Un médecin urgentiste au Samu de Bobigny témoigne : « on forme le personnel à faire face à l’agressivité »

Publié le 24 Février 2014

3618955_11-0-4127973530_545x341.jpgMédecin urgentiste au Samu de Bobigny et élu CGT, Christophe Prudhomme, travaille avec l'hôpital Avicenne -- qui doit prochainement bénéficier d'un protocole de partenariat avec la police et la justice. Ce professionnel ne croit pas que la violence soit le problème principal des hôpitaux.

Que pensez-vous de la mise en place d'un protocole pour favoriser la sécurité dans les hôpitaux ?
CHRISTOPHE PRUDHOMME. 
C'est une manière d'instrumentaliser ce problème pour ne pas répondre aux vraies priorités, comme les locaux inadaptés, le manque de personnel. La violence à l'hôpital a toujours été un marronnier. Chez nous, la première violence reste la pauvreté.

Une présence policière à l'hôpital ne pourrait-elle pas rassurer les équipes médicales ?
Non. Dans le Samu, nous avons une règle très simple lorsque nous allons dans les cités : ne pas intervenir avec la police. C'est la même chose aux urgences. Après, s'il y a une bande ou un patient armé, il faut faire appel à elle ponctuellement. Installer un bouton-poussoir pour prévenir la police serait une bonne chose.

Avez-vous constaté une hausse de la violence à l'hôpital ?
L'agressivité est latente dans la population. Et les patients, qui sont des consommateurs dans la vie quotidienne, sont bien souvent exigeants lorsqu'ils viennent à l'hôpital où ils attendent un service de qualité. Après, faire venir la police à l'hôpital pour répondre à cette violence n'est pas du tout une solution. Chez nous, en Seine-Saint-Denis, on forme justement le personnel à faire face à cette agressivité.

Comment ?
Quoi qu'il arrive, il ne faut pas répondre par l'agressivité. La plupart du temps, les choses dérapent car les gens sont angoissés. Il faut par exemple identifier très vite les gens qui peuvent devenir incontrôlables. Et, lorsque la situation s'envenime, il faut changer d'interlocuteurs et proposer un autre médecin à la famille.

3 038   incidents d'atteintes aux personnes comme aux biens ont été recensés en Ile-de-France par l'AP-HP dans le bilan 2012 de l'Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS).

70 % des signalements concernent des atteintes aux personnes, 30 % des atteintes aux biens.

25 % des incidents se sont produits en psychiatrie, 14 % aux urgences, 10 % en gériatrie, 8 % dans des services de médecine.

51 % sont des violences physiques, 28 % des injures et insultes, 20 % sont des menaces physiques, 4 % portaient sur du chahut, des nuisances et des occupations abusives des locaux, et 1 % a toutefois atteint le niveau 4 de gravité, c'est-à-dire la violence avec arme pouvant aller jusqu'au crime.

87 % des atteintes aux biens relèvent le plus fréquemment de dégradations légères et de vols sans effraction, les vols avec effractions dans des bureaux ou services hospitaliers représentent 8 % des faits et les vols à main armée et dégradations importantes en valeur, 5 %.

Source : Le Parisien

 

 

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #93 Infos

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