Le trafic de drogue en Seine-Saint-Denis cible numéro 1 des policiers

Publié le 4 Février 2014

drogue93.jpgLa délinquance ne faiblit pas et le trafic de stupéfiants reste le problème numéro 1 en Seine-Saint-Denis. Telles sont les conclusions dressées hier par le préfet de Seine-Saint-Denis, Philippe Galli, et la procureur de la République, Sylvie Moisson, à l’occasion de la présentation des chiffres de la délinquance. « Avec 141375 faits enregistrés en 2013 par les services de police, l’activité délinquante reste extrêmement soutenue, constate Philippe Galli, le préfet de Seine-Saint-Denis. L’action conjointe de tous les services, police, douanes, justice a permis de taper durement sur les trafiquants de drogue, sans cependant enrayer le trafic. »

Preuve de l’intense activité policière, les infractions relevées en matière de trafic, d’usage et de revente de stupéfiants ont augmenté de 50,8% entre 2012 et 2013. Le déploiement des ZSP (zones de sécurité prioritaires), en septembre 2012 puis janvier 2013, a incontestablement porté un coup aux trafiquants et la situation s’est améliorée dans certains quartiers, à Romain-Rolland, par exemple, à Saint-Denis, où le trafic a quasiment été éradiqué.

L’an dernier, de nombreux dealeurs, y compris des têtes de réseau, ont été arrêtés et des saisies importantes réalisées. A Saint-Denis, les services de police ont ainsi saisi 61 kg de cannabis, près de 180000 € et 22 armes; à Saint-Ouen, 81 kg de cannabis, près de 160000 € et 15 armes; à Aubervilliers-Pantin, 231 kg de cannabis et sept armes et à Aulnay-Sevran, 26 kg de cannabis et 8 armes. Le 5 août, les policiers ont notamment découvert 200 kg de cannabis, cachés dans un garage à Aubervilliers.

Pour autant, « le trafic est toujours aussi prégnant, avec des lieux de deal très importants, notamment dans les quatre zones de sécurité prioritaires * », indique Serge Castello, le directeur territorial de la sécurité de proximité. Fait inquiétant, ces points de vente sont de plus en plus souvent multiproduits, avec principalement du cannabis mais aussi de la cocaïne et de l’héroïne.

Cible numéro un des policiers, les dealeurs, qui emploient de plus en plus souvent des jeunes mineurs comme petites mains, ont appris à s’adapter. « Ils travaillent désormais à flux tendu et les saisies sont dans l’ensemble moins spectaculaires qu’avant. Il en est de même pour l’argent qui est évacué beaucoup plus vite aujourd’hui qu’il y a trois ou quatre ans », poursuit le chef de la police en Seine-Saint-Denis.

Face à ces évolutions constantes, policiers et magistrats inventent sans cesse de nouveaux moyens de lutte. Dorénavant, dès que possible, ils s’en prennent au portefeuille des délinquants, et, en 2013, trois millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis. « Historiquement, les dealeurs blanchissaient l’argent de la drogue dans des voitures de luxe, ils ont ensuite acheté des biens immobiliers, et, aujourd’hui, ils investissent de plus en plus dans le pays d’origine de leurs parents », note Christophe Descoms, le patron de la PJ 93.

Les trafiquants ne sont plus non plus à l’abri d’une expulsion. « Le parquet de Bobigny suscite ou accompagne systématiquement les bailleurs qui souhaitent expulser les locataires impliqués dans le trafic de drogue », indique Sylvie Moisson, la procureur de la République. En 2013, trois locataires ont ainsi été expulsés pour trouble anormal de voisinage à Saint-Denis et Saint-Ouen. Plusieurs autres dossiers sont en cours.

* 4 ZSP : Saint-Denis, Saint-Ouen, Aubervilliers-Pantin et Aulnay-Sevran.

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #93 Infos

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