Othis, le village de Seine-et-Marne qui refuse de devenir banlieue

Publié le 9 Mars 2014

bandeau.jpgMême les avions ne viennent pas perturber le calme d'Othis (6 500 habitants), alors que l'aéroport de Roissy est pourtant tout proche. Les clients défilent toute la journée dans les commerces qui font face à la mairie et à l'église classée tandis que les parents promènent les poussettes dans les allées des lotissements jusqu'aux parcs. « C'est bien Othis. On a tout maintenant », s'enthousiasme Colette, arrivée en 1976, quand il y avait moitié moins d'habitants. Constat identique pour Jacqueline, 66 ans : « Il y a vingt-cinq ans, il n'y avait rien. Puis les commerces sont arrivés. Les jeunes ont de quoi s'occuper aussi ». « C'est une vraie ville à la campagne. Tout va bien, ajoute Benjamin, 33 ans, qui comme sa femme travaille à l'aéroport. Je suis arrivé il y a an de Bailly-Romainvilliers et je vois la différence, en ce qui concerne les impôts mais aussi l'ambiance. Cette ville a une âme. Ici, j'ai tout de suite bu un verre avec mes voisins ». Et même Cédric Nadotti, le candidat (SE) en lice contre le maire sortant, Bernard Corneille (DVG) élu au premier tour en 2008 avec 75,4 % des voix, l'admet. « On vit bien ici. La ville est belle, déclare-t-il sans ironie. Mais il faut que ça le reste ».

Car tout heureux qu'ils sont, les habitants se plaignent « d'une population qui a changé en vingt ans ». « Des gens sont venus de banlieue avec des jeunes qui ne respectent rien, déplore Karina, une trentenaire. Je n'oserai plus rentrer de boîte de nuit à pied comme il y a vingt ans ». « On a parfois du trafic de drogue juste devant les pavillons, ajoute Séverine, 39 ans et quinze ans de vie à Othis. Il y a de plus en plus de dégradations. Nous avons aussi des enfants avec des problèmes sociaux dans les classes. Et je suis inquiète des animateurs recrutés par la mairie qui parlent mal et regardent plus leur portable que les enfants ». Et puis il y a les éternels cambriolages. « Il ne faut pas laisser sa voiture dehors », note Carole, 42 ans. Le conseil municipal vient de voter l'installation de caméras de vidéosurveillance. « Facile de faire ça avant les élections », dénonce Cédric Nadotti.

Séverine a bien tenté de déménager. « Mais nos pavillons ont perdu de leur valeur », soupire-t-elle. Alors elle reste « parce que l'ambiance est bonne ». Même si aller travailler jusqu'à Aulnay-sous-Bois est loin d'être simple. « Pour rejoindre la N 2, à 2 km d'ici, il faut entre vingt et trente minutes le matin, regrette l'infirmière. Quelle galère ». « C'est parce qu'il y a trop de constructions et donc de nouveaux habitants », estime Guy. La population n'a pourtant augmenté que de cinquante personnes en quinze ans. C'est surtout à Dammartin-en-Goële, la voisine, que l'on enregistre de nouveaux lotissements. Et certes 84 logements viennent d'être livrés à Othis, mais Bernard Corneille assure qu'il continuera de défendre un urbanisme modéré.

Autre réelle difficulté pour les habitants d'Othis, décrocher un rendez-vous chez un médecin. L'installation de deux praticiens il y a cinq ans dans ce d ésert médical ne semble pas suffisante. « Pour 6 500 habitants, c'est peu », analyse Karina. « Mais ce sont les médecins qui ne veulent pas venir ! », défend Colette. « Ce n'est pas toujours la faute du maire ».

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #C'est dans le Journal

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