La ville a grignoté plus de la moitié de la région Ile-de-France

Publié le 1 Mars 2013

Les surfaces agricoles représentent désormais moins de la moitié de l’Ile-de-France. Les exploitants sont aussi confrontés à des hausses de prix du foncier (+170 % en dix ans).

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Tout un symbole. Jusqu’à présent, c’était l’un des slogans de la région Ile-de-France : « Plus de 50% de notre superficie totale est couverte par des espaces agricoles », se vantaient les élus. Un slogan qui n’est plus de mise, puisque les surfaces agricoles n’occupent désormais plus que 48% de la région parisienne. Des chiffres que l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) vient de rendre publics, alors que le Salon de l’agriculture bat son plein, depuis ce week-end, à la porte de Versailles, à Paris. Une autre étude sur le foncier agricole vient aussi noircir le tableau pour les exploitants franciliens cherchant à s’installer ou à s’agrandir. Ces derniers doivent faire face à une flambée des prix : en dix ans, les terres agricoles ont quasiment triplé, « ce qui traduit bien la concurrence actuelle sur des terres de plus en plus rares dans une métropole comme l’Ile-de-France », résume l’IAU.

L’Ile-de-France a perdu une exploitation sur cinq en dix ans. Le dernier recensement effectué par l’IAU révèle la présence de 5075 exploitations agricoles en région parisienne. « Au début des années 2000, on en comptait 6500 », rappelle l’IAU. Soit une baisse de plus de 20%. L’Institut d’aménagement et d’urbanisme tente d’atténuer le phénomène en soulignant que « ce mouvement de baisse ralentit un peu, car, pour la période 1988-2000, la diminution avait été de 33% ». Pourtant, du côté des professionnels, on lance un cri d’alarme. « Chaque année, ce sont 1300 ha qui sont grignotés par le Sdrif (NDLR : schéma directeur régional d’Ile-de-France), dénonce la chambre d’agriculture d’IDF, qui regroupe les exploitants du Val-d’Oise, de l’Essonne et des Yvelines. Nous sommes conscients qu’il faut construire des logements. Mais, si on continue de grignoter autant de terres agricoles, les gens auront un toit, mais plus de quoi se nourrir. » Petite note positive dans ce diagnostic. En trois ans, les surfaces passées à l’agriculture biologique ont augmenté de 70% et la vente des produits à la ferme a le vent en poupe, avec une augmentation de 49%.

La valeur du foncier rural a presque triplé depuis 2001. Pour chiffrer l’évolution du marché du foncier rural, l’IAU s’est associée à la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural). « Alors que, depuis 2008, la crise a ralenti le nombre de transactions, les prix des terres agricoles n’ont cessé d’augmenter, note la Safer. Le prix moyen des terres se stabilise maintenant à un prix très élevé : 6,54 €/m2, soit une progression de 170% depuis 2001. »

La valeur des champs a donc presque triplé en dix ans. Les agriculteurs ont pourtant besoin de s’agrandir. « Actuellement, les exploitations franciliennes tournent autour des 110-120 ha, indique Christophe Vincent, jeune agriculteur près d’Etampes, alors qu’on estime que, pour être viable, il faut une exploitation de 150 ha. Mais racheter des terres devient impossible : certains promoteurs fonciers ont fait flamber les prix et nous, les agriculteurs, nous ne pouvons pas nous aligner. »

Si en Seine-et-Marne, où les surfaces se distinguent par leur ampleur, le prix moyen est en baisse et s’établit actuellement autour de 3,50 €/m2, le Val-d’Oise, les Yvelines et l’Essonne atteignent, en ce moment, des prix records, oscillant entre 14 €/m2 et 9,50 €/m2. « Les acquéreurs non agricoles dominent le marché, déplore la Safer, qui a mis en place des cadres pour endiguer cette situation. En 2011, seulement 942 acquéreurs étaient agricoles, contre 3260 ventes réalisées par des acheteurs privés ou des collectivités territoriales. »

Et en dix ans, les pressions foncières ont évolué : très fortes auparavant à l’ouest et au sud-ouest de la capitale, elles se sont « étendues à l’ensemble des franges de l’agglomération parisienne, avec une progression particulièrement marquée en Seine-et-Marne ». 

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Environnement

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bessaguet 01/03/2013 13:56

D'où l'intérêt de lutter contre l'étalement urbain en densifiant les espaces déjà urbanisés. Mais cette mutation d'aménagement ne peut être réalisée qu'accompagnée d'une réelle concertation tout en
sauvegardant l'harmonie des tissus urbains existant. C'est ici que beaucoup d'élus se heurtent à une levée de boucliers car leurs décisions sont imposées en affirmant qu'aucune autre n'est possible
et que l'urgence ne peut permettre une réelle concertation. C'est bizarre, cela me rappelle une ville de Seine Saint-Denis...

henri 01/03/2013 08:50

je pense que la faute est: la densification
le changement de PLU
si l'on garde les terrains en zone agricole impossible de construire