La Cour européenne des droits de l’homme demande des comptes après l’évacuation de Roms à Saint-Denis

Publié le 24 Avril 2014

3791439_11-1-19039347_640x280.jpgLa police est arrivée ce jeudi vers 10 heures, pour évacuer des familles installées sur un campement rom de la porte de Paris, à Saint-Denis. La plupart des personnes qui vivent là, près de 150 Roms de Roumanie, étaient déjà parties d’elles-mêmes avant l’arrivée des forces de l’ordre. Elles ont été informées hier soir de cette évacuation.

Fait inédit, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) est intervenue pour savoir si des garanties d’accompagnement existaient bien.

C’est le centre d’étude européen basé à Budapest, ERRC (European Roma Rights Centre), qui a saisi la CEDH le 17 avril sur le sort des occupants de ce bidonville, dont la 
justice avait prononcé l’évacuation. ERRC s’est fondé sur deux articles de la convention européenne des droits de l’Homme (3 et 8), pour estimer que l’expulsion représente un « traitement inhumain et dégradant » et « porte atteinte au droit à une vie privée et familiale ». Ce qui a donné lieu ces derniers jours à quelques échanges entre la CEDH et le gouvernement français, via le quai d’Orsay, et la Seine-Saint-Denis, en passant par le service juridique du ministère de l’Intérieur, qui devait apporter des preuves de prise en charge.

« Compte tenu des éléments que nous avons fournis, deux diagnostics, une identification sociale et la pré-réservation de chambres d’hôtel pour trois familles en particulier, l’opération a pu être maintenue », précise-t-on au cabinet du préfet de la Seine-Saint-Denis. L’hébergement concerne des personnes présentant des problèmes de santé, des enfants en très bas âge, ou des femmes enceintes. Ce jeudi vers 13 heures, la préfecture précisait qu'un hébergement avait été proposé à 4 familles, soit une quinzaine de personnes, en hotels à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) et à Méry-sur-Oise (Val-d'Oise).

Pour ERRC, c’est néanmoins le signe que la CEDH « est attentive et très réactive à la situation des roms en France », estime Manon Fillonneau, déléguée d’ERRC en France et présente à Saint-Denis ce matin.

Mi-avril, la préfecture de Seine-Saint-Denis recensait sur le département 3 439 personnes vivant en bidonvilles, dont 720 enfants et 236 personnes avec une obligation de quitter le territoire français. Dans un entretien au Parisien, le 18 avril, Philippe Galli, préfet de Seine-Saint-Denis indiquait qu’il y aurait « une évacuation quasiment chaque semaine ou toutes les deux semaines ».

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #93 Infos

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Romuald Weymann 29/04/2014 20:25

Je viens de lire sur Le Point que le maire a pris un arrêté anti-mendicité, lequel est entré en vigueur ce jour.

http://www.lepoint.fr/societe/le-maire-ump-d-aulnay-sous-bois-prend-un-arrete-anti-mendicite-29-04-2014-1817719_23.php

Yousri 27/04/2014 10:05

Syndrome NIMBY .........

Romuald Weymann 25/04/2014 12:39

Que l'ERRC implanté à Budapest se préoccupe déjà de la façon dont les Roms sont (mal)traités dans leur propre pays respectif - Roumanie, Bulgarie etc - avant de lancer ses leçons de morale à
l'encontre de ce que fait notre police.

Et pourquoi ne pas forcer le Luxembourg, par exemple, d'ouvrir ses frontières à ces sympathiques Roms ? Pour mémoire, le Luxembourg est le pays de la commissaire européenne Viviane Redding qui, en
2010, reprochait à l'équipe Sarko de ne pas se montrer plus accueillante envers les Roms. Et ce, alors que son propre pays, le Luxembourg donc, a dressé un arsenal dissuasif musclé : pas d'aire
d'accueil, amendes systématiques en cas de vagabondage, mendicité, campement illégal etc etc.

gerard 25/04/2014 09:28

je pense que l'on peux répondre au ERRC que l'on peut leur garantir l'accompagnement au train pour Budapest les Roms seront sans doute plus heureux a Budapest il y a bien des maisons libres a coté
de ce centre