La région Ile-de-France n’a jamais eu autant de défis à relever !

Publié le 7 Janvier 2014

Jean-Paul-Huchon.pngLe président socialiste du conseil régional présentera ses vœux 2014 aux Franciliens jeudi prochain. Une année charnière pour la région capitale avant la préfiguration de la métropole du Grand Paris qui prendra ses marques pour le 1er janvier 2016 et les élections régionales prévues en 2015. Sur la place, les compétences et les pouvoirs du conseil régional face à l’Etat et au Grand Paris, sur le développement économique, la culture, le logement, les transports, mais aussi sur son éventuelle candidature en 2015… Jean-Paul Huchon répond aux questions du Parisien.

Craignez-vous toujours, avec la création de la métropole du Grand Paris qui regroupera les villes et départements de la Petite couronne parisienne, que le conseil régional devienne une coquille vide sans pouvoirs, qui n’intervienne plus que sur la grande couronne? Heureusement, cette hypothèse est aujourd’hui écartée. La deuxième loi de décentralisation qui va être votée au printemps doit d’ailleurs apporter un élargissement des pouvoirs de la région, notamment concernant le développement économique qui devient ainsi le quatrième pilier de l’action régionale avec les lycées, l’apprentissage et les transports. Cette loi va consacrer le caractère de chef de file unique de la région en la matière. L’activité économique de la métropole sera soumise aux orientations de la région. Par ailleurs, je rappelle que la totalité de la responsabilité des transports nous revient désormais par l’intermédiaire du Stif (NDLR : syndicat des transports d’Ile-de-France). Y compris le Grand Paris Express, le supermétro du Grand Paris dont la réalisation débutera fin 2014 - début 2015 entre Sèvres et Noisy-Champs.

Justement en matière de transports, le passe Navigo à tarif unique qui devait être mis en place en 2014 ne le sera pas. N’est-ce pas un échec?
C’est un engagement que nous avons pris en 2010. Il coûte 400 M€, une somme que je ne veux pas soustraire au budget du Stif car elle nous empêcherait de réaliser des investissements indispensables. Aujourd’hui, la moitié du chemin est faite. 175 jours sont dézonés dans l’année. Pour aller jusqu’au bout, il n’y a qu’une solution : harmoniser le versement transports(NDLR : la part du budget du Stif assurée par les entreprises), c’est-à-dire l’aligner sur ce que paient les entreprises de Paris et des Hauts-de-Seine qui versent le plus. Cette question doit se régler avec le patronat avec qui je vais engager les discussions cette année en vue de l’obtenir pour 2015. J’y crois beaucoup.


Et la hausse de la TVA de 7 à 10% qui s’est répercutée cette année sur le coût du passe Navigo pour les usagers?
Je pense avoir retenu l’attention du ministre du Budget sur ce sujet. Il faut maintenant que les transports urbains du quotidien, qui servent le plus souvent à se rendre de son domicile à son lieu de travail, puissent être classés comme biens de première nécessité, contrairement à l’avion ou au TGV par exemple. J’y suis très attaché. Avec le ministre du Budget, nous envisageons une démarche à Bruxelles, auprès du Parlement européen, pour obtenir cette reconnaissance et un retour à un taux de TVA réduit.


Qu’en est-il de la question des compétences en matière de logement?
Nous finançons de fait jusqu’à 20% des programmes de logements en Ile-de-France. La région a ainsi permis de créer 30000 logements ces deux dernières années. Elle finance également en moyenne 4000 logements étudiants par an, mais cela ne suffit pas. J’ai proposé au gouvernement que l’effort en faveur des conditions de vie des étudiants en Ile-de-France (logements, bibliothèques, laboratoires, numérique…), fasse l’objet d’un plan de mobilisation comme pour les transports. Nous sommes prêts à mettre 65 M€ par an pour ce plan chaque année. L’Etat pourrait amener autant.


Ne craignez-vous pas, comme le souligne Roger Karoutchi, le président UMP de la commission des finances à la région, qu’une grande partie de la dotation d’Etat de la région soit transférée à la Métropole?
S’il y a bien une chose qui n’est pas possible, c’est que l’argent de la région, qui est plutôt bien utilisé, soit pris pour financer la métropole sur des actions qui sont de notre compétence. Ça m’étonnerait beaucoup que le gouvernement aille dans ce sens. Nous finançons de nombreux dossiers en partenariat avec l’Etat. S’il baissait arbitrairement nos dotations, nous ne pourrions plus participer et tout le monde y perdrait. J’ai toujours dit que je ne voulais pas d’une région à deux vitesses. Nous avons réussi à maintenir la solidarité régionale tout en donnant à la zone centrale sa propre expression.


Où en sont vos rapports avec vos alliés écologistes, parfois tempétueux par le passé?
Avec les écologistes nous avons été partenaires et parfois concurrents comme lors des dernières élections régionales. Aujourd’hui, avec eux, nous gérons notamment les transports, le logement, le Sdrif, la santé, le social… Il y a une certaine modernité dans leur réflexion. Ils ont aidé les socialistes à sortir d’une vision uniquement productiviste et ont contribué à faire évoluer la politique de la région vers une transition écologique. Ce qui m’étonne le plus, et me fait plaisir, c’est que nous avons aussi de bons rapports avec les communistes. Contrairement à ce qui se passe au niveau national, ils ont voté le budget régional.


Et avec l’opposition UMP?
Madame Pécresse (NDLR : chef de file du principal groupe d’opposition de droite) n’a pas de projet. Je n’entends de sa part qu’une entreprise de démolition systématique. J’aimerais avoir quelqu’un avec qui débattre.


En 2014, le rôle de président de la région Ile-de-France est-il toujours intéressant?
Bien sûr que c’est intéressant. Intéressant de donner une vision à la région, d’accomplir ce qui reste à accomplir. Pour cela il faut du temps. Aujourd’hui j’ai le sentiment que l’évolution du rôle de la région va dans le sens que je souhaite. On a pris notre place. Ça a été pénible, très long. Nous sommes la dernière collectivité locale créée, en 1986. Il a fallu s’imposer.


Comptez-vous vous représenter en 2015?
J’ai l’impression que le conseil régional est désormais considéré comme une structure attractive pour de nombreux élus. Mais pour diriger l’Ile-de-France, il faut avoir une majorité : nous l’avons et elle fonctionne. Il faut aussi avoir la vocation, aimer les gens. Deux atouts qui me sont chers. Mais pour l’instant je suis en plein travail. La région n’a jamais eu autant de défis à relever. Je veux obtenir des résultats, je veux avancer. La question de la candidature se posera plus tard. 

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #C'est dans le Journal

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