Les déboires de la zone UA...

Publié le 27 Janvier 2010

Suite à un commentaire de Marc Fretter publié le 23 novembre dernier après un article consacré par Aulnaylibre ! à la zone UA, un aulnaysien habitant de cette zone a souhaité s'exprimer plus largement sur le sujet... Nous publions bien volontiers son écrit qui offre un instantané de zone UA le plus proche possible du terrain...


LES DEBOIRES DE LA ZONE UA            

 

 en réponse à Marc Fretter

 

J'aurais bien voulu vous rejoindre sur la valeur des terrains autour de la gare, en zone UA, malheureusement la réalité est tout autre...

 

Quelques précisions afin de mieux répondre à votre question

 

Habitant près de la gare, mais côté Nord, pas de chance et selon ce que l'on pourrait croire, un secteur très privilégié, proche des commerces,  du RER, des écoles...lieu idyllique en somme, je ne peux que détromper tous ceux qui le pensent ou même qui l'affirment de façon trop catégorique mais qui ne souhaiteraient  pas y vivre, précisant surtout que ce n'est pas le côté sud gare, c'est l'opposé dans tous les domaines! 

 

En effet, pour y vivre depuis  très longtemps, j'ai d'abord assisté à la dégradation progressive de ce quartier, à la multiplication des nuisances que bon nombre d'aulnaysiens n'accepteraient pas surtout quand je lis les  remarques de plaintes de certains aulnaysiens portant sur des feuilles qui salissent les voitures , un stationnement gênant devant une entrée de garage, une demande de ralentisseur dans une rue pavillonnaire calme car deux, trois véhicules, voire un peu plus, passent chaque jour un peu trop vite, des déjections canines sur les trottoirs, un docteur qui ne trouve pas de place autour de la clinique d'Aulnay... Ces remarques qui ne me paraissent quand même pas si graves, sont  pourtant prises en compte avec des réponses régulières dans Oxygène, page 2, ne faudrait-t-il pas relativiser les situations ?

 

Très sincèrement, j'échange les nuisances de mon secteur beaucoup plus sérieuses avec les précédentes ou avec celles des zones pavillonnaires le plus souvent assez tranquilles: une circulation intense de voitures particulières, de bus...entraînant bruits, pollution, vibrations dans les maisons...des voies, des trottoirs en mauvais état et beaucoup d'autres soucis environnementaux trop longs à énumérer qui gâchent la vie de tous les jours.   

D'ailleurs, je constate que les zones  pavillonnaires et à l'opposé les grands ensembles sont considérés, sont écoutés, dignes d'être protégées pour les pavillons, dignes d'être réaménagées pour les grands ensembles et tant mieux pour ces derniers, mais certains secteurs dont le notre avec une mixité de nombreux pavillons et de quelques immeubles ne sont pas autant pris en considération! 

 

 En effet, à cet environnement déjà peu agréable, les pavillons sont appelés à être détruits et remplacés par des immeubles sans se préoccuper de l'ensemble urbanistique des rues, de son contexte, il faut du logement dès que l'on trouve un endroit. 

Malheureusement notre secteur est en première ligne:

  • le hasard de la vente de deux pavillons mitoyens par leurs propriétaires, certainement sollicités par les promoteurs désormais à l'affût,
  • et la fameuse zone UA qui fait que nous sommes les sacrifiés...

fait qu'un immeuble imposant de ...5 étages dans un secteur aussi enclavé est prévu..."chacun comprendra la grande inquiétude sauf les "décideurs" .

Il est intéressant de constater qu'au Boulevard de Strasbourg, zone UA mais un contexte totalement différent(une hérésie du découpage des zones), une construction en cours est davantage allégée que le projet dans notre rue étroite.

 

Clairement, les pavillons sont désormais invendables en zone UA devant de telles prévisions urbanistiques: plus de pavillons en centre ville et même loin de la gare, puisque la zone UA s'étend du vieux pays au secteur Sud mais sur des voies très limitées sans trop bien se préoccuper de ceux qui y vivent, sans aucune prévision de nouvelles infrastructures pour accueillir ces afflux de population supplémentaire, sachant qu'il existait pourtant un équilibre très convenable entre pavillons et immeubles. Il est donc clair que les particuliers n'achètent plus dans un tel secteur, compréhensible si c'est pour se retrouver cerné de tours de 5/6 étages ainsi que prévu!(souvenez-vous du film avec Jean Gabin, "Le Chat"). La preuve est qu'un beau pavillon en vente , avec baisse de prix régulière ne trouve pas preneur depuis bientôt deux ans...(mais terrain trop petit pour un promoteur). 

 

On souhaite la plus grande concentration possible du centre gare déjà plus ou moins saturé, quitte notamment à faire perdre toute vie, déjà bien agonisante aux quartiers périphériques d'Aulnay, il est dommage que les erreurs du passé ne soient pas prises en compte mais il faut que chacun fasse sa propre expérience, même si c'est un échec...Donc une obligation de partir, non, on nous pousse à partir, comment vivre entouré d'immeubles, nous en avons déjà, sans visibilité déjà bien limitée, sans soleil déjà bien limité mais peu importe, nous ne sommes que de simples citoyens, ceux qui décident ou qui font les lois ne sont pas concernés, sinon...( voir les situations dramatiques de pavillons rue R.Salengro, rue du 14 juillet, rue G. Chauvin, ou autres à venir...qui ont vu s'ériger devant eux, ou en mitoyenneté des murs de 10, 15 m de haut, à qui le tour maintenant? à nous, à vous )

 

On assiste actuellement à des propositions d'achat par des promoteurs(courriers réguliers adressés à des propriétaires mitoyens dont je suis, surtout en zone UA)  de tout ce qui pourrait être intéressant de construire pour eux, pas pour nous, c'est tellement intéressant dans cette zone où le maximum possible de logements est permis, bien plus qu'ailleurs, où le maximum possible de se faire du fric est permis, bien plus qu'ailleurs. Ce sont donc eux qui fixeront les prix, car certitude acquise qu'aucun particulier n'achètera et les propositions seront même en dessous de la réalité, hormis la crise, contrairement encore à ce que l'on nous  laisse croire.

 

Mais actuellement beaucoup de logements de standing le plus souvent côté sud(4500€ le m2 au profit des investisseurs), mais des logements sociaux à venir plutôt  côté Nord et pourtant ainsi que l'a déjà fait remarquer M. Le Maire : "le centre ville se paupérise", ça on le savait depuis longtemps: communautés d'un côté, marchands de sommeil de l'autre...

 

Naturellement, s'il avait été possible d'envisager la transformation de ces quartiers mais surtout celle qui se profile et qui fait couler beaucoup d'encre à Aulnay, ne présumant rien de réjouissant, il  fallait partir avant mais comment anticiper ce "déferlement" urbanistique, maintenant c'est trop tard, pas si simple qu'il pourrait y paraître, on ne quitte pas ainsi un secteur où l'on a vécu toute sa vie, avec sa famille, avec ses amis, le hasard de la vie pas toujours choisi, surtout en Seine St. Denis, à Aulnay sous Bois..., on me comprendra et que l'on pensait malgré tout y finir sa vie bon gré mal gré mais pas dans des conditions encore aggravées, solution inextricable.

 

Ainsi, pour ceux qui toute leur vie ont économisé  pendant 30/40 ans pour acquérir un "chez soi", premier objectif de toute famille française, ce bien tombe à l'eau, totalement dévalué. Où aller avec cette misère, chacun son calvaire certes? Il faut "sacrifier à 'intérêt général", mais  pas tous, seulement certains aulnaysiens sacrifiés qui ont fait le mauvais choix , que voilà une belle déculpabilisation bien facile à évoquer pour toute tentative de réflexion même si elle n'est que du simple bon sens, même si elle n'est qu'humaine mais il est vrai qu' à notre époque, les intérêts politiques, financiers ...ont désormais pris le pas sur toute forme d'humanité pourtant l'aspect le plus riche de notre société: zone UA, centre gare...circulez ou partez ailleurs, y a rien pour vous!... Question posée à M. Le Maire ?

 

Comment peut-on comprendre que l’on semble soi-disant se préoccuper à Aulnay sous Bois d’environnement, de cadre de vie, de qualité de vie de ses habitants…par des paroles, des écrits mais que des aulnaysiens soient ainsi amenés à réagir par la création de huit associations de défense des riverains en si peu de temps..., afin de préserver, pour certains,  le minimum de ce qui leur reste, on n'avait jamais vu cela à Aulnay sous Bois alors que souvent la zone rouge est largement dépassée, mais il y a des privilégiés qui sont exemptés de l'intérêt général ...? Tout ceci devient très difficile à accepter malgré les espoirs qui semblaient  émerger…,  et pourtant :

« Rien ne se passera qui puisse avoir une influence néfaste sur le quartier, que le projet sera présenté aux riverains, que l’avis de ces derniers sera recueilli, intégré, que nous ne serons peut-être pas d’accord sur tout, mais qu’au final la décision ne se fera pas contre la majorité des riverains

 

 

    « L’époque où les mairies décidaient seules est révolue… !» 

 

Or, il est bien du rôle des élus d’une ville, des "techniciens" de l'urbanisme de prendre en compte l’ensemble de ces problèmes parmi d'autres, certes j'en conviens,  afin de les résoudre au mieux mais surtout dans  l’intérêt de tous les administrés, sans en exclure un certain nombre, sinon qui d’autre peut le faire ?

 

Je pense avoir répondu de façon très précise à votre question, étant particulièrement concerné. 

Christian.

Rédigé par Stéphane Fleury

Publié dans #Vous avez la parole

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DELLA PIETA 09/02/2010 21:20


Pour résider depuis 2 ans dans ce quartier, je ne peux que confirmer les précédents propos. Le décor du film « le chat », tourné en 1971 à Courbevoie dans le quartier de la défense alors en
construction, image le futur qui attend certains pavillons de ce quartier. 1971, c’est d’ailleurs, à quelques années près, la date des derniers travaux de la rue Fernand Herbaut et de l’impasse des
marronniers, puisqu’il s’agit de ce quartier. Vous devinez alors l’amertume de ses résidents face à l’aubaine qui s'offre aux promoteurs et au désintéressement de cette rue pour les précédentes et
actuelle municipalités, bien que cette dernière "semble" avoir enfin pris conscience de nos problèmes, autres que des déjections canines : un choix judicieux de sens-interdits et voilà 318 bus et
près de 4200 véhicules légers par jour dans une chaussée altérée de 6 à 7 mètres de large au maximum, avec stationnement des deux cotés et bien sûr aucun arbre. Nous pourrions d’ailleurs nous poser
la question du dépassement des seuils ou normes de pollution, qui sait ? Par ailleurs, mieux vaut avoir souscrit une assurance-vie avant d’entreprendre sa traversée. Un passage piéton, des
vide-ordures de voirie ont bien été demandés en réunion de quartier, on attend toujours : « Un an se passe, rien, Belle maman, l’heure tourne ! »…. La démocratie locale ou participative, ça se
trouve dans les rayons du virtuel. « Ah oui, mais vous résidez au centre ville, donc avec ses inconvénients » m’a t-on rétorqué un jour. Vous reconnaitrez là le discours stéréotypé des hommes
politiques. Il suffit pourtant de se déplacer dans la rue voisine, rue Commandant Brasseur, pour constater aucun désagrément de cette amplitude. Revenons, bien que d’autres sujets ne manquent pas
car ce quartier est une vraie commode aux mille tiroirs, sur les promoteurs. Les promoteurs sont des personnes pragmatiques : l'important, c'est leur marge. Les élus devraient avoir l’ambition de
guider les projets, c'est-à-dire d'afficher fermement leurs exigences en terme d'infrastructures. Les projets doivent être jugés en fonction de leur qualité, notamment pour ce qui a trait de
l'intégration dans l'environnement. Or, le projet actuel de construction d’un immeuble R+5 au moins, agencé à deux autres immeubles de même nature est une aberration, une erreur contraire au bon
sens de l’intégration dans l’environnement. Il ne faut pas avoir fait Polytechnique pour s’en apercevoir.