Le club de gym Orty Gym réservé aux femmes a rouvert au Raincy

Publié le 13 Mars 2014

3667697_11-0-4181323702_545x341.jpgA DIX JOURS du premier tour des municipales, l'affaire Orty Gym pourrait-elle nuire à Eric Raoult, le maire UMP du Raincy, qui se présente à sa propre succession dans un contexte compliqué ? Difficile à dire. Ce club de gym réservé aux femmes s'était fait remarquer, bien malgré lui, en novembre dernier, lorsque le maire avait décidé de le fermer pour des questions de sécurité. Les responsables, eux, avaient mis en avant un acte islamophobe, Lynda Ellabou, la gérante, portant le voile. Depuis début février, le club a rouvert. Et Brigitte Kadri, la nouvelle avocate, a décidé de porter plainte contre le maire pour discrimination raciale et trafic d'influence concernant la composition de la commission municipale de sécurité. Elle réclame 200 000 € de dommages et intérêts pour le préjudice économique et moral.

En septembre, quand le club ouvre, tout va bien. Mais lorsque Lynda Ellabou et son mari se déplacent en personne à l'
hôtel de ville pour déposer une autorisation d'aménagement, tout se gâte. « Le jour où le maire a vu que ma cliente portait un voile et que son époux portait la barbe, ça a été le début de leurs ennuis », soupire l'avocate. Eric Raoult fait un signalement à la préfecture qui ne réagit pas. Mieux, selon Brigitte Kadri, elle donne un agrément de conformité. « Le maire l'a mal pris. Alors, en octobre, il a monté une commission municipale fantoche avec des membres à lui qui, comme par hasard, ont estimé que le local ne respectait pas les normes », poursuit l'avocate.

Le couple essaie alors de négocier directement avec Eric Raoult. Mais, méfiant, il s'équipe d'un dictaphone discret. « Il nous a dit clairement qu'il ne voulait pas de femmes voilées, il m'a demandé de changer le nom du club et même d'activité, s'étrangle encore Lynda Ellabou. Il voulait que je fasse un salon d'esthétique. De cette manière, selon lui, c'était plus simple d'exclure les hommes. » Le blocage est 
total. Un mois plus tard, un arrêté de fermeture est pris. « La police municipale a débarqué un jour, a évacué toutes mes clientes et a fait fermer le club », raconte la future maman, encore sous le choc. Elle attaque en référé devant le tribunal administratif de Montreuil, mais elle est déboutée, les juges ne voyant pas l'urgence... La date de l'audience sur le fond n'a pas encore été fixée. Lorsque Brigitte Kadri reprend le dossier, elle décide de repartir de zéro, assure que les normes sont respectées et fait rouvrir le club début février. Sauf qu'entre-temps la moitié des adhérentes sont parties.

De son côté, Eric Raoult plaide la bonne foi. « Orty veut dire soeur en arabe et avec ces soupçons de salles de prière clandestines, on a l'impression que ce nom de club incite à venir prier dans les lieux, d'autant que la gérante porte le voile, essaie-t-il de justifier. Alors, oui, j'ai peut-être dit que je n'étais pas favorable à la présence d'une femme voilée, mais c'était pour éviter d'en faire un commerce communautaire. Voila aussi pourquoi j'ai tenté de les faire changer de nom. » Concernant la fameuse commission de sécurité et l'agrément préfectoral, le maire estime que l'avocate se méprend. « La préfecture a donné un agrément concernant l'accès handicapé, pas sur la sécurité, poursuit-il. Quant à la commission municipale, elle est composée de policiers, de pompiers, d'experts qui ne travaillent pas pour moi. »

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #93 Infos

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