Les parents réclament un droit à l’éducation en Seine-Saint-Denis

Publié le 1 Mars 2013

Un collectif de parents dénonce une maltraitance en matière d’éducation dans le 93. Il propose une loi et exige un plan d’urgence.

education.jpg 

Il n’est pas sûr que Vincent Peillon, ministre de l’Education, retienne la proposition. Pourtant, elle pourrait faire grand bruit. Mercredi après-midi, au Sénat, un collectif de parents d’élèves de la Seine-Saint-Denis a fait une proposition de loi citoyenne sur la création d’un droit à l’éducation opposable, à l’instar du Dalo pour le logement. Ils ont également dévoilé 10 engagements aux parlementaires présents dans le but de contribuer à la loi de refondation de l’école et surtout à la mise en place d’un plan d’urgence pour l’éducation en Seine-Saint-Denis.

Selon le calcul de la fédération de parents d’élèves FCPE, tout au long de sa scolarité dans le primaire et le secondaire, un enfant de Seine-Saint-Denis perd environ une année d’enseignement à cause des absences non remplacées de professeurs. A partir de ce constat sans appel, le collectif propose la création d’une loi permettant aux parents d’élèves de saisir la justice ou un médiateur afin de réclamer une compensation.

Des cahiers d’espérances nés de débats et d’enquêtes

« Chaque parent doit pouvoir saisir une autorité quelle qu’elle soit (justice, médiateur…) pour assurer l’éducation de son enfant, victime d’une absence de prof martèle Mathieu Glaymann, l’un des porte-parole du collectif. La compensation pourrait être soit financière, soit sous forme de cours de rattrapage. » Objectif avoué : faire suffisamment peur à l’Etat, susceptible de crouler sous les recours, pour l’inciter à mettre des moyens pour remplacer les professeurs.

Autre proposition : la création d’une salle des parents dans chaque établissement scolaire. Le but est de (re)créer le lien entre l’institution et les parents. « Quand ils vont à l’école, c’est parce qu’ils sont convoqués et, généralement, ce n’est pas pour de bonnes nouvelles, poursuit Mathieu Glaymann. Il faut donc inverser le processus et leur donner envie de s’investir. » Enfin, le collectif voudrait également que les services décentralisés de l’Education nationale (rectorat, direction académique) fournissent les chiffres demandés par les parents sur le taux d’absence des profs, le nombre de remplaçants, le nombre de journées perdues… bref une vraie transparence.

Cette journée a aussi été l’occasion de détailler le plan d’urgence réclamé pour l’éducation dans le département. Un plan né de cahiers d’espérances, rédigés à l’issue de débats et d’enquêtes auprès des parents, qui a été présenté hier aux parlementaires invités, parmi lesquelles Elisabeth Pochon, députée PS, et Aline Archimbaud, sénatrice EELV. Cette dernière, qui a enseigné trente ans dans le département, se sent très concernée par la situation. « Je suis prête, avec d’autres parlementaires, à relayer vos propositions, vos luttes et votre mobilisation » affirme-t-elle. Autre intervenant, Stéphane Troussel, président (PS) du conseil général, qui a lui aussi assuré qu’il soutenait la démarche. « Ce département est maltraité depuis longtemps et cela doit cesser », insiste-t-il.

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Education

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article