La maison passive. Episode 1.

Publié le 7 Avril 2010

La maison dite "passive", à l'isolation exceptionnelle, devrait s'imposer comme la norme thermique de demain. Ses performances lui permettent de se passer de système de chauffage classique.

 

Retour sur ce concept en trois épisodes . Episode 1 : qu'est-ce qu'une maison passive ?

 

La maison passive... Peut-être connaissez-vous cette dénomination un peu ambiguë : un qualificatif plutôt péjoratif (on préfère les actifs, dans la société productive...) pour une habitation très désirable.

 

"Passive", parce qu'elle n'a plus besoin de système de chauffage -ou presque : adieu la chaudière, les convecteurs, le gros poêle, le bâti conserve tellement bien les calories que l'ensoleillement ainsi que le dégagement de chaleur dû au métabolisme des occupants et aux divers appareils suffisent à assurer le confort thermique - l'équivalent de trente bougies, autre image frappante.

 

ag_maisons_passives.jpg 

C'est en Allemagne que naît ce concept audacieux et très pragmatique, à l'initiative de chercheurs qui se lancent le défi, dans les années 1980, de mettre au point une Passivhaus (maison passive). Cela revient à limiter les pertes thermiques à 15 kilowattheures par mètre carré et par an (kWh/m² par an) - soit un besoin de chauffage de 150 litres de fioul par an pour 100 m² habitables ! Grâce à la traque méthodique de toutes les déperditions, l'exploitation optimale des apports solaires, etc., et surtout une isolation très poussée.

Les labels existants

 

Le standard "passif" dépasse, et de loin, toutes les exigences réglementaires. Il fait l'objet d'un label Passivhauss certifiant que la construction respecte un cahier des charges :

 

-  la maison ne doit pas consommer plus de 15 kWh/m² par an d'énergie de chauffage (environ quatre fois moins qu'avec l'actuelle réglementation thermique française RT 2005)

 

- la consommation totale d'énergie primaire de la maison (chauffage, eau chaude sanitaire et consommation électrique des appareils) doit rester inférieure à 120 kWh/m² par an

 

- l'étanchéité à l'air doit être telle qu'une différence de pression de 50 pascals entre l'intérieur et l'extérieur de la maison (obtenue par le test dit "de la porte") ne doit pas laisser fuir plus de 0,6 fois son volume d'air, ce qui est beaucoup plus exigeant qu'avec la RT 2005, et encore de trois fois plus qu'avec le label Bâtiment basse consommation (BBC).

 

Il existe un autre label "passif" : le Minergie-P suisse. Avec des exigences de même ordre que le Passivhaus, il impose (principalement) une consommation maximale de 30 kWh/m² par an d'énergie primaire pour le chauffage, l'eau chaude sanitaire et la ventilation, ainsi qu'un coût ne dépassant pas de plus de 15% celui d'une construction classique. Le label Minergie-P-eco est attribué à ceux de ces bâtiments qui se distinguent de surcroît par la qualité sanitaire et écologique de la construction (choix des matériaux, impact sur l'environnement, etc.). Minergie dispose d'une antenne en France pour décerner son label à des bâtiments.

 

A suivre épisode 2.  Le secret de la maison passive : une enveloppe à toute épreuve.

 

Source : Patrick Piro, Biocontact n°199.

 

Rédigé par Stéphane Fleury

Publié dans #Environnement

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Commenter cet article

Rémy Moos 07/04/2010 18:11


c'est bien ton article, il faut préciser que PASSIVHAUS est le label allemand. Un fan de la maison passive...site français dont j'ai été membre deux ans :
http://www.lamaisonpassive.fr/spip/index.php