La santé des riverains des aéroports passée au crible

Publié le 24 Février 2013

Cinq cents habitants proches de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle vont servir de cobayes pendant quatre ans pour mesurer l’effet du bruit sur l’organisme. 

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C’est une étude épidémiologique sans précédent en France que viennent de lancer le ministère de la Santé et l’Acnusa, l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires. Pendant quatre ans, des chercheurs vont étudier la santé de 1 000 riverains des aéroports de Roissy, Lyon et Toulouse dont 500 personnes rien que pour la plate-forme francilienne. Objectif : mesurer les effets du bruit des avions sur la population (autour de 1,5 million de Franciliens sont survolés à moins de 3 000 m).

Londres et Francfort ont déjà réduit les vols de nuit

« L’originalité de cette étude, c’est sa durée », se réjouit le docteur Joëlle Adrien, membre de l’Acnusa et directrice de recherche à l’Inserm. Premier volet : « Déterminer dans quelles zones de bruit la santé des populations est détériorée ou pas », explique le docteur Adrien. Les chercheurs recouperont les données des médecins et des hôpitaux : « Nature des consultations, consommation de médicaments et de psychotropes, etc. » Pour le second volet, 500 riverains de Roissy joueront les cobayes. Tous les deux ans, ils passeront un check-up : dosage de l’hormone de stress, contrôle cardiaque, tension… « Nous pourrons ensuite nous appuyer sur des données concrètes pour obtenir la limitation de l’exposition des populations aux nuisances aériennes », poursuit Joëlle Adrien.

Une étude qui arrive trop tard et désormais inutile, tranche l’Advocnar, l’Association de défense contre les nuisances aériennes de Roissy. « Depuis six ans, il y a eu beaucoup d’études, notamment en Europe, rappelle Alain Péri, son vice-président. Elles ont démontré l’impact du bruit des avions nocturnes sur la santé. » Alors « pourquoi une nouvelle étude ? » s’interroge Alain Péri. « Les pouvoirs publics se donnent encore cinq ans pour ne rien faire. A Londres et Francfort, nos voisins ont déjà admis qu’il y avait un vrai problème de santé publique et pris la décision de réduire les vols de nuit. Ici, la santé des Franciliens est traitée avec mépris. »

A Roissy, environ 60000 mouvements d’avions par an sont enregistrés entre 22 heures et 6 heures. Deux fois plus qu’à Londres-Heathrow…

L’insonorisation remboursée à 100%. Les Franciliens les plus gênés par le bruit des avions de Roissy et Orly ont encore jusqu’au 31 décembre pour bénéficier d’une prise en charge à 100% du diagnostic et des travaux d’insonorisation par Aéroports de Paris, dans la limite du plafond. Pour y prétendre, il faut habiter dans le périmètre des plans de gêne sonore d’Orly et Roissy. Et le logement ne doit pas avoir été construit après la création des plans d’exposition au bruit. Pour savoir si vous pouvez prétendre à cette prise en charge, appelez le 0810 87 11 35. Renseignements sur www.entrevoisins.org.

 Source : Le Parisien

 

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Environnement

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Romuald Weymann 25/02/2013 10:29

Ce qui est assez ironique, c'est que le ministère de la Santé lance cette étude, alors que certains ministres et même le premier d'entre eux soutiennent bec et ongles la construction d'un grand
Ayraultport à Nantes...

J'ai une collègue qui résidait à Roissy-en-France vu qu'elle bosse à Roissy; elle ne semblait pas spécialement dérangée par les nuisances sonores. Elle a obtenu sa mutation dans un autre service
donc je n'ai pas eu le temps de lui demander confirmation, mais j'imagine qu'elle bénéficiait d'un double voire triple vitrage !...

A Orly, je sais qu'ils n'ont aucun vol de nuit, mais je ne sais pas si c'est lié aux nuisances.
D'ailleurs il arrive parfois que des vols internationaux destinés à atterrir à Orly mais retardés dans l'aéroport de départ finissent par atterrir chez nous à Roissy.


Après, se greffe une réalité économique, Roissy CDG par exemple représente quelque 90.000 emplois...

Quant à la totale prise en charge de l'insonorisation, quel ministère va-t-il pouvoir/vouloir débloquer de telles subventions, sachant que les seuls ministères jugés prioritaires par le
gouvernement sont l'Education, l'Intérieur, la Justice ?...