La démocratie, dans quel état ? (2/3)

Publié le 2 Avril 2011

oligarchieL'oligarchie décrite et analysée par les intellectuels n'est pas une organisation ou système politique identifié en tant que tel. Le propre de cette oligarchie est d'être "invisible", c'est-à-dire sans structure apparente, sans hiérarchie, ni chef. C'est ce que mentionne Alain COTTA dans Le règne des oligarchies. L'auteur fait ici état du fonctionnement oligarchique de nos sociétés : partout sur la planète, le pouvoir est aux mains d'une poignée d'individus dans la sphère économique, financière, politique, sociale, médiatique.

Guidés par le seul appât du gain, les détenteurs du pouvoir économique et financier accroissent leur hégémonie en convertissant les élites politiques à l'idéologie du marché mondialisé et sans entrave (c'est-à-dire dérégulé). Le pouvoir de l'argent est sans partage et, tel un rouleau compresseur, semble avoir fait table rase de nos velléités démocratique. D'autant plus, nous dit Alain COTTA, que le citoyen a sombré dans une sorte d'apathie et se sent impuissant à opposer une quelconque résistance aux appétits dévastateurs des oligarques. Vous avez dit démocratie ? Un mythe.

Qui doit redevenir réalité, clame Hervé KEMPF dans L'oligarchie, ça suffit, vive la démocratie. Là aussi, l'auteur met en évidence (de manière très documentée) la main mise sur le pouvoir par une caste détentrice de capitaux (en gros les riches) qui entend bien accroître et défendre ses privilèges au détriment des populations. Point de démocratie donc, mais une oligarchie prédatrice et consciente de son pouvoir. Mais l'auteur ne s'arrête pas à  ce froid constat. Il invite en effet à réinventer la démocratie, à lui redonner sens et corps, bref à mettre fin au diktat des oligarques. Hervé KEMPF lie cette indispensable résurgence démocratique aux problèmes écologiques : la gestion de nos ressources et leur exploitation concerne l'ensemble des citoyens. C'est notre "bien commun" et doit donc occuper une place centrale dans nos démocraties.

Mais ce n'est pas le seul bien que nous possédons. Dans où est passé le bien commun ?, François FLAHAUT dépoussière cette antique notion et tente de la redéfinir par une approche plus concrète et plus exhaustive. Il s'agit ici de dépasser le cadre purement économique du bien (entendu le bien matériel et marchand, érigé en valeur suprême, mesurable, quantifiable et donc seul digne d'intérêt pour la sphère économique) pour se pencher sur les autres biens, matériels ou immatériels, existant dans la vie sociale, à titre individuel et collectif. La lutte face au pouvoir économique et son dogme marchand passe alors par la défense et la promotion de ces biens communs. (A suivre...)

Pour une discussion sur le thème de La démocratie, dans quel état ? Rendez-vous avec les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon ce samedi à 17h à la libraire  Folies d'encre du 41 boulevard de Strasbourg à Aulnay-sous-Bois

Source : Aurélien Picot Gazette de Folies d'encre. Avril 2011.

 

 

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Culture

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Xavier 02/04/2011 14:06


Stéphane,

Excellent article.

Si tu continues comme ça, c'est pas en rédacteur en chef d'Oxygène que tu vas finir, ni même en directeur de la rédaction mais carrément en directeur de la publication...