Les anciens du garage Renault d’Aulnay-sous-Bois toujours sans emploi

Publié le 27 Décembre 2013

renault-aulnayLa concession Renault d’Aulnay-sous-Bois a fermé cette année. Plus de la moitié des salariés aulnaysiens ont été reclassés. Onze ont été licenciés le 21 mai dont Alain, Michel, Jocelyn et David. Les trois premiers ont signé un contrat de sécurisation professionnelle, qui leur assure un salaire pendant un an. Pas David.

Jocelyn, 56 ans, et Michel, 57 ans, sont en formation. Depuis le 2 décembre, Jocelyn et Michel sont en formation de contrôleur technique, à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise). 100 km par jour, aller-retour, ne font pas peur aux deux mécanos. C’est la société mandatée par Pôle emploi qui leur a proposé cette formation de trois mois. « On fait du covoiturage. Ça permet d’oublier les soucis, c’est bien de réapprendre quelque chose », explique Michel qui se forme avec douze autres stagiaires, de 20 ans pour les plus jeunes. Il s’entend dire qu’il « est fou, que vu son âge, personne ne l’embauchera ». Le 8 février, il aura 58 ans. « Moi j’ai besoin de me prouver que je suis capable de faire quelque chose », explique cet homme qui continue de se lever à 6 heures, « pour garder le rythme ». « Il y a beaucoup de lois, de dates à retenir », commente Jocelyn, qui, le soir, rallume son ordinateur pour potasser ses cours. Deux examens et un stage en entreprise viendront sanctionner la formation en mars, avant d’espérer rejoindre un centre de contrôle technique.

Alain, 54 ans, attend une réponse. Alain guette son portable et sa boîte à lettres. Il attend la réponse de la place Beauvau, où il a passé un examen pratique et un oral, pour devenir mécanicien au ministère de l’Intérieur. « J’ai passé ces tests mi-octobre et on m’avait dit que j’aurais la réponse mi-novembre, mais j’ai peut-être mal compris… C’est peut-être en décembre. J’ai rappelé et envoyé des mails mais je n’ai eu aucune réponse. » Il avait bien songé à partir travailler en Dordogne, où il a des attaches, mais trouver un travail à plus de 500 km de distance est difficile. Il compte encore sur un poste de magasinier, grâce à un ami qui lui a présenté son patron. Pôle emploi, pour l’instant, ne lui a pas fourni d’offre. « J’ai rendez-vous tous les quinze jours mais on me demande surtout ce que j’ai fait, moi comme démarche », explique Alain, qui touchait 1500 € chez Renault.

David, 34 ans, est parti à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Du soleil et l’océan à portée de main. Pour les enfants de David, de 3 et 7 ans, la vie est heureuse. D’autant que leur papa est à la maison. « Ils aimeraient que je reste à la maison tout le temps! » sourit David qui, lui, préférerait que cela ne dure pas trop longtemps. Quand Renault a fermé boutique, il a refusé le contrat de sécurisation professionnelle qui lui garantissait un an de salaire mais l’obligeait à rester en Ile-de-France. Il a choisi de tenter sa chance dans le sud-ouest, où sa femme a de la famille. Infirmière libérale, celle-ci a vite retrouvé un emploi. Lui a poussé la porte de quinze concessions, à la recherche d’un poste de « réceptionneur » ou « technicien diagnostiqueur ». Il en a encore quatre à démarcher. « J’ai fait toute mon expérience chez Renault et, ici, Renault n’est pas très présent. Et les garages sont refroidis par des ventes qui ne marchent pas bien et l’incertitude du lendemain, alors les embauches… » David se laisse jusqu’à fin janvier avant de se tourner vers les missions d’intérim. « Je compte sur ma bonne étoile! », conclut-il optimiste.

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Emploi

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