques et quelquefois houleuses en préfecture et sous-préfecture et inspection du travail.

-   Dès 1995, nous donnions l’alerte au préfet, au ministre en 1998, à la DGS (Direction Générale de la Santé, service auprès du ministère) en 2000, dossier à l’appui

  

-     Il était donc grand temps que les autorités réagissent !...


-    Outre la dépollution-démolition de l’ancien site industriel sous confinement étanche aujourd’hui achevée, le mouvement a obtenu 2 études scientifiques officielles révélant la présence d’une véritable catastrophe sanitaire et environnementale.


-      L’étude CIRE/InVS (Cellule Interrégionale d’Epidémiologie d’Ile-de-France,  antenne régionale de l’InVS) en 2007 prouve que la pollution du CMMP est responsable des maladies de l’amiante autour de l’usine.

  

-      L’étude GISCOP 93 (Groupement d’Intérêt Scientifique sur les Cancers d’Origine Professionnelle en Seine-Saint-Denis) démontre une contamination d’au moins 40 000 personnes autour de l’usine et la possibilité de retrouver les adresses actuelles d’un bon nombre d’entre elles, en vue de les informer et de les faire bénéficier d’un « suivi post-exposition ».

Fait unique dans les annales, ces études officielles ont été réalisées en étroite collaboration avec les associations qui ont fourni la totalité des dossiers des malades retrouvés (avec leur accord). Fort de cette expérience, elles demandaient la poursuite de cette collaboration avec la société civile et les associations en particulier.

Les refus des autorités de santé aujourd’hui

Si l'ARS a admis le principe d'une recherche formelle des personnes exposées, en revanche elle refuse de s'engager dans une démarche de concertation et de construction.

Refus de l’ARS  d'une coopération effective des associations (réunion du 26/09/2013) : nous sommes réduits au rôle de figurants, informés tous les quatre mois formellement sans pouvoir infléchir quoi que ce soit sur le dispositif.

Plus grave : l’étude GISCOP 93 recommandait comme une évidence dans le dispositif, la mise en place à Aulnay, dans un lieu unique, dédié, d’une équipe professionnelle  capable d’une prise en charge médicale, psychologique, administrative (indemnisation) et sociale des personnes. C’est d’ailleurs ce qu’assurent bénévolement depuis 14 ans avec leurs petits moyens, les associations, renforcées depuis 2009 par les permanences hebdomadaires, tout aussi bénévoles, du docteur Allouch, au lieu et place des autorités ; bilan : 120 malades recensés, plus de 60 décès, plus de 30 mésothéliomes (cancer de la plèvre). Rejet de l’ARS (réunion du 03/02/2014) « elle n’est pas obligée de retenir la recommandation GISCOP 93 » ; la décision vient de la ministre elle-même « en concertation avec la mairie d’Aulnay » ; les associations n’ont pas été invitées à cette concertation, ni même le docteur Maurice Allouch pourtant président du comité de pilotage missionné par le conseil municipal unanime. La « démocratie participative » a bien du mal à se frayer un chemin …

Le devoir des autorités de santé d’aujourd’hui

L’ARS n’a pas le droit –du moins moralement- de se dédouaner de ses responsabilités en se contentant d’informer les personnes exposées et de les renvoyer auprès de leur médecin traitant sans assurer le moindre suivi dans le temps des conséquences d’une telle annonce (des maladies se déclareront au moins jusqu’en 2025). Les victimes n’ont aucune responsabilité dans la maladie qui les frappe. Leur seul tort est d’avoir résidé à côté d’une usine polluante.

Les autorités d’aujourd’hui n’ont-elles pas le devoir d’assumer leurs carences d’hier en organisant la prise en charge complète des victimes et de réparer au moins ce qui peut l’être ?

Si le pollueur CMMP est le premier responsable de la catastrophe sanitaire, les autorités le sont, pour leur part, de ne pas avoir assuré leur devoir de contrôle et de protection de la santé des riverains et des travailleurs de l’usine.

Responsables ? Indéniablement !

Coupables ? Au sens moral, certainement ; au sens pénal, ils échappent tous à la justice car tous décédés (PDG, préfets successifs, chefs des services de contrôle) ; c’est la seule raison qui a permis au TGI de Paris, le 3 juillet 2013, de conclure à un non lieu, y compris pour l’entreprise florissante CMMP qui échappe  - en dépit de l’avis de la juge mais grâce à la chambre d’instruction -  à la condamnation en tant que personne morale.

Ce qu'il faut en conclure :

En raison du temps de latence entre l’exposition et la survenance de la maladie, l’impunité est totale pour le CMMP qui n’est non seulement pas condamné mais n’indemnise même pas les malades puisque c’est le FIVA (Fonds d’Indemnisation des Victimes de l’Amiante) qui  le fait à sa place.

De même pour le coût du désamiantage (17 millions d’euros) entièrement à la charge du contribuable aulnaysiens, la mairie s’étant substituée au pollueur.

La loi pollueur=payeur est une nouvelle fois bafouée !

Les autorités sont d’autant plus responsables que le CMMP, entreprise travaillant pour l’Etat et l’armée, a bénéficié d’une véritable complaisance (réf. Etude CIRE 2007 pages 50 à 81 – voir le lien sur le site http://www.ban-asbestos-france.comdans la page « actualité » historique 2013, mois de juillet). Pas moins de 101 contrôles officiels déclenchés à la suite des plaintes de riverains, sans aucun résultat ni une quelconque répression. Tout s’est passé comme si le CMMP était au dessus des lois.

II - Un dispositif, à Aulnay, de suivi des personnes exposées à l’amiante et au zircon du CMMP 

Le comité de pilotage initié par la mairie (élus, associations, médecins, chercheurs en santé publique, représentant CPAM) décide - en dépit du refus de l’ARS - de mettre en place le dispositif d’accueil recommandé par GISCOP 93.

D’ores et déjà, la mairie propose un local proche de l’hôtel de ville et de la gare RER, au 15 rue Hoche. Le docteur Allouch y fera, dès que possible, ses permanences. Le but est de mettre à disposition des personnes exposées et malades, le plus vite possible, en un seul lieu, une équipe de professionnels capable de répondre à tous les problèmes des victimes :

-          Un accueil des personnes sur rendez-vous

-          La reconstitution de leur parcours d’exposés

-          Un soutien psychologique individuel et en groupe de parole

-          Une orientation personnalisée vers les services médicaux en lien avec le médecin traitant

-          Une aide aux démarches administratives en vue d’indemnisation

Les associations sont prêtes à participer bénévolement avec leur « expérience du terrain » à ce travail. Mais nous sommes encore loin de la coupe aux lèvres ; reste à financer ce projet car il faudra bien rémunérer les vacations de ces professionnels. A défaut de l’ARS, nous espérons que Conseil Régional et Conseil Général  - qui ont subventionné le désamiantage du site CMMP au lieu et place du pollueur -  auront à cœur de subventionner ce qui pour le coup est de leur ressort : l’action de santé publique !

Un document présentant en détail le dispositif (voir le lien sur le site http://www.ban-asbestos-france.com  en bas de la page « actualité ») a été remis le 3 février 2014 à l’ARS en demandant sa collaboration. Sans succès ! Néanmoins, il nous fut accordé, non sans une vive discussion, que :

-          soient référencées les coordonnées (adresse et téléphone) du dispositif local

-          nous participions à la rédaction de la lettre envoyée aux personnes exposées retrouvées

l’ARS refuse par contre catégoriquement de nous communiquer les cas retrouvés pourtant indispensables pour assurer aide et suivi aux personnes, dans le temps, ni même d’inclure la question dans son courrier : « souhaitez- vous que vos coordonnées soient transmises au dispositif local ? ». A-t-on seulement idée à l’ARS du bouleversement dans la vie des victimes et de leur famille à l’annonce d’une maladie aussi grave que le mésothéliome ou l’épée de Damoclès que représente le fait d’avoir fortement été contaminé à l’amiante ? Est-ce la charité ou le devoir de porter assistance à des gens qui ont eu seulement la mauvaise idée de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment ?

si l’ARS persiste dans sa position, nous émettons de sérieux doutes quant à l’efficacité d’un dispositif amputé où la main droite ignore ce que fait la main gauche. Deux dispositifs qui fonctionneront en parallèle mais avec échange à sens unique. Nous devrons communiquer les cas retrouvés mais la réciprocité n’existera pas et les moyens resteront donc totalement inégaux. A se demander si les autorités souhaitent vraiment rendre visible cette catastrophe sanitaire et environnementale que nous sommes seuls depuis 19 ans à dénoncer.

A suivre …. Nous sommes à votre disposition pour répondre à vos questions.

III - Le chantier du site CMMP rue de Mitry

La dalle de béton armé, ultime bouclier réclamé par les associations, recouvre désormais l’ensemble du site. La pollution résiduelle en sous-sol reste contenue au-delà des 80 centimètres de la couche de terre rapportée. Les eaux de pluie sont drainées vers les évacuations publiques.

Le projet d’aménagement sur la dalle reste l’affaire d’une concertation entre la municipalité, les riverains et les parents d’élèves.

Reste la demande de tous de réserver un endroit visible pour ériger une stèle à la mémoire des victimes et de vérifier les démarches officielles pour enregistrer, aux hypothèques, sans limite de temps, la restriction d’usage du terrain resté partiellement pollué en sous-sol.

 

 

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Publié par Aulnaylibre ! - dans Amiante
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 11:09

amiante-metro.jpgLe couac ne pouvait pas plus mal tomber. Hier, à 12h30, alors que les transports en commun étaient bondés à la veille des fêtes, les passagers de quatre lignes de métro ont subitement été priés de quitter les rames, puis les stations. Le trafic des lignes 2 (Porte-Dauphine - Nation), 6 (Charles-de-Gaulle - Nation), 10 (Boulogne-Austerlitz) et 11 (Châtelet - Mairie-des-Lilas) a été arrêté dans la foulée.   La RATP a d’abord évoqué un « incident technique » pour expliquer la panne généralisée… avant qu’une source syndicale ne précise la véritable raison de ce blocage. « De l’amiante a été relevée dans l’air ambiant du poste de commandement de ces quatre lignes », a indiqué Laurent Gallois, délégué du syndicat Unsa-Transports. Cette « tour de contrôle » qui se trouve dans un immeuble de bureaux près de Bastille a dû être fermée.

Environ 30 000 voyageurs évacués selon la RATP 

« Une alerte amiante a été déclenchée, confirmait quelques minutes plus tard Pierre Mongin, PDG de la RATP. Pour des raisons de sécurité, nous avons été obligés d’évacuer les personnels qui régulent ces lignes… Et sans régulation, on ne peut pas faire rouler les rames ! » Selon la RATP, 30 000 voyageurs se trouvaient dans les rames concernées au moment où la panne s’est déclarée. Une cellule de crise a été mise en place pour les diriger en direction des autres lignes du réseau. Tandis que les techniciens de la Régie travaillaient en urgence à la remise en service des quatre postes de commandement « localisés » d’où les lignes 2, 6, 10 et 11 étaient gérées avant la création du PC centralisé de Bastille.


L’opération de basculement, complexe, n’a permis la reprise progressive du trafic qu’aux alentours de 16 heures. Plus de trois heures après le début de la panne. Le retour à la normale est intervenu en fin d’après-midi. Et hier soir, on soulignait à la Régie que ces quatre lignes pourraient être pilotées indéfiniment depuis les anciens postes de contrôle désormais réactivés. La RATP n’en a pourtant peut-être pas encore fini avec les problèmes d’amiante dans ses locaux de Bastille. Le site (réservé aux agents) abrite en effet les postes de régulation des lignes 7, 8 et 9 et le poste de pilotage de la ligne 1 automatisée. Des locaux « stratégiques » qu’il vaudrait mieux ne pas avoir à évacuer.

Source : Le Parisien

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Publié par Aulnaylibre ! - dans Amiante
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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 09:13

amaintenewLa décision avait été annoncée en mai, et l’Agence régionale de santé (ARS) n’a pas chômé depuis. Tout l’été, ses équipes ont travaillé sur les préparatifs d’une enquête hors normes : la recherche des victimes potentielles de l’ancienne usine du CMMP (Comptoir des minéraux et matières premières) d’Aulnay-sous-Bois. Pendant des décennies, on y a broyé de l’amiante, cette fibre cancérigène qui peut déclencher des maladies des années après l’exposition. Un appel d’offres va être lancé dès la semaine prochaine, pour trouver d’ici la fin de l’année un prestataire qui épaulera l’agence dans ce travail de titan. Jeudi, à Bobigny, s’est tenu la première réunion du comité de suivi, regroupant des représentants de la préfecture, de l’ARS, de la Caisse primaire d’assurance maladie, de la ville d’Aulnay (la ville de Sevran, invitée, n’était pas représentée), un médecin du service de pneumologie de l’hôpital Robert-Ballanger (Aulnay-Villepinte), et enfin les associations.

Etablir un listing de 11000 personnes

Le travail de l’ARS et du futur prestataire consistera à établir le listing des anciens élèves des écoles du Bourg 1, du Bourg 2 et Ormeteau, de 1938 à 1975 (période durant laquelle le CMMP broyait de l’amiante). Soit environ 11000 personnes, âgées de 44 à 80 ans, et habitant sans doute aux quatre coins de la France. Une majorité d’entre elles devraient être localisées en recoupant les registres scolaires et ceux de l’assurance maladie. Des lettres types seront envoyées à partir de la mi-2014. Une permanence téléphonique va être mise sur pied, pour répondre aux questions. Avant cela, sans doute en novembre prochain, l’ARS envisage de réunir les médecins traitants du secteur (Aulnay et Sevran), pour les informer sur le CMMP, les caractéristiques de l’amiante et des maladies qui y sont liées.

amianteusineLe tempo s’accélère donc. Au même moment, le chantier s’achève vraiment sur le site où se dressaient autrefois les ateliers du CMMP, en pleine ville. Les ouvriers ont commencé cette semaine à couler une dalle de béton sur tout le terrain, afin d’éviter la remontée éventuelle de fibres d’amiante qui seraient encore enfouies dans le sous-sol. Une question reste en suspens : y aura-t-il un endroit, à Aulnay, pour accueillir et informer le public? Les associations y tiennent. « L’ARS n’a pas dit non, note Evelyne Demonceaux, maire adjointe (PS) d’Aulnay, en charge de la santé. Nous avons aussi demandé la mise en place d’un accueil psychologique et la présence d’une assistante sociale. »

Jusqu’à présent, c’est un bénévole, le médecin à la retraite Maurice Allouch (également élu d’opposition à Aulnay) qui tenait une permanence au centre municipal de santé, en lien avec les associations. « Une plate-forme téléphonique risque d’être technique et pas assez humaine », regrette Gérard Voide, du Collectif des riverains et victimes de l’amiante. « On est contents de la décision des pouvoirs publics, après quinze ans de lutte. Mais avec un comité de suivi tous les trimestres, nous ferons de la figuration », estime-t-il.

Les associations ont été les premières à alerter sur la nocivité du CMMP et ont, à elles seules, recensé 120 malades.

Source : Le Parisien

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Publié par Aulnaylibre ! - dans Amiante
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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 10:19

Le 26 juin dernier, une trentaine de personnes étaient rassemblées au réfectoire de l’école du Bourg 2 pour tenter d’avancer sur l’aménagement du terrain de l’ancienne usine d’amiante.  La rédaction d’Aulnaylibre ! vous propose de revenir en détail et en vidéo sur cette soirée à travers une présentation complète, illustrée de différents plans et des points encore en suspens.  

Si, aux dires du présentateur, le projet est plutôt apprécié globalement, notamment par sa cohérence vis-à-vis des besoins du quartier Vieux-Pays, quelques interrogations demeurent. Celles-ci concernent principalement la sécurité (accès aux deux-roues, hauteur des murs pour éviter les vols, nuisances sonores) mais aussi l’accès aux personnes à mobilité réduite, la place du vélo, la pertinence en ce lieu d’un parking de 47 places ou encore les éléments de mobiliers urbains. Notons enfin que le nom de Pierre Léonard (une des premières victimes de l’amiante) pourrait être choisi pour le square…

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Publié par Stéphane Fleury - dans Amiante
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