Le Billet de Veritis : DSK, une opération savamment orchestrée !

Publié le 14 Mars 2011

Je ne sais pas si vous avez regardé ce fameux document de Canal +, diffusé en clair, concernant DSK.

 

jpg dsk 

Instructif, édifiant, subliminal en diable ! Tels sont les premiers mots qui me viennent. Autant dire une opération de communication savamment orchestrée.

 

Le problème est simple : DSK ne peut pas parler de politique française, et encore moins de sa candidature à la Présidentielle, son statut de Directeur du Fonds Monétaire International le lui interdit. Alors, il doit tout dire, sans rien dire ! Voilà donc un bel exercice prometteur de langue de bois.

 

Alors, il laisse entendre, il suggère, il sous-entend. Et puis son visage ou ses amis parlent pour lui. Sauf imprévu, donc, DSK ira !

 

Or, à tort ou à raison, le FMI a mauvaise presse. Il faut donc tenter de déminer le terrain !

 

Oui, on peut être un Grand Manager International qui a rang de chef d’Etat, et faire dix fois le tour de la terre pour panser les plaies de pays trop endettés au risque de leur infliger une potion amère, et être « socialiste » !

 

Partout où il passe, le docteur DSK livre ses médicaments (en l’occurrence de l’argent)  à des Etats qui sont malades. Mais bien évidemment cela ne suffit pas ! Il faut encore que le patient se soigne : c’est ce qu’on appelle un plan de redressement ! Sinon, il est obligé de donner de nouveaux médicaments, à brève échéance et rien n’est réglé.

 

Et, pour sûr s’il ne faisait rien, ce serait pire encore : les fonctionnaires ne seraient plus payés, les échéances non honorées, etc. Donc, en définitive, DSK fait du social ! Le gendarme du monde est donc un policier des finances, doublé d’une assistance sociale !

 

Oubliés les dizaines de milliards d’euros confisqués par les dirigeants de nombreux pays, dictateurs ou autres ; oubliés les paradis fiscaux par lesquels transitent toutes les évasions fiscales ; oubliés les pillages des matières premières et la corruption généralisée.

 

Pour résumer sa pensée, DSK a trouvé une formule magique : « Il faut aller au-delà du possible, mais ne pas viser l’impossible ! » En  dépit de la nostalgie qu’il affiche pour notre pays, on voit bien qu’il n’est plus tout à fait « français », puisque, comme l’on dit chez nous : « Impossible n’est pas français ! …Mais redevenons sérieux, une minute !

 

A vrai dire, cette phrase est assez étonnante. Si on peut aller au-delà du possible, cela prouve alors que l’impossible (par définition au-delà du possible) peut devenir possible ! Tout se passe alors comme s’il y avait un « impossible » possible et un « impossible » impossible. Mais rien ne nous dit où passe la frontière !

 

Nul doute que nos amis S. Fouks, Directeur Général de l’agence de pub Euro RSCG et G. Filkenstein, Président de la Fondation Jean-Jaurès,  deux personnes proches de DSK, que l’on  a d’ailleurs vu, dans ce documentaire, vont nous préciser tout cela…

 

N. Sarkozy disait quant à lui : « Ensemble tout devient possible ! » DSK nous prévient tout de suite : « Non, même ensemble, tout n’est pas possible ! » Cela est déjà plus prudent, et nous voilà avertis! Cela nous change des promesses faciles, mais cela ne fait pas une politique, pour autant.

 

Toute la stratégie de cette opération de communication, concoctée par l’équipe de Euro RSCG, réside donc dans la légitimation d’une double attente. Celle de DSK, qui est de moins en moins dans l’attente, mais qui doit quand même attendre…pour cause de FMI. Et celle supposée ou fabriquée des Français, en attente du Sauveur qui saura, avec sa potion magique, redresser les finances de notre pays fort mal en point, il est vrai !

 

A quel prix ? Là est toute la question. Il y a fort à parier, pourtant, que la potion actuelle du Dr. Sarkozy, pourtant vilipendée par toute la gauche n’apparaîtra rétrospectivement alors que comme une aimable plaisanterie par rapport à la potion amère du Dr. Strauss-Khan.

 

Cela est bien connu. Les plans de rigueur ne peuvent être menés que par des hommes de « gauche », car il faut bien, pour les rendre réalisables, pacifier les relations avec les supposés représentants des « travailleurs ». Chose que fait plus difficilement la droite.

 

Alors, politique de « droite », politique de « gauche » ou politique nécessaire ? Je vous laisse le soin de trancher.

 

Je préfère cependant vous prévenir.  N’écoutez pas les paroles démagogiques de ceux qui vous promettent monts et merveilles s’ils sont élus. A Aulnay ou ailleurs !...Ceux qui, par exemple, aujourd’hui vitupèrent contre l’Etat et qui risquent fort de déchanter en 2012…

 

Il n’est pas rare que des bateleurs de foire vous promettent des marchandises mirifiques. Cela ne veut pas dire qu’elles résistent au fil du temps…

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Veritis

Publié dans #Le Billet de Veritis

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Veritis 16/03/2011 18:21


Romuald,

L'opération DSK est une opération savamment montée qui vient de loin. Cela pourrait s'appeler: "De la fabrique d'un candidat et de sa montée progressive en régime"

Je ne me situe pas ici sur le fond, puisque nous ne connaissons pas encore ses positions, bien qu'une armée de think tanks et autres politiques ou intellectuels y travaillent sans compter bien sûr
hommes d'affaires et banquiers, car on a beau être de "gauche", il faut bien être réaliste.

De toutes façons, en pensant s'en défaire en l'exfiltrant au FMI à Washington, notre ami Nicolas (c'est pour Perplexis...) a fait de DSK un dangereux rival, en raison du rôle qu'il a su se donner à
la tête de l'institution et son habileté à surfer sur la crise en donnant de nouveaux reliefs au compromis social-démocrate.

Il a ainsi acquis une "stature" de financier international, à partir de laquelle il peut d'ores et déjà développer une stratégie de séduction, en ces temps où nos finances ne vont pas fort.

A propos du salaire de DSK, je trouve qu'il est assez mérité avec la vie de "fou" qu'il mène (de réunions, en avions et rencontres diverses). De toutes façons pour ces gens-là, les appointements ne
sont que de l'argent de poche, tous les frais étant pris en charge...(idem pour N.Sarkozy).

Pour m'amuser un peu de ce qui symbolise un certain style de vie, je dirais que nous aurons le choix entre l'axe Faubourg-Saint-Honoré/Villa Montmorency/Cap Nègre d'un côté (N.Sarlozy) et l'axe
Place des Vosges/ Ryad de Marrakkech (DSK) !...

Enfin concernant le Front national, on assiste à une partie de poker entre la droite et la gauche. N'oublions tout de même pas, qu'il n'y a pas si longtemps, Mitterrand a instillé une dose de
proportionnelle à l'Assemblée nationale pour remettre en selle J.M. Le Pen !

Alors, à politicien, politicien et demi...

Cordialement.

Veritis.


Romuald Weymann 16/03/2011 10:48


Peu avant la fameuse « crise-qui-rappelle-celle-de-1929 », Delanoë avait opéré son coming-out libéral, si je puis dire.
Aussitôt, l'ex-future-candidate aux Présidentielles Royal s'était parée d'un drap de vertu anti-libérale, martelant que libéralisme et socialisme sont incompatibles.

Or, dans les sondages, quel paraît être le champion de la gauche, face à
Sarkozy mais aussi à Marine Le Pen ?
Pas moins que le patron du FMI, touchant la bagatelle de 30.000€ mensuels (à côté, Sarkozy et ses 20.000€ fait presque pauvre), qui hier félicitait Ben Ali, Bouteflika, Moubarak mais aussi le
régime libyens pour leur formidââââble dynamisme économique.

Bref en 2012, pour éviter la « peste brune fascisto-nazie », une majorité de Français votera « utile » (sic ) et se tournera vers le Sauveur de la France, DSK.

Allez comprendre.


marc masnikosa 15/03/2011 23:34


Et oui DSK visite le monde ,donc le tier monde,la ou l'eau est rare et que fait il il laisse couler une demi heure l eau pour son costume bien bien


Veritis 15/03/2011 13:06


Cher David,

Dans ce petit papier, j'ai juste essayé de montrer ce qu'il y avait au-delà du miroir séduisant qui nous était tendu. Car, je connais trop les façons de faire des communicants pour ne pas voir ce
qu'il y a derrière.

Mais, éloignons-nous un petit peu de DSK, sur lequel nous aurons abondamment l'occasion de revenir.

Langage de vérité, dis-tu.Je suis bien d'accord !

Mais,on aimerait aussi entendre un tel discours, disons, dans des sphères plus locales. Car la pêche aux voix n'autorise pas tout, y compris des méthodes qu'un démocrate sincère ne peut que
réprouver.

Question d'éthique, bien sûr. Mais pour moi, une "gauche" qui ne respecterait pas une élémentaire éthique républicaine, ne ferait que trahir son idéal. Dès lors, elle n'aurait de "gauche" que le
nom. Pour moi, la vraie "gauche", ce n'est pas ça.

Depuis ma jeunesse, je me suis toujours fait une "haute idée de la gauche". Mais quand je vois, dans la réalité ou sur le terrain, ses valeurs les plus fondamentales foulées aux pieds, tout citoyen
honnête se doit, à mon sens, de s'exprimer et de réagir, pour ne pas laisser perdurer ce qu'il faut bien nommer alors une espèce de "contrefaçon".

Tout simplement,au nom d'une certaine idée de la politique. Au nom, aussi, d'une certaine idée de l'homme et de ses valeurs.

J'ai donc vu au cours de ma vie, si l'on reprend les clichés traditionnels d'une typologie sommaire :

- des hommes de gauche se comporter comme les pires hommes de"droite" affichant, au-delà de leurs discours de bonimenteurs, en réalité, un profond mépris pour le peuple. (Peut-être eux-mêmes, n'en
étaient-ils pas vraiment conscients?)

- des hommes de "droite" humains, ouverts et faisant beaucoup d'efforts pour faire progresser la justice sociale,améliorer l'habitat dans les quartiers dits "sensibles", etc

Je me garde donc des clivages à priori et des préjugés sommaires. Je juge sur pièces.

Bien à toi.

Veritis.


David Burlot 14/03/2011 21:32


Je n'ai pas tout regardé. J'avais un ciné à Jacques Prévert. J'ai plutôt été convaincu, normal ce DSK est reconnu comme étant un de mes camarades.
Je reste convaincu qu'il va falloir un discours de vérité. Mais cela passera aussi par une justice sociale plus importante. Et donc un Etat fort.


L'observateur impartial 14/03/2011 18:54


DSK fauché en plein vol par le tremblement de terre et le tsunami japonais. Pas une Une sur sa petite opération de com !

Comme quoi, les communicants de DSK, ont beau essayer de tout verrouiller, ils ne peuvent pas tout prévoir !

A moins que quelques consignes d'une certaine discrétion n'aient été données aux patrons du Monde ou de Libération?

Ce qui est amusant, c'est que, le journal Les Echos a quand même titré dans un petit article en première page : "Strauss-Kahn, candidat très probable en 2012" Est-ce pour rassurer les milieux
d'affaires ?