Le Billet d’humeur de Veritis

Publié le 13 Novembre 2010

Retour sur le dernier Conseil Municipal…

 

Une visite … un peu décalée … au Conseil Municipal ( 3/3)

 

 

Nous passâmes alors à l’adoption d’une procédure relative à des passations de marchés à bons de commande pour des travaux de réfection, d’entretien ou de rénovation  des Bienheureux Bâtiments de notre Ravissante Commune et ce, pour les quatre années qui viennent. Différents lots devront être attribués après une procédure d’appels d’offre et de mise en concurrence à une seule entité (entreprise ou regroupement d’entreprises) et ce pour quatre ans. Au total, semble-t-il, il s’agit d’envisager entre 6,2 et 40 millions € de travaux, ce qui n’est pas une petite affaire, car des besoins urgents semblaient surgir, notamment du côté des toilettes, il paraît, en fort piteux état ! (1 à 3 millions € à prévoir). Mazette, comme on dit chez nous !…Cela étant, il y a fort à parier qu’il y a effectivement de nombreux travaux à prévoir. Encore faut-il qu’ils soient ordonnés correctement, au meilleur rapport qualité/prix et sans gaspillage.

 

Comme nous ne sommes pas spécialiste des procédures d’appels d’offre et des marchés à bons de commande, il nous était difficile d’y voir clair. Tout cela nous a paru, toutefois extrêmement précipité et fort peu documenté surtout pour des sommes aussi importantes et même s’il s’agissait comme on dit en termes techniques de dossiers « en amont ».

 

Le débat prit, alors, une tournure quelque peu technique, entre les insuffisances et les failles possibles d’une telle procédure qu’ont soulignés deux participants et non des moindres, l’un siégeant, par ailleurs, à la Haute Assemblée Nationale et l’autre au Haut Conseil Régional, et le souci, à priori louable de notre Premier Magistrat d’alléger la charge des Services Municipaux.

 

Les opinions divergèrent alors sur l’opportunité de repousser ou non au prochain Conseil l’adoption d’une telle délibération compte tenu des réserves apportées plus haut. Après quelques piques et allusions diverses entre les tenants de l’Opposition, qu’elle fût ancienne ou plus récente, et ceux  de la Majorité, la délibération finit par être adoptée à la majorité des voix, non sans que des passes d’armes aient pu intervenir entre les différents protagonistes.

 

Nous sortîmes alors d’un tel débat, en priant le Ciel que toutes les procédures fussent établies, puis exécutées de façon rigoureuse, comme il nous a été promis, et que, pour parachever le tout, des procédures de contrôle efficace puissent permettre de le vérifier. A moins qu’une initiative de l’opposition ne vienne remettre en cause une telle procédure par les voies et moyens qu’un Droit administratif complexe pourrait lui conférer…

 

Vint ensuite, une intéressante discussion à propos du Grand Canal de l’Ourcq, nous reliant à notre Bien Aimée Capitale, et dont le passé glorieux et festif pourrait être amené à ressurgir…si quelque projet, encore trop imprécis à ce jour, finissait par éclore. Tant il est vrai, que l’homme ne vit pas que de pain … mais aussi de fêtes et de jeux.

 

Il fut, également, question d’une communication relative aux méchantes ponctions que l’Etat avait décidé d’opérer vis-à-vis des organismes HLM. Monsieur le Député et Conseiller Municipal se fendit alors d’une intervention expliquant qu’il ne s’agissait que d’une réaffectation des sommes susdites en vue de financer des travaux de rénovation du parc. Et de plus, nous pensions en nous-mêmes que notre valeureux Etat était déjà lui-même en fort déficit… Difficile donc de trancher ! Mais rien n’y fit et nous nous crûmes alors revenus au temps des saloons : hold-up, association de malfaiteurs … a-t-on alors entendu sur les bancs de l’Assemblée … à tel point que nous pensâmes que les gendarmes allaient vite être convoqués pour arrêter ces gredins … lointains cousins de ceux qui opéraient jadis dans la redoutable forêt de Bondy !

 

Vint alors ce que l’on nomme dans le jargon administratif les « délibérations affichées » lesquelles portent des numéros et pour lesquelles les orateurs peuvent s’ils le désirent, et dans un cadre scrupuleux, prendre la parole à tour de rôle, à condition que Monsieur le Maire, veuille bien la conférer du haut de sa Pénétrante Sagesse Républicaine … en sa qualité de Grand Ordonnateur devant l’Eternel d’une Distribution de Paroles ciselée comme un Ballet, lui permettant, à l’occasion, de produire ses effets tout en étant sûr d’avoir le Dernier Mot puisque Président de Séance … et accessoirement ingénieur du son…coupé.

 

Parmi toutes ces questions, deux ont retenu, plus particulièrement, notre attention : celle des Arbres et par extension celle du Cadre de Vie et de l’Urbanisme ; puis celle de la Communication, mère de toutes les Batailles, comme chacun le sait.

 

Au sujet de la première question, un échange assez vif opposa Le Leader du Groupe Verdoyant, lequel groupe avait nationalement retrouvé quelques couleurs depuis qu’il avait mis un voile sur ces luttes intestines anciennes et adopté comme bannière les mots Europe et Ecologie  et notre Premier Magistrat. Ce dernier moqua, alors, leur sensiblerie excessive au sujet des arbres et se félicita, au contraire, du Grand Prix de l’Ile de France, obtenue par notre Verte Commune, en tant que Capitale Régionale de la Biodiversité. Mais nous nous dîmes alors : attention aux arbres ils conservent en eux une force totémique qui n’est pas sans effet sur l’esprit des habitants … et leurs bulletins de vote !

 

Dés lors, bien sûr, s’agissant de prix, chacun s’en attribua les Mérites, comme cela est bien normal, puisqu’il faut bien brandir des fanions lors  de joutes que l’on appelle du doux nom d’élections, revenant à intervalles répétés… Mais il nous a semblé alors que l’ardeur des nouveaux convertis (à supposer qu’ils fussent sincères) ne pouvaient masquer le travail accompli depuis longtemps par ces anciens zélotes devenus plus écoutés depuis que des scientifiques sonnèrent le tocsin sur l’état de la planète.

 

A un moment donné Notre Premier Edile s’enflamma quelque peu en donnant à son Ex-Allié remuant, mais sincère, le nom du futur adversaire qu’il allait devoir probablement affronter lors d’ une prochaine échéance électorale départementale qui, dit-on, devrait avoir lieu au mois de mars prochain. Cela déclencha l’hilarité générale de la salle, qui, il est vrai, avait bien le droit de décompresser un peu car l’atmosphère générale avait été quelque peu tendue en raison des piques et polémiques plus ou moins feutrées que Notre Maître de Céans avait pu provoquer, tout au long de la séance, avec le bagout que chacun lui reconnaît. Ce lapsus prit un relief particulier, car, comme chacun le sait, des hommes ou femmes politiques bien en vue avaient récemment vu leur langue fourcher en de bien osés rapprochements qu’une libido probablement sous-jacente leur suggérait…

 

Restât enfin l’épineuse question de la Communication et de son Budget. Question sensible s’il en est, à quelques encablures, d’une échéance rappelée ci-dessus. Chacun sait, en effet que Savoir-Faire et Faire-Savoir sont les deux mamelles du Bon Communicant. Et là, une chose étrange apparut : un accord cadre sera signé prochainement sans qu’aucun montant maximum ne soit retenu ! Il est vrai que l’énergie débordante déployée par Monsieur le Maire méritât  bien que l’on en parlât, mais des Esprits chagrins et … sûrement mal intentionnés … s’inquiétèrent alors d’une éventuelle dérive par laquelle une Information bien légitime ne fusse orientée et transformée en une   Auto Promotion à la Gloire de Notre Vénérable Leader, sans bien voir peut-être que tout cela, financé sur fonds publics propriété de tous les Aulnaysiens, imposait probablement des règles de pondération et d’équilibre qu’une Juste Démocratie devait normalement assurer.

 

Il est vrai que de multiples blogs veillaient au grain, dans cette Nouvelle Démocratie Socio-Numérique qui avaient envahi l’atmosphère aulnaysienne, mais dés lors que de trop nombreux habitants étaient encore tenus à l’écart d’un tel phénomène, une fébrilité légitime régnait dans l’Assistance où des échanges à fleurets mouchetés donnaient le ton des futures campagnes d’hiver….C’est ainsi qu’un des représentants de l’Opposition fit remarquer que sur le dépliant édité à l’occasion des travaux de l’Agenda 21, parmi les 19 réalisations ou supposées telles, 15 pouvaient être imputées à l’Ancienne Majorité.

 

Enfin, il fut question, s’agissant d’une Usine de notre Douce Commune, de l’Amiante,  cette Lèpre des Constructions Modernes, fruit d’un aveuglement ancien des Autorités et du lobbying des Industriels de la Chose. Ce sujet, donna lieu, alors, à un échange tout en finesse entre le Vice-Président du Conseil Régional, par ailleurs Leader du Parti Verdoyant, Européen et Ecologique et Notre Premier Magistrat car il apparut - probablement en raison d’un débordement excessif de travail - que les Services de ce dernier, n’avaient point saisi, une opportunité offerte par le Grand Conseil de la Région, de présenter un dossier pour obtenir une subvention de la dite région, venant en supplément de celles déjà obtenues de l’Etat ( 600 000 €) et du Département ( 500 000 €).

 

Il régna alors comme un léger flottement dans l’atmosphère…mais d’après ce que nous comprîmes…la partie n’était point perdue puisqu’ il fallait juste qu’un dossier bien ficelé fusse bien présenté, en bonne et due forme, devant les commissions compétentes…du Conseil Régional dont le Président était, semble-t-il, du même parti que notre Bouillant Premier Chevalier Municipal – mais peut-être pas de la même tendance – et dont le caractère, au dire de certains, était beaucoup plus rond, affable et accommodant.

 

Voilà, il était 23 h 3O et, pour une fois, nous a-t-on dit, la séance ne se terminait pas à point d’heure, de sorte que nous pûmes regagner notre Domicile à une heure convenable non sans avoir, au préalable, pris le pot de l’Amitié Républicaine et croqué quelques sandwichs, légumes ou douceurs dont notre Bonne France savait encore nous réserver le secret. Nous fûmes juste soucieux des éventuels excédents d’un aussi Bon Buffet, car de notre enfance pauvre, nous avions appris à ne point gaspiller.

 

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Que chacun, à travers cette chronique imagée d’une séance du Conseil Municipal se fasse une idée des méandres, des contradictions et parfois des excès de ce que l’on a coutume d’appeler la « vie politique » en notre Bon Pays de France !

 

Je ne voudrais pas terminer cette chronique sans rendre hommage au dévouement de ceux qui siégeaient autour de la table dont je mesure l’engagement et la disponibilité avec l’impact que cela peut avoir sur leurs vies familiales et professionnelles.

 

Mais je me dis, parfois, que la Démocratie gagnerait sûrement à plus d’informations et de transparence, à plus de liberté et de vérité, et même à plus de simplicité tant à l’évidence  la vérité est rarement celle d’un seul camp, surtout lorsqu’il s’agit d’une vie municipale diverse et complexe qui mérite, en toute logique, apaisement, échange, honnêteté et intelligence réciproques fondé sur un réel respect et une écoute véritable des citoyens.

 

De nombreux témoignages indiquent que cela n’a pas toujours été le cas. Est-il possible que de nouvelles règles existent désormais afin de faire respecter un tel état d’esprit ?

Est-il possible de concevoir une autre manière de « faire de la politique », une autre façon de concevoir les affaires de la Cité ? Seul l’avenir nous le dira.

 

Veritis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Stéphane Fleury

Publié dans #Le Billet de Veritis

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Xavier 15/11/2010 18:56


Cher Hervé,

Merci beaucoup pour ton gentil commentaire.

Je ne connaissais pas les "Chroniques du Sarkozystan"de D.Schneidermann.

En revanche, je me suis un peu inspiré, pour le style, des chroniques sur le règne de Nicolas 1° de P. Rambaud, qui m'avaient fait mourir de rire, puisqu'il épinglait à peu près tout le monde, de
droite ou de gauche, avec beaucoup de talent. (ed. Grasset)

Lui-même s'est pas mal inspiré des chroniques de Saint-Simon à propos de la Cour de Louis XIV.

En croquant tout à la fois, les travers de caractère, les ambitions protéiformes, les phénomènes de cour et les stratégies obliques de ceux qui détiennent une parcelle de pouvoir ou qui aspirent à
en détenir une, il offre un panorama saisissant et réjouissant de la comédie humaine. Cela va de la Baronne Dati jusqu'à la Dame du Haut-Poitou, en passant par le Cardinal Guéant, le Chevalier
Guaino. C'est tout dire...

Alors, moi, ça m'a amusé de croquer une séance du Conseil municipal! Ne serait-ce que pour détendre un peu l'atmosphère...sans gommer pour autant, les enjeux démocratiques qui s'y nouent.

Mais je l'ai fait en toute honnêteté, en essayant de rapporter les interventions saillantes des uns et des autres, en croisant et en recoupant les informations et en apportant un peu de fond, parce
qu'au delà du pastiche qui relève du second degré, il y a, je crois, beaucoup d'enseignements à tirer sur le plan des moeurs politiques et de l'esprit démocratique...

Quant à mon nom de plume, je vois que tu ne t'y fais toujours pas !

Pourtant, il n'y a rien de mystérieux là-dedans. A la réunion des blogueurs, je n'avais pas mis la burqua. Je suis donc aisément reconnaissable. Je circule dans la rue en toute liberté. Je fais mon
marché. Je vais voir des spectacles à J. Prévert ou au Cap. Je participe à des réunions qui concernent l'avenir d'Aulnay, etc...

Il faut donc prendre cela comme un jeu, parce qu'au fond, pour moi, la vie n'est qu'un jeu...Je ne confonds donc pas le sérieux avec lequel on peut faire les choses et l'esprit de sérieux...

De plus, on a trop souvent tendance à personnaliser les écrits, alors que, comme chacun sait, les écrits bien souvent nous traversent, ce qui permet alors d'exprimer une forme de vérité qui dépasse
notre propre personne.

Pour autant, j'essaie de dire des choses que je crois justes, c'est cela seul qui a de l'importance à mes yeux. Si, à travers mes chroniques, je pouvais toucher quelques personnes, faire passer
quelques messages qui, au surplus pourraient être compris et entendus, cela suffirait à mon bonheur.

J'inclus là-dedans, y compris notre Premier Magistrat, qui s'il prenait le temps de lire quelques blogs, pourrait peut-être en tirer quelques enseignements et modifier cette façon un peu brutale et
autistique d'administrer la ville, ce qui a le don d'irriter un nombre croissant d'Aulnaysiens. Certains me disent que c'est un voeu pieux ! Je ne sais.

Ma parole est libre et non institutionnelle. C'est peut-être pour cela qu'elle peut présenter un certain intérêt. Comme la quasi-totalité des citoyens, je ne suis membre d'aucun parti politique. Je
ne roule pour personne. On ne peut pas me classer aisément. Je suis libre comme l'air. Insensible à toutes pressions d'où qu'elles viennent. Je donne juste mon grain de sel.

Bref, je suis un peu comme le vent qui éventuellement peut semer quelques graines. Alors comment peut-on m'appeler? Brise, Alizé, Vent d'autan, Sirocco ? Je te laisse le choix...

Je comprends que mon choix surprenne quelque peu le microcosme aulnaysien. Mais si j'ai pris cette option, c'est aussi pour sortir des raisonnements classiquement institutionnels, déplacer des
lignes, offrir un espace de liberté nouveau.

Sans vouloir, le moins du monde, me comparer à eux, j'ai tout de même de glorieux ainés. Lorsque H. Beuve-Méry, fondateur du Monde, s'exprimait dans son journal il le faisait sous le nom de Sirius
(et ce pour exprimer un certain recul sur les choses). Lorsque la direction des Echos, veut s'exprimer en un éditorial, elle signe toujours "Favilla". Et ainsi de suite...jusqu'à A. Gorz, qui
lorsqu'il signait des articles dans le Nouvel Observateur le faisait sous le nom de M. Bosquet.

Donc, rien de nouveau sous le soleil! Il faut savoir aussi faire son miel de ce qui peut déranger ou dérouter. Juste une certaine idée de la liberté...

Nous aurons sûrement l'occasion d'en reparler.

Bien cordialement.

Veritis.


Hervé Suaudeau 14/11/2010 00:16


J'ai beaucoup aimé cette série qui m'a fait penser aux "chroniques du Sarkozistan" de Daniel Schneiderman.
Je regrette toujours qu'une plume comme toi brise son talent en n'assumant pas ses propos publiquement sous son nom. Néanmoins, pour les propos humoristiques tels que ceux-ci, cela a moins
d'importance.