L’auto-école sociale Saddaka cité de l’Europe à Aulnay-sous-Bois

Publié le 9 Janvier 2014

auto-ecole-saddaka-aulnay.jpgLes candidats au permis de conduire n’ont pas tous 18 ans et le bac en poche. A l’auto-école sociale Saddaka, cité de l’Europe à Aulnay, on voit aussi affluer des mamans, poussées hors de chez elles par la crise. Le coût du permis était déjà un obstacle, auquel s’en ajoute parfois un autre : la difficulté à déchiffrer les panneaux. « Certains de nos élèves ne savent ni lire, ni écrire », explique Salima Bettahar, directrice de la régie de quartier Saddaka. L’auto-école sociale, qui proposait déjà des tarifs défiant toute concurrence, a créé un programme d’apprentissage spécial, en 2008. « Il nous a fallu trois ans pour le mettre au point », souligne Salima Bettahar.

L’auto-école accueille désormais un groupe de jeunes étrangers tout juste arrivés en 
France, en lien avec le foyer Concorde et un autre d’une vingtaine d’hommes et de femmes plus âgés. Parmi eux, Fatima, 54 ans, (à gauche sur notre photo) prépare l’examen du code depuis sept mois. « A l’école, en Algérie, on n’avait qu’une ou deux heures de français par semaine », glisse sur un ton d’excuse cette employée de ménage, qui a payé 900 € en trois fois pour son inscription. A raison de cinq cours par semaine, les candidats travaillent par étapes, sous la houlette d’une monitrice qui détaille la signalisation panneau par panneau, corrige les exercices de façon individuelle et s’attarde aussi sur le vocabulaire.

Ici, le permis revient à 550€ 

« C’est comme à l’école, explique Najat, 40 ans (à droite sur la photo). A chaque question, elle nous interroge : qu’est-ce que tu as répondu? Et pourquoi tu as répondu ça? ». Voilà un an et demi que cette maman de quatre enfants s’est inscrite, moyennant le prix imbattable de 550 €. Elle tente tant bien que mal de suivre les cours avec régularité. Elle passera son code bientôt. « Je travaille chez les personnes âgées, explique-t-elle. Je cours tout le temps après le bus. Souvent, quand je postule pour du travail, on me demande si j’ai le permis. Et quand je réponds non, on ne me prend pas toujours… ». Fatima se souvient de ce contrat de six mois à l’aéroport de Roissy : « C’était le stress quand je sortais de chez moi à quatre heures du matin, j’avais peur d’être en retard ou d’être agressée… A la fin, mes collègues qui venaient en voiture ont tous été prolongés. Pas moi ».

Depuis la mise en place de cette formation, l’auto-école sociale est assaillie de demandes. « Il faut compter un an et demi à deux ans d’attente », indique Saphia, secrétaire de l’association. Les candidats viennent de Drancy, des Lilas, de Paris… « Avant, le permis était un luxe, résume Fatima. Maintenant c’est un besoin ».

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #A vos quartiers !

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