Seine-Saint-Denis : un plan voté pour les collèges

Publié le 18 Octobre 2010

Le Conseil Général de Seine-Saint-Denis a adopté dimanche un plan d'investissement public-privé de 703 millions d'euros en faveur des collèges du département, en l'absence des groupes communiste et de droite.

Le projet, qui prévoit un financement en majorité basé sur un partenariat public-privé, doit permettre la construction ou la rénovation de 21 collèges d'ici 2015. "Nous avons une poussée démographique que personne jusqu'ici n'a voulu voir et qui, si nous n'agissons pas, mettra 5.000 gamins à la rue dans 5 ans", a expliqué le président PS du Conseil général, Claude Bartolone.

 

 

cartecollège


"Les socialistes présentaient la Seine-Saint-Denis comme un département en faillite il y a six mois, aujourd'hui ils proposent un plan exceptionnel de 703 millions d'euros, cela manque de cohérence", ont réagi l'UMP et le Nouveau centre dans un communiqué.

"Si les partenariats privés-publics ont été créés par les entreprises, ce n'est pas pour nos beaux yeux mais bien pour en tirer le plus de profits possibles, au global on risque un doublement de la dette du département", a déclaré le seul élu communiste présent, Jean-Jacques Karman. En votant contre, Jean-Jacques Karman a tenu à préciser qu'il "était pour la réponse apportée aux besoins mais contre le choix fait pour son financement".

Le vote devait se tenir jeudi mais n'avait pas eu lieu, les groupes communiste et UMP-NC se retirant avant la fin de la séance.

 

Comme on peut l'apercevoir sur la carte ci-dessus, le 7ième collège d'Aulnay-sous-Bois apparait bien dans le sud de la ville matérialisé par un rond vert : zones potentielles de construction de nouveaux collèges...

 

Source : AFP via le figaro.fr 17/10/2010 Carte : 20 minutes du 15/10/2010

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #C'est dans le Journal

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Xavier 20/10/2010 16:46


Stéphane,

Je crois qu'il faudrait en savoir un petit peu plus sur ce partenariat public-privé s'agissant des collèges.

Il est probable que l'état calamiteux des finances du département (savoir à qui la faute est une autre question ) impose, semble-t-il, ce type de montage, à priori surprenant. Mais je me pose les
questions suivantes :

Quel est le rôle des partenaires privés dans cette affaire ? S'agit-il d'apporteurs de capitaux et si oui quelle rémunération vont-ils en retirer ? S'agit-il de co-investisseurs et, dans ce cas,
vont-ils en retirer des loyers ? Et si oui, quel sera l'impact sur les dépenses de fonctionnement futures ?

Je note, par ailleurs, qu'il y a deux reconstructions en cours, neuf reconstructions prévues, quatre rénovations/réhabilitations et six constructions de nouveaux collèges.

Je suppose que tout cela est lié à la vétusté des locaux et à l'évolution démographique du département. Et, puis, il y a, aussi, probablement, des besoins nouveaux liés, notamment, au développement
des outils informatiques.

Il n'y a donc aucune raison pour que les collégiens du département ne puissent pas bénéficier des mêmes conditions de vie et de travail que ceux qui étudient dans des départements peut-être plus
favorisés.

Mais, je ne voudrais pas que tout cela occulte l'essentiel à savoir la nécessaire mobilisation des adolescents et des parents - surtout, s'ils sont issus, comme on dit, de milieux défavorisés -
devant la bataille de l'instruction, de la formation et de l'intelligence sous toutes leurs formes.
Je n'ose parler d'éducation, même s'il s'agit aussi de cela.

De ce point de vue, les témoignages de certains professeurs, particulièrement en banlieue, sont accablants.

Que peut-on apprendre lorsque dans certaines classes, dit-on, une bonne partie du temps est consacré à la discipline ? Comment apprendre lorsque une certaine idéologie de la facilité et de
l'absence de travail fait partie de l'air du temps ? Comment progresser lorsque certains fondamentaux manquent cruellement dés la sixième : difficultés de lecture,de compréhension, absence de
maîtrise de l'orthographe, ..?

Pendant ce temps, des milliers de petits chinois ou indiens, sont, eux, fortement motivés, pour entrer dans le monde du travail et de la consommation de demain. Il ne faut donc pas s'étonner,
alors, que quelques années plus tard - même si c'est plus complexe - on se retrouve avec de pans entiers de la production mondiale assurés hors de France.

Cela nous assure beaucoup d'avantages en tant que consommateurs, mais diminue d'autant notre base productive, notamment industrielle, ce qui se traduit par des emplois en moins, des salaires en
moins, et puis des cotisations sociales et des impôts en moins...Et la boucle est bouclée : déficits du commerce extérieur, déficits de l'Etat, de la Sécurité sociale, des régimes de
retraite...

On pourrait, certes, mettre plus à contribution, les revenus financiers - et cela se fera probablement tôt ou tard - et lutter contre les paradis fiscaux, mais cela exige pour être efficace - du
moins dans un monde ouvert - d'inventer des instances véritablement efficaces et dépassant le cadre des Etats-Nations.

Comme quoi, à partir d'un petit problème de financement de collèges (pas si petit que ça d'ailleurs ) on peut développer une réflexion à l'échelle du monde entier...ou presque... pour montrer que
tout est relié en ce bas monde.

Alors, peut-être, pourrons-nous faire de la politique, au sens vrai du terme. Cela nous changera des petites querelles...politiciennes !

Bien cordialement.

Xavier