L’effet Stéphane Gatignon à l’Assemblée nationale ou faut-il faire la grève de la faim pour obtenir quelque chose en France ?

Publié le 13 Novembre 2012

Vous trouverez ci-dessous un article du Parisien datant de ce matin qui revient sur le phénomène Gatignon, le maire de Sevran, en grève de la faim depuis quelques jours pour boucler dignement le budget de sa ville d’environ 50 000 habitants. Habitué aux formules chocs, on se rappelle son appel aux casques bleus pour mettre fin au trafic de drogue dans les cités sevranaises, ou aux prises de position tranchées (dépénalisation du cannabis et décriminalisation des autres drogues) Stéphane Gatignon créé donc une fois de plus la sensation avec cette nouvelle action spectaculaire devant l’Assemblée nationale. S’il obtient gain de cause comme cela en prend le chemin, il aura parfaitement réussi son coup. D’où cette interrogation : faut-il faire la grève de la faim pour obtenir quelque chose en France ? A ce titre, par exemple, à Aulnay-sous-Bois faut-il que l’association Croix-Blanche ou plus généralement celles qui traitent d’urbanisme entament une grève de la faim devant la mairie pour se faire entendre ? En voilà une bonne question, non ?  

 

Le maire de Sevran, en grève de la faim, a lancé le débat sur les aides aux villes pauvres. Le gouvernement proposera aujourd’hui un nouveau coup de pouce à ces communes.

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Stéphane Gatignon n’a pas prévu de rompre le jeûne ni même de replier sa tente aujourd’hui. « Pas avant le vote, en tout cas », précise le maire et conseiller régional de Sevran (EELV), en grève de la faim depuis vendredi aux portes du Palais-Bourbon. Aujourd’hui, les députés doivent examiner dans le cadre de la loi de finances 2013 les « relations avec les collectivités territoriales ».  S’il n’est pas prévu que Stéphane Gatignon entre dans l’Assemblée nationale pour cette séance publique, il pourrait être représenté : quatre places lui ont été réservées par une parlementaire.

 

Certains l’encouragent : la ministre du Logement, Cécile Duflot, est venue lui rendre visite hier. D’autres le critiquent, comme les élus et militants Front de gauche de sa propre ville, qui voient dans son action une « instrumentalisation électoraliste ». Le maire de Sevran est en tout cas devenu l’incarnation de ce débat compliqué sur les questions de solidarité territoriale. Les traits tirés, le ventre noué, il s’employait hier encore à répéter, à longueur d’interviews, les motivations de ce combat pour que « Sevran, 35 % de budget en moins, ait les mêmes moyens que des villes de même taille ».

La séance réservée à la péréquation doit débuter ce matin à 9h30. En question : l’augmentation de la DSU, dotation de solidarité urbaine (+ 120 M€) et de différents fonds au niveau régional (+ 20 M€) et national (+ 210 M€). « Tout dépend de la clé de répartition, c’est-à-dire combien de communes sont concernées par cette augmentation, et de la pérennité de ces aides », indique un proche de Stéphane Gatignon. Hier soir, 
Matignon annonçait dans un communiqué que le gouvernement proposera à l’Assemblée une augmentation de 25 M€ de la DDU (dotation de développement urbain) qui bénéficie aux communes les plus pauvres, comme Sevran. Plusieurs amendements, qui militent pour une autre solidarité, doivent aussi être débattus.

Instaurer une « aide additionnelle » pour les villes les plus pauvres. Le groupe des députés écologistes — qui soutient le maire de Sevran — peaufinait depuis plusieurs jours l’amendement qui sera présenté par Serge Coronado. Il s’agit d’instaurer une « aide additionnelle » pour les villes les plus en difficulté. Cette aide — l’équivalent de 100 € de plus par habitant — ciblerait, parmi les 100 villes les plus pauvres (qui bénéficient de la dotation de développement urbain), celles qui comptent plus de 20000 habitants.

Exonérer de contribution les bénéficiaires de la DSU. Jacqueline Fraysse, député de Nanterre (Front de gauche), portera la voix de ces communes qui perçoivent la DSU et qui doivent malgré tout mettre la main au porte-monnaie, dans le cadre du fonds de solidarité régionale (FSRIF). « C’est ubuesque, on donne dans une poche pour reprendre dans l’autre », résume Bertrand Kern, le maire PS de Pantin, l’une des villes concernées. « Il faudrait prendre en compte les revenus des habitants pour déterminer le montant de la solidarité », estime l’élu de Pantin.

Taxer les transactions immobilières. Cet amendement, défendu aujourd’hui par les socialistes Razzy Hammadi, Alexis Bachelay (du 92) et Pascal Popelin, vise à déplafonner les droits de mutation, une idée défendue aussi par Mathieu Hanotin. En clair, toute transaction immobilière de plus de 10 000 €/m2 donnerait lieu à un versement de 0,1 % au fonds de solidarité régional. « Pour le 93, ça représenterait entre 15 M€ et 40 M€ », estime Razzy Hammadi. 

 

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #C'est dans le Journal

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mariella 14/11/2012 21:45

A la cité arc en ciel c'était : "les riverains qui ne veulent pas des gens des 3000, ce sont tous des égoistes" je n'oublierais jamais une promesse non respectée avec arrogance et irrespect des
habitants et une démocratie bafouée et le pseudo consentement de certains élus qui ont fait mine d'adhérer au refus des riverains d'un projet imposé brutalement et sans concertation BIEN SUR? En
apparence, la démocratie était portée en avant mais le drapeau a vite brulé, dois-je rappeler les faits ? Etre employée communale ne me fera pas fermer ma bouche de citoyenne, à bon entendeur ....

jean latouche 14/11/2012 19:48

Non non sylviane, relisez le programme, c'est l engagement 46, la préservation des zones pavillonnaires, c'est pas compliqué! vous l'avez sur votre blog

Séverine Delamare 14/11/2012 18:11

Sylviane,
je doute que l'argument de "on ne veut pas de logements et surtout pas de social" fasse le poids. Personne à l'association Q.C.B.E n'a jamais revendiqué cette rumeur persistante que vous soutenez.
Aujourd'hui, c'est bien triste d'avoir encore ce genre de remarques. Je pense également que vous connaissez mon métier et il serait bien malheureux pour un architecte de ne pas vouloir construire
de bâtiments... Les futurs habitants ont le droit de ne pas habiter dans des cages à lapins et les anciens de garder leur qualité de vie. Mais s'il faut faire une grève de la faim pour se faire
entendre et surtout que la Municipalité respecte les riverains, je suis prête ainsi que M. Giami à aller chercher des tentes chez Décathlon. On n'oubliera pas d'appeler Oxy TV et quelques autres
pour nous accompagner. Ce n'est et n'a jamais été une question politique, à moins que cela ne vous arrange de penser ça. Toutes tentatives de nous discréditer vous et vos amis ne font que renforcer
notre position et notre démarche.
Quand à moi, et pour revenir au sujet de l'article, je soutiens pleinement l'action de M. Gatignon pour qui, la qualité de vie de ses concitoyens a de l'importance...

JEAN LOUIS KARKIDES 14/11/2012 11:59

Sylviane,vous voyez beaucoup de social dans les constructions qui apparaissent au gré des préemptions?
Vu le prix au mètre carré,j'en doute.....
Comme je doute que les autres promesses électorales de notre Maire aient toutes été mis en oeuvre.
Faut-il ne pas avoir d' engagement politique pour être responsable d'une association?
Voyez vous,ceux qui mettent les mains dans le cambouis ont souvent une idée, des propositions au service des concitoyens.

sylviane 14/11/2012 10:03

si une municipalité a été élue sur un programme c’est bien pour l’appliquer. si tout doit fonctionner au chantage c’est une spirale vicieuse et vite la chienlit. que l’association QCBE et son bras
droit armé ump monsieur Giami fasse grève de la faim sur le parvis de la mairie tout cela parce qu’ils ne veulent pas de logements et surtout pas du social quelle rigolade !