Guardamar Del Segura 2/2

Publié le 3 Septembre 2010

Revenons donc à Guardamar Del Segura ( du fleuve La Segura dans le cas présent ) en quelques photos car cette ville illustre bien un phénomène remarquable par son ampleur en Espagne : l'urbanisation galopante en cours des côtes espagnoles.

guarda10(La Costa Blanca : le paradis des promoteurs et des agences immobilières. Magdalena a le sourire commercial.  Elle pourrait se reconvertir dans la politique...) 

Dans son édition du vendredi 20 août 2010, le quotidien El Pais publiait à ce sujet un article au titre sans équivoque : La destruction des plages espagnoles. On y apprend que plus de 50% des plages et 70% des dunes de la côte espagnole sont dégradées ou profondément altérées ; 60% des marais répertoriés en 1950 ont aujourd'hui disparu ; Plus de 60% des alentours immédiats des plages des côtes méditerranéennes, sud atlantiques et des archipels sont urbanisés. Si ce rythme observé lors des 60 dernières années se poursuit, on estime qu'en 2030 la totalité de la côte espagnole sera touchée par des activités humaines.

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                    (De moins 20 à 50 %, les soldes durent toute l'année dans l'immobilier espagnol)

L'auteur du papier explique que, malgré un arsenal législatif supposé protéger les un peu moins de 10 000 kilomètres de côtes espagnoles ( La Ley de Costas), une partie de ces dernières est entre des mains privées. Et plus grave encore, l'administration publique non seulement ferme allégrement les yeux sur ce qui est en train de se passer, mais participe pleinement au phénomène. Ainsi, depuis plus de 60 ans, à quelques exceptions près, la côte espagnole se gère, principalement, comme un espace économique dont les toutes puissantes industries de la construction et du tourisme fixent les règles d'usage et d'exploitation. Les municipalités côtières en profitent au passage pour construire, améliorer leurs infrastructures et financer leurs dépenses courantes.

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            (C'est un paquet d'apparts adossés à la colline. Le PLU est gentil avec les promoteurs espagnols)

Le journal poursuit son analyse en posant la question des impacts sur les espaces naturels qui abritent des écosystèmes essentiels à la diversité biologique, de l'anarchie de constructions érigées à proximité immédiate de la mer alors que des prévisions estiment qu'elle pourrait monter d'un demi-mètre à un mètre durant ce siècle, sans oublier la disparition de la richesse et de la beauté uniques du paysage côtier de l'Espagne. 

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( A Guardarmar les immeubles poussent comme des champignons. Ici le programme s'appelle Guardamar Hill)

En conclusion il est écrit : le futur est désespérant, puisque l'expérience passée et la réalité quotidienne nous montrent que, au Royaume d'Espagne, on n'a pas trouvé le moyen de concilier avec intelligence le binôme développement socioéconomique et processus d'évolution naturel de la côte. L'ambition d'un petit nombre et la complicité d'autres est en train de provoquer la perte irréparable de notre patrimoine et laissent un héritage insoutenable pour les générations suivantes.

Sous la chaleur de la Costa Blanca, ces lignes ont eu une résonnance particulière dans mon esprit. Parce qu'elles posent une question qui est d'une actualité brûlante à Aulnay-sous-Bois, à savoir la façon dont on envisage l'urbanisation. Dans l'exemple des côtes espagnoles la réponse semble sans équivoque : à marche forcée, de manière brutale et sans mesurer les conséquences. Et dans notre ville me direz-vous ?

A en juger par ce qui s'est passé à la cité Arc en ciel il semblerait que nous ne soyons guère mieux lotis. Car si chacun s'accorde sur le caractère inéluctable de la densification compte tenu de l'évolution démographique, n'y aurait-il déjà plus de marge de manœuvre, de place pour la nuance ? Faire et manière de faire ce n'est pas exactement la même chose. Or, dans le dossier Arc en ciel, nous avons touché le fond.

La démocratie participative et les élus en place se sont montrés totalement incapables de faire évoluer le projet. Ce dernier n'a pas bougé d'un iota depuis le départ. Pire, celles et ceux qui proposaient le moindre changement ont systématiquement été écartés pour ne pas dire stigmatisés. Je parle d'habitants du quartier et des élus Verts principalement. Aucune porte n'a été ouverte à l'écoute et au dialogue. J'éprouve alors un réel embarras à lire, en page 16 de la nouvelle formule d'Oxygène, Philippe Gente, élu à la démocratie locale, fanfaronner allégrement sur son bel outil démocratique. Habituellement en réunion publique il brille plutôt par son silence.

Quant aux quatre tilleuls lâchement abattus... Evidemment ce ne sont que quatre arbres. Mais comme on respecte l'environnement on respecte les hommes. Et, de ce point vue, les couper au petit matin, en catimini, au milieu de l'été, au moment où les gens du quartier se lèvent à peine est finalement très représentatif d'une certaine méthode.

Est-ce le sort réservé à toutes celles et tous ceux qui oseront se dresser devant l'exécutif municipal sous prétexte qu'ils ont une vision, une approche différentes ?

Si c'était le cas, alors... à chacune, à chacun d'entre nous de voir s'il accepte de se faire couper... comme un arbre...          

Dans le prochain épisode espagnol j'évoquerai le cas Torrevieja, située à 40 kms d'Alicante et 7 de Guardamar Del Segura, ville dont la population est passée de 58000 à 101000 entre 2001 et 2009...

Stéphane Fleury

Informations relatives aux côtes espagnoles tirées du journal El Pais : La destrucción de las playas españolas. Miguel A.Losada.  El Pais, viernes 20 de agosto de 2010.      

 

Rédigé par Stéphane Fleury

Publié dans #Somewhere in the world...

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Commenter cet article

mariella 04/09/2010 01:15


Oxygène a beau se doter d'une nouvelle parure, n'est dupe qui le veut, il reste un tissu d'aberrations notamment quand y est évoquée la démocratie, les conseils de quartier me font penser à un
théâtre de guignols, dont le répertoire devient routinier pour les spectateurs. Quelle participation des délégués et de la population ? Le vide laissé par les tilleuls de la cité Arc en ciel
rappelle chaque jour que L'ECOUTE tant vantée n'est qu'une publicité mensongère et que les habitants ne sont que des pions mais attention à l'échec au roi. Une grosse partie de la population est
maintenant clairement avisée des intentions de la municipalité, ces arbres ne sont pas morts pour rien. Les autres projets dévastateurs comme celui de Balagny ou le projet grandiose de la grande
mosquée vers les 3000 (quelle transparence !) ne sont qu'une avancée vers l'auto sabordage d'une équipe qui n'a pas su rester digne de confiance envers ses électeurs, trop de zèle tue le zèle et
crée un déséquilibre très dangereux pour l'harmonie d'Aulnay sous bois. NON A AULNAY SOUS BOIS DÉFIGURÉ !!!La construction de logements doit respecter les personnes et non pas les entasser comme
des lapins, construisons oui mais pour pour la qualité de vie !!!!!!