La chanson du dimanche : Communiste.

Publié le 6 Février 2011

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #La Chanson du dimanche

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Erwan BAETE 14/02/2011 13:35


Il est vrai que quand on vois les communistes d'Aulnay Sous bois, ou Marie George Buffet, Pierre Laurent. on va manger des petit enfants et qu'on a le couteau entre les dents.

Ah le vieux spectre de la dictature sauce communiste.

Un jour, un type disait Aucun système est le meilleurs, mais c'est une question de choix de société. Moi je dis aussi, c'est Pas le communisme qui a utilisé Staline, c'est l'inverse.

Je defie quiquonque, de me trouver dans les écrit de Marx ( Pas groucho mais Karl) l'institutionalisation des goulag, de la famine etc....

Arretons et si on parlait politique !!!!


Xavier 10/02/2011 00:16


@ Romuald,

C'est toujours significatif de recueillir un témoignage vivant. Comment une telle idée si généreuse a-t-elle pu tourner en cauchemar ? Telle est la question à laquelle ont essayé de répondre maints
penseurs.

Il suffit en réalité d'observer un petit microcosme pour comprendre en effet que le cauchemar n'est jamais très loin. Toute lutte pour le pouvoir repose sur une névrose qui fondamentalement empêche
concrètement la réalisation de toute idée "socialiste" ou "communiste".

La suppression de la névrose est un préalable indispensable à la matérialisation d'une idée qui n'est qu'un rêve projeté et idéalisé d'une communauté d'êtres humains libres et responsables. Nous en
sommes bien loin !

Pour en être persuadés, il suffit de constater ici ou là des pratiques détestables qui montrent à quel point certains sont à mille lieux des idées qu'ils professent.

Alors, soyons réalistes, ne demandons plus l'impossible ! Juste un peu d'honnêteté serait déjà beaucoup.


Romuald 09/02/2011 20:53


Je suis né au Vietnam, dans une région d'anciennes colonies françaises et d'Etats devenus communistes, dont les dirigeants ont été formés par les communistes français (Ho Chi Minh dans les années
'20, Pol Pot dans les années '50).

En avril 1975, le quotidien Libération se félicitait carrément de la victoire des Khmers rouges qui venaient de s'emparer de Phnom Penh, tandis que mon pays d'origine basculait entièrement sous la
coupe des communistes.
Cf ici http://cambodge.blogs.liberation.fr/2009/2009/10/lib%C3%A9-les-maos-et-les-khmers-rouges.html (le journaliste a depuis opéré un timide mea-culpa).
La valise ou le cercueil, voilà ce qui a attendu ceux qui, sans vraiment être pro-Américains, étaient surtout anti-communistes tout comme furent anti-communistes ceux qui ont combattu aux côtés de
la France entre 1945 et 1954.

Sartre, à propos des boat-people qui dès la fin des années '70 ont été frappés par une misère économique provoquée par la planification, avait balancé que, si ces populations fuyaient, c'était
parce que le système communiste ne convenait pas à tout le monde !.. C'est peu de le dire.
Cf cet article du GISTI (assoc agissant en faveur des immigrés, dont les clandestins...), notamment le renvoi n°12 http://www.gisti.org/doc/plein-droit/70/boat-people.html


Et ce n'est tout de même qu'en novembre 2009, à l'occasion du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin, que Mme Buffet a reconnu que son parti, le PCF, n'avait pas su condamner les régimes
soviétiques, convenant que les communistes français avaient tenté de tirer un bilan globalement positif de ces régimes.

Ce qui me surprendra toujours, c'est que les communistes ont toujours défendu l'anticolonialisme post-Seconde guerre mondiale; mais qu'était au fond l'URSS, sinon un empire communiste fondé sur des
peuples colonisés et soumis à des dictatures sanglantes ?..


A vrai dire, l'un des rares endroits au monde où la planification économique et la collectivisation des moyens de production fonctionnent, ce sont dans les kibboutz israéliens.

A noter enfin que certains thèmes du discours tenu aujourd'hui par le FN était celui des syndicats d'extrême-gauche, dont la CGT, dès la fin du XIXème siècle (préférence nationale, par ex), ou
encore l'arrêt de l'immigration massive qui profitait/profite toujours au patronat (cf Marchais, début 1981).
Robert Hue liait lui la délinquance et les trafics, à l'immigration (il avait fait expulser de chez eux un couple et ses enfants dont le père, Marocain, était soupçonné de trafic de drogue).
Le PS avait aussitôt diabolisé le PCF, comme PS et... PCF le font aujourd'hui avec tout discours évoquant l'immigration, l'insécurité. Mais je m'éloigne.


Xavier 08/02/2011 23:50


@ Stéphane,

Cette chanson est très belle, mais cela reste une chanson...

Et la chanson de la réalité qui a pris de façon totalement usurpée le nom de "communisme" est quant à elle bien triste, fallacieuse et usurpatrice. Pour ne pas dire sanglante (purges staliniennes
ou maoïstes).

Marx a développé une théorie séduisante mais critiquable à bien des égards :

1. Rien ne démontre que la théorie matérialiste est plus vraie que la théorie "spiritualiste".

2. Rien ne démontre que la "Dictature du Prolétariat" est le meilleur moyen d'arriver au dépérissement de l'Etat.

3. Rien ne démontre que la "classe ouvrière" ait montré à ce jour sa capacité à devenir une "classe dirigeante" au point d'ouvrir la voie à une société sans classe.

4. Toutes les expériences menées à ce jour ont montré que cette fameuse "dictature" n'était en vérité qu'une dictature menée au nom du peuple par une nouvelle classe dirigeante.

5. Rien ne démontre que la théorie de la plus-value chez Marx qui impute la seule création de richesse au facteur travail soit exacte. Il y a en effet, chez Marx, une vision quantitative de
l'économie à vrai dire assez figée et assez simpliste, qui n'insiste pas assez sur les facteurs dynamiques de l'accroissement de richesse ( facteurs culturels,humains et psychologiques, rôle de la
science et de la technologie, de l'organisation du travail, etc...)

6. Si le seul facteur travail était décisif, jamais les "communistes" chinois n'auraient autant sollicité l'appareil productif capitaliste occidental pour lui permettre de faire décoller son
économie.

7. Il manque chez Marx, une analyse approfondie de la psychologie humaine et notamment celle liée à l'exercice du pouvoir.

8. Marx n'avait pas intégré (mais on ne peut lui en faire le reproche) toute la dimension écologique de la vie en société qui ouvre une perspective nouvelle sur ce que l'on peut définir comme une
société d'abondance répondant aux besoins de chacun.

Voilà, il y aurait encore beaucoup de choses à dire. Mais celle que je retiendrais c'est qu'au nom du "Bien" ou ce que l'on croit comme tel on peut commettre les pires exactions. De là une certaine
forme d'aveuglement et de certitude...si peu démocratique !

Récemment, au cours d'un Séminaire consacré au Parti Communiste en Seine-Saint-Denis, j'ai entendu des communistes sincères revenir sur leurs expériences en s'interrogeant sur le caractère
démocratique de leurs actions en avouant cette forme de pensée bien étrange : " Mais à quoi bon consulter le Peuple, puisque nous étions le peuple? " . Cette forme touchante de naïveté et
d'autocritique vaut bien des longs discours !

Gageons que mutatis mutandis, tout cela pourrait aussi s'appliquer à une autre forme de "socialisme" dont l'écoute respectueuse et l'autocritique ne seraient malheureusement pas le fort.

A force de croire que l'on détient la vérité, on en arrive en effet à être bardé de certitudes au point que l'on considère ceux qui ne pensent pas tout à fait selon la ligne "officielle ", comme
des gêneurs dont on ne se prive pas de caricaturer les paroles.