Je positive !

Publié le 12 Octobre 2009

Samedi après-midi, j'ai à peine deux heures devant moi pour faire quelques courses. Comme je n'ai pas spécialement envie de rouler en dehors de la ville, je file direct au plus facile : le centre paris nord 2 ou maintenant O'Parinor. Cela fait des lustres que je n'ai pas mis les pieds en ce lieu sacrifié sur l'autel du dieu consommation. Depuis la fin des travaux, le parking bétonné de trois étages, les kilomètres de boutiques à vous donner le tournis, j'évite cet endroit comme la peste. Mais aujourd'hui l'emploi du temps est serré, alors il faut se faire violence. Comme il est 15Heures, heure que je considère de pointe, je m'attends à galérer pour trouver une place... mais en fait, non. Le gigantisme des centres commerciaux ne ferait-il plus recette ? A vouloir voir trop grand, la chute n'en sera-t-elle que plus rude ?

Toujours est-il que je fais mes courses à fond les manettes chez crafou et j'arrive à la caisse. Et là c'est la catastrophe. Foi de moi-même, je n'ai jamais vu autant de charriots pleins à craquer, alignés devant des files de caisses désespérément vides. Je tiens là un chouette cliché, me dis-je. Je prends quelques photos et dans la seconde un colosse de deux mètres s'approche de moi : Vous faîtes quoi ? Je prends des photos. Et pourquoi ? Pour immortaliser cette file de charriots longue comme un kilomètre en face de vos caisses vides. Vous n'avez pas le droit. Si vous n'êtes pas content, il faut aller voir le directeur. En attendant, vous devez détruire vos photos ou je confisque votre appareil. Je lui parle philosophie des lumières, liberté... Ce qui fait vaciller mon interlocuteur c'est l'intérêt que je commence à susciter aux alentours, et puis il réalise aussi que je suis un client. Un dernier appel dans son talkie-walkie pour prendre la température et il me laisse tranquille moi et mon portable.

Ce n'est pas tant la question de savoir si j'ai le droit de prendre des photos ou non (apparemment non si j'en crois les quelques personnes à qui j'en ai parlé) qui m'intéresse dans cette histoire, mais plutôt la réaction immédiate et excessive du vigile musclé censé m'impressionner. C'est étonnant cette constante qui fait que dés que vous agissez comme un grain de sable dans un pouvoir économique ou politique en apparence bien huilé, tout de suite on cherche d'une manière ou d'une autre à vous dissuader pour étouffer toute véélité de contestation ou d'opposition.

Pourtant, ce qui arrive à notre crafou local est sans doute assez simple à expliquer : baisse de chiffre d'affaires suite à une fréquentation moindre due à des prix jugés trop élevés le tout combiné à la crise qui favorise encore plus le discount. En réaction, crafou pour préserver ses marges et les dividendes des actionnaires doit limiter ses frais généraux et joue sur un des leviers les plus faciles et immédiats : la masse salariale. Résultat des courses, le client attend trois plombes à la caisse, les assistants desdites caisses en prennent plein les oreilles devant l'impatience du client, mais la rentabilité est préservée autant se faire que peu. Ce qui est étonnant, c'est que j'ai l'impression que chez crafou, on n'a pas du tout envie que cela se sache...

Les dirigeants de notre crafou doivent attendre avec impatience que notre chère cité franchisse le cap des 100000 habitants et que le Grand Paris mette ce centre commercial à portée de tout un chacun. Alors, la grande fourmilière pourra se remettre en marche et tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes. En attendant ce jour "béni", si le positif est de retour chez crafou, personnellement, je ne suis pas prés de retourner dépenser le moindre centime dans ce magasin.

Stéphane Fleury


 

Rédigé par stefanfaith

Publié dans #Divers

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Petit louis 12/10/2009 12:09


Pour les photos , il m'est arrivé la même mésaventure dans le centre commercial Domus , ou je voulais prendre un exposition de chaises artistiquement empilées . Le videur, un tcho crafleux comme
moi , m'est tombé dessus comme la gale sur un poilu.
Rien eu à faire .

Aujourd'hui témoigner sur son époque c'est faire de la résistance.

Ces gens entretiennent le black out ,pour eux la photo c'est du piratage économique , voir du vol . ça les dérange.
D'ailleurs il n'y a pas assez de sécurité encore.
Ils vont donc passer la loi LOPPSI II ( http://tinyurl.com/yfvy7ju ) qui va filtrer les photos entre autres douceurs et couter Deux milliards et demi d'Euros. - deux milliards et demis - combien
d'emplois , de logements , de services publics perdus pour ces C....