L’UMP vise la reconquête d’Aulnay-sous-Bois et d’une trentaine de villes de Gauche

Publié le 6 Janvier 2014

Après deux années en enfer, l’UMP va-t-elle profiter des élections municipales des 23 et 30 mars pour se relancer? C’est peu de dire que le parti de Jean-François Copé, qui n’a plus gagné la moindre élection depuis 2007, joue gros à l’occasion de ce scrutin. « Les élections intermédiaires sont traditionnellement favorables à l’opposition. Et vu la faible popularité du gouvernement, comme son incapacité à sortir de la crise, on pourrait croire — du moins sur le papier — qu’on a toutes les raisons d’être optimiste », analyse un député francilien.

« Mais les apparences sont trompeuses, nuance-t-il. Avec le Front national qui n’a jamais été aussi fort et l’image de notre parti qui reste fortement abîmée dans l’opinion depuis la guerre des chefs, je crains que ce scénario ne soit bouleversé. » S’il ne l’admet pas publiquement, le président de l’UMP a d’ailleurs modifié ses ambitions depuis quelques semaines. Fini la « vague bleue » : « Il n’en parle plus, chassant cette expression de son vocabulaire », remarque un secrétaire national. Aujourd’hui, Jean-François Copé se contente d’évoquer la « reconquête ». Voici comment son parti l’envisage.

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1 Cibler les villes moyennes. Gare à l’effet loupe… « On se doute bien que tous les médias vont se focaliser sur les grandes villes : Paris, Lille (Nord), Lyon (Rhône), Marseille (Bouches-du-Rhône)… En fonction de leurs résultats, on sera tenté d’interpréter la victoire ou la défaite de notre parti. Mais il y a plein d’autres villes, moins importantes, où nous avons nos chances », analyse un cadre du parti. D’ici le premier tour, ce sera le grand axe de communication.

« Notre constat est simple, décrypte Nadine Morano, déléguée générale aux élections. En se basant sur les villes de plus de 9000 habitants, celles dont les comptes de campagne sont plafonnés, nous observons aujourd’hui qu’elles sont 54,5% à gauche. Si après les municipales nous inversons cette tendance, nous pourrons dire que nous avons gagné. C’est arithmétique. »

Actuellement, le territoire compte 1081 communes de plus de 9000 habitants. Le parti cible notamment une trentaine de communes tenues par la gauche dont le rapport de force pourrait être inversé comme Reims (Marne) ou Angers (Maine-et-Loire). Pour justifier le vent porteur susceptible de les faire tomber, Copé n’oublie jamais de rappeler que son parti a « gagné toutes les législatives partielles en 2013 ». Un optimisme pas toujours partagé en haut lieu à l’UMP : « Bientôt, on va se mettre à compter les villages pour tenter de faire croire qu’on peut gagner », ironise un député filloniste, plus réservé sur les chances de conquête de son parti.

2 Marteler les mots d’ordre : enjeu national et vote utile. Alors que les candidats sont naturellement tentés de faire campagne sur les sujets locaux, l’UMP assume désormais clairement de nationaliser l’enjeu. Réforme des rythmes scolaires, insécurité, « matraquage » fiscal… « Ce doit être l’occasion pour les Français de sanctionner François Hollande et ainsi de changer de politique », rappelait Jean-François Copé il y a une semaine, à l’occasion de ses vœux pour la nouvelle année. Sanctionner le gouvernement, et surtout appeler dès le premier tour au vote utile pour limiter les risques de triangulaires avec le Front national.

« Nous devons faire comprendre aux électeurs que s’ils ne veulent plus être dirigés par la gauche, ils doivent d’abord voter pour nous, insiste Nadine Morano. Voter pour une liste FN au premier tour donnera le résultat inverse voulu par les Français, celui de faire gagner le PS. » « On se demande d’ailleurs à quel point les socialistes ne jouent pas avec le FN pour nous faire battre », s’interroge aussi Eric Ciotti, délégué général aux fédérations.

3 Miser sur le troisième tour… au Sénat. Si la droite parvient à conquérir un certain nombre de villes, sans en perdre ailleurs — Calais (Pas-de-Calais), Avignon (Vaucluse), Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Bourges (Cher) ou Béziers (Hérault) sont menacées — elle augmentera de facto son nombre de grands électeurs amenés à voter pour les sénatoriales. Une aubaine, puisque 178 sièges de sénateurs sont à renouveler fin septembre. Pour faire basculer la Haute Assemblée, l’UMP devra tout simplement conserver les 93 sièges déjà détenus… et n’en prendre que 7 en plus à la gauche. L’UMP engrangerait alors deux victoires pour le prix d’une : la magie de l’effet domino!

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #En route vers 2014 !

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Commenter cet article

wilfrid 06/01/2014 10:51

Ce n'est pas l'UMP qui voulait augmenter la TVA à 21,2 % ? http://www.lepoint.fr/economie/tva-sociale-sarkozy-annonce-une-hausse-de-la-tva-a-21-2-29-01-2012-1425068_28.php