Débat sur les discriminations à Aulnay-sous-Bois. Saïd Taghmaoui comédien natif de la ville déclare : « il faut se battre avec les armes de la République »

Publié le 23 Mars 2013

SaidTaghmaoui.JPG« DiscrimiNON », c’est l’intitulé de la soirée-débat organisée ce soir par l’Association des centres sociaux d’Aulnay-sous-Bois (Acsa) au cinéma Jacques-Prévert. Après la projection du film « Fais croquer », de Yassine Qnia, le public pourra échanger notamment avec le sociologue Saïd Bouamama, ou encore l’acteur Saïd Taghmaoui (photo ci-contre). Cet enfant d’Aulnay crevait l’écran en 1995 dans le film « la Haine », de Mathieu Kassovitz. Agé de 38 ans, il mène une belle carrière aux Etats-Unis mais revient régulièrement dans la ville où habite toujours sa famille.

Pourquoi participez-vous au débat ?

D’abord pour l’échange en lui-même, mais aussi pour la ville. Je suis ici comme chez moi. Et j’ai été confronté au problème de l’égalité des chances : j’ai dû quitter la France pour réussir et me sentir français.

Quels problèmes avez-vous rencontrés à vos débuts ?

J’ai percé dans « la Haine », mais je ne connaissais pas le système. Je n’étais pas « fils de », je ne pratiquais pas le copinage, j’étais arabe… Il a fallu que je parte aux Etats-Unis pour décrocher des rôles et faire carrière. Aux yeux des Américains, je suis français. On me confie même le rôle d’un prêtre jésuite! Quand je rentre ici, j’ai à nouveau le cul entre deux chaises.

 Quel regard portez-vous sur la France aujourd’hui ?

On a essayé beaucoup de choses mais on nous divise de plus en plus. Nous sommes repliés en communautés alors qu’il ne devrait en exister qu’une seule : la France.

 Quel message voulez-vous faire passer aux jeunes ?

Ce pays est le nôtre, au même titre que n’importe qui. Il faut se battre avec les armes de la République sans violence et sans haine.

A 18 heures, 134, rue Anatole-France. Réservations au 01.48.68.08.18.

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Société

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Romuald Weymann 26/03/2013 12:41

« On a essayé beaucoup de choses mais on nous divise de plus en plus. Nous sommes repliés en communautés alors qu’il ne devrait en exister qu’une seule : la France. »

A mon sens, cette division, irrémédiable, est la conséquence de décennies de discours victimisant post-coloniaux, considérant les jeunes d'origine immigrée comme forcément victimes et handicapées;
jeunes sur lesquels des politiciens et des associations estampillées « antiracistes » ont jeté un regard paternaliste et un brin raciste.

Les politiciens n'ont pas voulu qu'ils deviennent des Français, ils les ont au contraire cantonnés dans une posture d'éternels immigrés/enfants d'immigrés : valorisation de la culture d'origine,
avec en parallèle auto-flagellation envers la France puissance coloniale de jadis, qui aurait été à la source de tous les maux rencontrés par ces jeunes.

Comment voulez-vous qu'ils se mettent à aimer un pays et se sentir de ce pays dans ces conditions ?!

Séverine Maroun 25/03/2013 16:32

Bonjour,
J'ai assisté à ce ciné-débat. Le court métrage était émouvant et réunissait tous les cas de discriminations possible. Yassine QNIA a très bien traité le sujet et en peu de temps.
cette soirée fût d'un très bon niveau, le sociologue Saîd Bouamama m'a semblé très explicite et accessible. Concernant Saîd Taghmaoui, certes très séduisant au travers de son phrasé mais aussi très
objectif et passionné par le sujet. Effectivement, nous ne pouvons donner les limites de la discrimination tellement le sujet est vaste mais je trouve très important au moins d'essayer d'oser en
parler tous ensemble.
Il faut savoir dire lorsque c'est bien et là je tiens à remercier l'Acsa pour cette soirée.