Le Billet de Veritis : De la Droite et de la Gauche…(2/2)

Publié le 8 Mars 2011

Il est arrivé au Général De Gaulle de considérer que la droite pouvait symboliser l’ordre et la gauche, le mouvement. Mais il ne s’agit là que d’une coupure simpliste et archétypale, car toute société a besoin, à la fois, d’ordre et de mouvement. C’est un peu comme le fait de dire que le cerveau droit est le siège de l’émotion et le cerveau gauche le siège de la raison, en oubliant que nous avons tous besoin d’un cerveau uni et réconcilié entre ses deux hémisphères.

 

C’est la raison pour laquelle le Gaullisme se voulait, au-delà de la coupure entre la droite ou la gauche, une sorte de symbole de réconciliation entre l’ordre et le mouvement. Car un ordre sans mouvement viendrait à se scléroser et un mouvement trop instable connaîtrait également de graves difficultés.

 

Donc si la droite privilégie l’ordre au mouvement, elle risque d’échouer.  De même pour la gauche si le mouvement ne tient pas compte du besoin d’ordre de la société.

 

De là, parfois le besoin d’alternance lorsque des déséquilibres trop profonds viennent rompre l’équilibre sous-jacent nécessaire à toute société. Mais nous vivons aujourd’hui dans des sociétés qui sont essentiellement des sociétés en mouvement. Ce phénomène, nul ne peut l’ignorer : pas plus que la droite que la gauche.

 

C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui, les frontières sont encore plus floues.

 

La droite a souvent adopté, pressé par la nécessité, des politiques que l’on pourrait qualifier de « gauche », alors que la « gauche », prise elle-même dans un autre type de nécessité, a souvent pris des dispositions dites « de droite » (par exemple, les privatisations de L.Jospin)

 

On dit aussi parfois que la droite serait plus attachée à la nation, alors que la gauche serait, quant à elle, plus tournée vers l’international. Il faut bien dire aujourd’hui, qu’à l’heure de la mondialisation, cette distinction n’est plus très pertinente. Le mouvement de la société est aujourd’hui essentiellement mondial, ce qui n’est pas sans poser de redoutables problèmes aux uns ou aux autres.

 

Il existe alors forcément des crispations identitaires que tente d’exploiter tel ou tel mécontentement compréhensible. Crispations qui ne font qu’exprimer un sentiment diffus et négatif qui ne résout rien, mais auquel, cependant, il doit être répondu.

 

On dit également que la droite aurait plus tendance à privilégier l’individu, sa liberté, sa capacité d’initiative et d’entreprise alors que la seconde serait plus sensible à la société et au souci d’égalité via la redistribution des richesses.  Mais que dire d’une société dont la moitié de la richesse produite - sous tous les gouvernements de droite ou de gauche – fait l’objet de prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales) redistribués sous forme de services publics et de prestations sociales ?

 

Est-elle de droite ou de gauche ou plus sûrement un mélange des deux ?  C’est pourquoi les vociférations de tel ou tel me font doucement sourire, car je sais qu’elles ne disent pas la vérité.

 

On dit aussi enfin que la droite privilégierait plutôt l’économie et la production des richesses alors que la gauche aurait tendance à favoriser le social. Mais que dire alors d’un « social » qui ne reposerait pas sur une économie et des entreprises solides ? Il serait vite à bout de souffle ruinant ainsi les plus belles promesses qui auraient pu être dispensées imprudemment. Il est donc nécessaire de trouver le juste équilibre, toujours à reconstituer, entre considérations économiques et considérations sociales dont ont sait qu’elles sont étroitement imbriquées.

 

Ce juste équilibre se marie très mal avec les promesses démagogiques et ressort plutôt d’un savant dosage, un peu comme celui que peut opérer un mécanicien réglant son moteur en permanence. Autant dire que c’est plutôt son expertise qui est alors recherchée, bien plus que son orientation idéologique à priori.

 

Que retenir alors de tout ça ?

 

1.      Que le simplisme des slogans ne peut tenir lieu de politique.

2.      Que les promesses inconsidérées ne sont que des attrapes gogos dont il faut sérieusement se méfier

3.      Que le sérieux en matière de gestion budgétaire et fiscale impose à tous les candidats à une élection de refuser la démagogie facile qui consiste à promettre tout et n’importe quoi.

4.      Qu’un candidat de gauche qui vous parle de tendre la sébile à l’Etat se moque de vous car il sait parfaitement que s’il avait à gérer cet Etat, il serait tenu de mener une politique de « rigueur » en diminuant les dépenses et en optimisant les ressources fiscales, tout en prenant bien soin de ne pas casser « la production ».

5.      Que vous seriez surpris d’apprendre le grand écart de langage chez beaucoup d’hommes politiques de premier plan entre ce qu’ils disent en privé et ce qu’ils proclament en public, élection oblige.

6.      Que notre système politique crève depuis longtemps –mais jusqu’à quand ? – de toutes ces petites lâchetés, approximations et contrevérités proférées dans nombre de discours.

7.      Qu’il faut cependant faire des choix en fonction de tous ces critères et sûrement pas sur la base d’étiquettes pré-formatées.

8.      Que tous ceux qui cherchent à vous impressionner au nom d’arguments primaires et fallacieux ne méritent sûrement pas votre confiance et donc votre bulletin de vote.

9.      Qu’on peut tromper quelqu’un une fois, mais pas tout le monde, tout le temps.

 

 

Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

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Veritis 08/03/2011 22:12


Hello Complétis !

Salut à toi, Ô Complétis, Noble et Preux Chevalier de la Bloguerie Aulnaysienne !

Pour le centre, il me revient le bon mot de Pascal: "Le centre est partout, mais la circonférence nulle part!".

Quant aux extrêmes, chacun sait qu'ils se rejoignent trop souvent ! Tu es trop jeune pour avoir connu le Parti communiste à 23 ou 24 %. Et pourtant cela a existé !

Toutes les enquêtes d'opinion montrent qu'il existe de savants vases communicants. Alors je ne suis pas inquiet.
Il suffit à la droite de trouver son Mitterrand et le tour est joué !...

Bien cordialement.

A bientôt, cher Complétis.

In vino, Veritis.

A bientôt


Complétis 08/03/2011 17:35


Ave Veritis,

et quid des centres et des extrêmes ?... La suite au prochain épisode ?

Cordialement,

Complétis