Seine-Saint-Denis : pour lui prendre sa bague deux agresseurs cisaillent le doigt d’une femme de 89 ans !

Publié le 22 Octobre 2013

bague.jpgDepuis le 13 septembre, elle n’a pas remis les pieds chez elle, à Bagnolet. Cette femme de 89 ans a trouvé refuge chez ses enfants, mais elle fait des cauchemars, a perdu l’appétit et vit dans l’angoisse, comme en atteste une récente expertise qui a réévalué le traumatisme à 25 jours d’ITT (incapacité totale de travail). « Sa vie s’est arrêtée quand elle a ouvert sa porte », martèle le substitut du procureur de Bobigny en tapant du plat de la main sur son pupitre. Il tente de ramener à la conscience deux prévenus de 21 et 24 ans jugés hier par la 17e chambre correctionnelle, pour une agression dont le récit est glaçant.

Matignan et Brahima se sont fait passer pour des électriciens, venus en urgence rue Molière. Ils n’ont pas frappé à n’importe quelle porte. Ils venaient chercher des bagues et n’ont rien pris d’autre. « Oui, c’était juste pour ça », répond Matignan, qui comptait ainsi « rembourser des dettes » auprès d’un homme qu’il refuse de nommer, par « peur de représailles » et qui lui aurait fourni l’adresse.

Ils étaient en récidive

La retraitée, qui venait de recevoir la visite d’un médecin et attendait un serrurier, se laisse avoir. Elle ouvre, sans mettre l’entrebâilleur. Avec ses 45 kg et son pacemaker, elle ne fait pas le poids face à ces deux gaillards. « C’est moi qui l’ai mise au sol », répond Brahima, qui nie toute violence. « Vous en parlez comme si vous étiez des parents qui couchent leur enfant, mais vous l’avez balancée! », reprend le procureur. « Pour vous, ce n’était qu’une vieille avec ses bagues en diamant. » Les bagues, c’est Matignan qui s’en est chargé. « J’en ai tiré une et coupé l’autre avec une pince », pince qu’il avait amenée, dit-il pas très distinctement. « Ça ne vous gênait pas de couper la peau? » interroge la présidente. Matignan admet « une éraflure peut-être mais rien de tout ça ». « Il y a pourtant eu des points de suture », reprend la juge.

Si des policiers n’avaient pas été en planque dans la rue, la victime n’aurait pas été secourue si vite. Ils ne savaient pas qu’elle gisait au sol, une main en sang, les lèvres blessées et des douleurs au thorax. Ils ne l’ont découverte qu’après avoir contrôlé les deux hommes, pris en filature jusqu’à 
Paris. C’est à ce moment que les policiers ont vu les bagues et ce papier avec l’adresse et le nom de la victime. Rue Molière, la femme gémissait.

La peine encourue par les deux hommes était de vingt ans, puisqu’ils étaient en récidive. Maintes fois condamnés, ils étaient sous le coup d’une mise à l’épreuve. Leur avocate, commis d’office, s’est dite « choquée par leur absence de conscience face à la gravité des faits » et a suggéré un suivi plutôt qu’une longue incarcération. Le parquet a requis cinq ans, le tribunal les a condamnés hier soir à trois ans de prison ferme. « Et si on avait fait ça à votre mère, ou à votre grand-mère?? », a interrogé la présidente durant le procès. « Je serais énervé, en colère », répond Matignan. « Triste et en colère », enchaîne Barhima qui, à la fin, a tenté de dire qu’il était « franchement désolé » et « pas fier ». 

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #C'est dans le Journal

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Romuald Weymann 23/10/2013 08:49

Multirécidivistes, ils n'étaient que sous contrôle judiciaire...
Vachement efficace, le contrôle judiciaire ! Pointer une à deux fois par semaine au commissariat, quelle contrainte, et quelle sanction stigmatisante !

L'Etat devrait très furieusement songer à sanctionner les magistrats prononçant pour de tels individus des « peines » aussi légères, d'autant que ce type de crimes se reproduisent ici et là.