Ils enseignent aux élèves du 93 sans avoir été formés !

Publié le 14 Octobre 2013

education moderneEviter à tout prix le scénario catastrophe de la rentrée 2012 en Seine-Saint-Denis : les classes sans professeur, les élèves dispatchés dans l’école pendant des semaines, les sit-in de parents en colère, les tentes plantées dans les cours de récréation, les grèves des enseignants fatigués… Voilà l’objectif prioritaire du directeur académique Jean-Louis Brison pour réussir l’année 2013-2014. Et s’il se dit « plus serein », c’est bien parce qu’il a réussi à obtenir davantage de « moyens humains ». Plus de professeurs titulaires ? Non, puisque malgré les nouvelles recrues diplômées, le nombre d’enseignants reste insuffisant. Alors, pour pallier au manque de professeurs dans le département, et tenter de remédier aux absences prolongées de certains enseignants, l’inspection académique a sorti sa carte maîtresse : les contractuels.

Recrutés massivement avant la rentrée, ces étudiants en troisième année de licence ou master et ces anciens salariés en reconversion professionnelle ont accepté de prendre en main une classe en primaire, collège ou lycée durant toute l’année scolaire, pour quelques heures ou à temps plein. Cela se fait déjà depuis longtemps dans les collèges et lycées, où ils sont plus de 1500 contractuels à enseigner. En maternelle et élémentaire, le mouvement s’est intensifié cette année. A la rentrée, près de 300 professeurs des écoles non diplômés de l’Education nationale ont rejoint les classes du 93.

La plupart d’entre eux préparent le concours pour devenir titulaire. Ils sont nombreux, d’ailleurs, à avoir déjà été reçus à l’écrit et à préparer l’oral du concours. « Mais certains n’envisagent même pas de le passer, s’inquiète une maman membre du collectif des parents d’élèves de la Seine-Saint-Denis. Ils font ça comme un petit boulot, c’est tout. » Malgré les craintes de certains parents, ces jeunes majoritairement motivés restent « une roue de secours pour le rectorat », selon Mathieu Logothétis, le secrétaire départemental du syndicat Snes-FSU. « En collège et lycée, un peu plus d’un prof sur neuf est contractuel, reprend-il. En Seine-Saint-Denis, s’ils n’étaient pas là, cela ne tournerait pas. »

Propulsés devant une classe sans formation pédagogique, ces enseignants novices et fragiles se retrouvent confrontés aux cours à préparer, aux violences verbales ou physiques… Alors, pour mieux comprendre leur quotidien, leurs attentes et leurs peurs, nous avons choisi d’en suivre trois tout au long de l’année : Joakim, professeur des écoles en CE 2, Marie, professeur d’histoire-géographie au collège, et Frédéric, professeur de lettres modernes au lycée. Leurs prénoms ont été changés et nous n’indiquerons pas les établissements ni les villes dans lesquels ils font classe, dans le but de leur permettre de continuer à travailler le plus sereinement possible. Motivés, travailleurs et d’ores et déjà admissibles au concours de l’Education nationale, ils n’ont qu’une envie : réussir leur oral en juin prochain.

Source : Le Parisien

 

 

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Education

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