Seine-Saint-Denis : les bénéficiaires du RSA n’ont jamais été aussi nombreux

Publié le 20 Octobre 2012

RSA.jpgEffet mécanique de la crise et de la montée du chômage, les chiffres du revenu de solidarité active (RSA) explosent en Seine-Saint-Denis. Le conseil général s’alarme. Témoignages de bénéficiaires à Aulnay-sous-Bois.

« Pour moi, le RSA, c’est 417 € par mois. Tu ne peux pas vivre avec ça! » s’exclamait mardi, mi- rageur, mi- désespéré, un jeune bénéficiaire croisé à Aulnay-sous-Bois. Ils n’ont pourtant jamais été aussi nombreux à dépendre du revenu de solidarité active (RSA) dans le département.

Au 30 juin dernier, 83387 personnes ont ainsi touché tout ou partie de cette allocation, qui a remplacé en 2009 le revenu minimum d’insertion (RMI) et l’allocation parent isolé (API). La crise aidant, le nombre de bénéficiaires n’a cessé de progresser depuis trois ans. Il s’agit de jeunes sans travail, d’anciens chômeurs arrivés en fin de droits, de mamans seules… L’écrasante majorité d’entre eux (68000 personnes) touche le RSA socle, c’est-à-dire la prestation versée à ceux qui n’ont aucune activité. Les 15000 autres sont des travailleurs pauvres, qui touchent donc le RSA activité, un petit complément de revenu.  Le conseil général, en charge du RSA socle, ploie sous l’effort. La semaine dernière, le président PS du conseil général, Stéphane Troussel, s’en est alarmé, pointant une hausse de 6% depuis janvier.

Chaque année, 15 à 20 M€ de plus pour le conseil général

« Dans ce domaine, nous sommes devenus le premier département d’Ile-de-France, et le troisième du pays. Chaque année, cela nous coûte 15 à 20 M€ de plus », souligne l’élu qui a écrit au Premier ministre et au ministre du Budget pour les alerter sur les difficultés budgétaires du 93, confronté à l’explosion de ses dépenses sociales, maigrement compensées par l’Etat. Ainsi en 2012, le conseil général aura dépensé 356 M€ pour payer le RSA socle. « On a franchi le seuil psychologique des 30 M€ par mois, c’est le coût d’un collège », note une porte-parole. L’Etat n’aura contribué à cet effort qu’à hauteur de 257 M€.

Et la tendance devrait se poursuivre inexorablement. L’augmentation du chômage entraînera logiquement une hausse des demandeurs de RSA. Le président du conseil général réclame des mesures d’urgence. Les travailleurs sociaux, eux, font face à une détresse de plus en plus insoluble : « La précarité progresse, les problèmes s’enchevêtrent, du logement à la déstructuration familiale. Et les services sociaux ont de moins en moins de moyens pour y répondre », note Mathilde Sacuto, directrice générale chargée de la santé et de la solidarité à Aulnay-sous-Bois.

Source Gwenael Bourdon Le Parisien du 20 octobre 2012

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #C'est dans le Journal

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Intermittent du RSA 26/10/2012 16:03

Ah mais ces chiffres vont peut-être pouvoir baisser.
Hollande annonce que l’austérité sera mise en oeuvre par les collectivités territoriales.
Et en Ariège, le conseil général socialiste supprime le RSA à des centaines de personnes, et le revendique
http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6332