La maison passive. Episode 3.

Publié le 13 Avril 2010

La maison dite "passive", à l'isolation exceptionnelle, devrait s'imposer comme la norme thermique de demain. Ses performances lui permettent de se passer de système de chauffage classique.

Episode 3 : la maison passive, un excellent placement.

Une maison passive, comment faire ?

La maison passive est a priori hors de portée des auto-constructeurs : sa conception exige une approche assez radicalement nouvelle, qui mêle une très bonne technicité dans la méthode de travail et le savoir-faire. Les corps de métier doivent être très coordonnés et formés avant cela. Par exemple, il ne s'agit pas que l'électricien, par méconnaissance, dégrade la performance de l'enveloppe en y perçant des trous pour y faire passer ses gaines. La conception exige une réflexion pointue, intégrant le plus possible en amont les interventions successives des professionnels. C'est souvent en atelier que se gagnent de telles performances : précision d'usinage des panneaux, incorporation d'éléments divers (isolant, gaines, etc.) pour éviter des opérations indésirables en aval (découpes, perçages, etc.), joints sur mesure, etc.

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Le logiciel Passive House Planning Package (PHPP), d'abord destiné aux maîtres d'oeuvre, aide à la conception des habitations passives et permet de valider ses performances dans le but d'obtenir le prestigieux label Passivhauss. Il est donc recommandé de s'adresser à des spécialistes de la maison passive. Hélas, ils sont encore très peu nombreux en France.  La porte d'entrée, c'est, cependant, l'architecte. Ce concept est accessible à tout bon professionnel. Il faudra qu'il assume un rôle de chef de projet. Le passif n'est pas réservé au neuf. Parce qu'aucune des techniques utilisées n'en est exclusive (il s'agit plutôt de pousser les meilleures pratiques classiques jusqu'à l'excellence ), il est possible de les appliquer à des bâtiments anciens ( tertiaire, collectif, individuel) - en rénovation lourde. On parvient à des résultats très satisfaisants, avec des économies d'énergie allant jusqu'à 95%. S'il est généralement exclu d'atteindre le seuil des 15 kWh/m² annuels d'énergie de chauffage, on tombe couramment en dessous de 30 kWh/m².

La maison passive, un excellent placement.

La construction passive coûte plus cher à l'investissement que la construction neuve standard. Mais à peine 15% de plus pour les habitations au label Minergie-P. Sur le marché allemand, en plein développement, où l'on dispose de plusieurs années de recul, le surcoût peut tomber à 10% seulement en maison individuelle, voire à 5% en résidence groupée. Certains constructeurs s'alignent même parfois sur les tarifs de la construction standard. Et, dans le tertiaire, il arrive que l'on constate des coûts inférieurs jusqu'à 5%. Notamment grâce à l'économie importante que représente l'absence de système de chauffage collectif classique, mais aussi par l'efficacité d'une conception très soignée.

De fait, la construction passive représente un optimum de rentabilité quand on considère l'économie d'énergie (dont la valeur ira en augmentant avec la crise du pétrole...) pendant la durée de vie du bâtiment. Ce placement énergie rapportait jusqu'à 1000 euros par an (valeur 2007, en Allemagne). Le retour sur investissement peut ainsi approcher une douzaine d'années, ce qui est très attractif pour un bien qui n'aura probablement pas besoin de rénovation importante avant 30 ans, voire plus.

Quelques sites web pour aller plus loin :

http://www.passivehouse.com/

http://www.lamaisonpassive.fr/spip/index.php

 

Source : Patrick PIro, Biocontact n°199

 

 

Rédigé par Stéphane Fleury

Publié dans #Environnement

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MOBzine 13/04/2010 21:05


Et pour réaliser une maison passive, rien de mieux qu'une maison à ossature bois.
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