L’hôpital Delafontaine à Saint-Denis veut créer un lieu d’accueil pour les femmes excisées ou battues

Publié le 3 Mars 2014

hopital-saint-denis.jpgAvec l'énergie qui la caractérise, le docteur Ghada Hatem, chef de la maternité de l'hôpital Delafontaine, à Saint-Denis, remue ciel et terre pour financer la création d'une maison des femmes. « Ce projet répond à un besoin départemental. L'une des originalités est de prendre en charge les victimes de mutilations sexuelles », précise le médecin. L'hôpital a d'ailleurs lancé il y a un an un service, unique en Seine-Saint-Denis, de chirurgie réparatrice dédié aux excisées.

La première pierre sera posée dans l'enceinte de l'hôpital le 8 mars, à l'occasion de la Journée internationale de la femme. « C'est une date symbolique », souligne le docteur Ghada Hatem, qui planche sur le concept depuis un an. L'espace de 150 m 2, aménagé sur un ancien parking de l'établissement, aura son indépendance, pour garantir l'anonymat des patientes qui s'y rendront. Outre les mutilées, la maison recevra également les victimes de violences ainsi que les consultations du Planning familial, actuellement situées au sein de la maternité, dans un secteur jugé peu confidentiel. Avec l'augmentation du nombre d'IVG (interruptions volontaires de grossesse) de 21 %, des consultations de 50 % et les visites sans rendez-vous (20 à 30 par jour), les salles actuelles du Planning familial sont saturées.

30 % des mamans venues accoucher sont excisées

Le projet innovant a été approuvé en novembre 2013 par le conseil de surveillance de l'hôpital. Son intérêt est évident, comme le rappelle le médecin : « Nous sommes sur un territoire qui compte de nombreux migrants et où la précarité et le mal-
logement sont grands. On sait qu'être à la rue est un facteur qui accroît les cas de violence. » Pour mettre des chiffres sur cette réalité, l'hôpital a mené en 2013 une étude de six mois sur le profil des femmes venues accoucher (4 000 par an) à Saint-Denis : 30 % étaient mutilées sexuellement. Un quart des mamans vivent dans de mauvaises conditions d'hébergement. L'aménagement de la maison des femmes est évalué à 400 000 EUR. La collecte de la moitié de la somme permettra de débuter sa réalisation. Pour parvenir à réunir les fonds, le docteur Hatem enchaîne les rendez-vous. Dans quelques jours, elle rencontrera les élus du conseil général. Puis elle sera dans les murs de la Fondation Air France. « L'hôpital a le personnel pour faire tourner la maison des femmes, mais pas les moyens de financer la construction. Il faut expliquer l'intérêt public du projet et convaincre des partenaires, résume-t-elle. C'est un gros travail passionnant mais prenant. »

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #93 Infos

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