On continue à construire dans les zones inondables d’Ile-de-France !

Publié le 11 Décembre 2013

En cas de grande crue en Ile-de-France, 850 000 personnes seraient victimes des inondations. Pourtant, les constructions se poursuivent dans les zones exposées.

En Ile-de-France, plus de 430 000 logements sont directement menacés par la montée des eaux en cas de grande crue. Autrement dit, si le lit de la Seine venait à déborder comme en 1910, 8% de l’habitat francilien serait inondé et 850000 personnes auraient les pieds dans l’eau. C’est ce que révèle l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile-de-France (IAU), un bureau d’études du conseil régional, dans sa dernière note*.  Pourtant, architectes et promoteurs ne cessent de convoiter les bords de Seine, de la Marne et de l’Oise. En l’espace de trente ans, de 1980 à 2009, 100000 nouveaux logements ont été bâtis en zone inondable. « Et le rythme des chantiers s’accélère, souligne Ludovic Faytre, responsable de l’enquête. Il a été particulièrement soutenu au cours de la dernière décennie. » Ainsi, les zones inondables franciliennes se sont chargées de 38000 logements supplémentaires entre 2000 et 2009, contre 36000 pour la décennie 1990, et 26100 pour la précédente.

123 000 logements menacés rien que dans le Val-de-Marne

Le Val-de-Marne a accueilli, à lui seul, un quart des constructions opérées dans des secteurs à risques ces trente dernières années. Arrosé par la Seine et la Marne, il est d’ailleurs le territoire le plus menacé d’Ile-de-France, avec plus de 123000 logements en zone inondable, devant Paris (107700) et les Hauts-de-Seine (94450). Beaucoup moins exposée au fleuve, la Seine-Saint-Denis n’est concernée qu’à hauteur de 11700 logements. En grande couronne, ce sont la Seine-et-Marne et l’Essonne qui présentent le plus de risques, avec pour chacune plus de 36000 logements menacés.

La crue de 1910 avait vu la Seine monter de 8,68 m. Selon la note de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme, les ouvrages de protection développés par la ville de Paris, depuis, peuvent théoriquement protéger d’une inondation semblable. Mais le reste de l’agglomération paraît « beaucoup plus vulnérable ». L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime qu’une telle crue « impacterait cinq millions de citoyens et de nombreuses entreprises », représentant un tiers de l’activité économique du pays. De son côté, Ludovic Faytre avance qu’une inondation majeure en Ile-de-France causerait 17 à 20 Mds€ de dommages directs, imputés pour moitié à l’habitat.

* http://www.iau-idf.fr. 

Source article : Le Parisien. Vidéos : Aulnaylibre !

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Environnement

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