Des étudiants en droit assurent des consultations juridiques gratuites à l’université Paris VIII de Saint-Denis

Publié le 3 Janvier 2014

clinique-juridique-saint-denis.JPGIls s’appellent Scott, Tassadit, Justine, Ouanissa, Laura, Johan, Ludovic, Mathieu… Depuis une semaine, ils mènent leurs premières consultations au sein de leur propre clinique. Derrière la porte de leur cabinet, pourtant, pas l’ombre d’une blouse blanche ni d’un stéthoscope, mais des carnets, des stylos… et des codes pénaux. Dans une petite pièce, au deuxième étage de la faculté de droit de Saint-Denis (Paris-VIII), ils ont installé leur clinique juridique. Ici, du lundi au vendredi, c’est l’accès au droit que soignent une quinzaine d’étudiants en 2e et 3e années. « J’ai découvert le concept dans les facultés américaines. Il s’agit de permanences gratuites, tenues par de bons apprentis juristes, pour renseigner des publics précaires, explique Me Benjamin Pitcho, avocat et maître de conférences en droit privé à Paris-VIII. En France, il y a une vraie crise du social, et une telle initiative prend tout son sens dans un département comme la Seine-Saint-Denis, qui compte de nombreuses personnes vulnérables », juge le professionnel, qui a pensé le projet avec les étudiants.

A la clé, un double objectif : social et pédagogique. « Cela nous amène à nous poser les bonnes questions, à nous confronter à des problèmes juridiques concrets, en marge de nos cours théoriques », expliquent Robin et Irène, de permanence mercredi dernier. Parmi la dizaine de cas en cours de traitement : le statut juridique d’une association, l’usurpation d’identité ou encore le harcèlement professionnel. Un module pratique, noté et intégré au cursus des étudiants volontaires (dès la 2e année de licence de droit) sous forme d’option.

Chapeautée par trois avocats maîtres de conférences et deux avocats extérieurs à la fac, la clinique juridique affiche un code de déontologie stricte pour ne pas empiéter sur le travail des professionnels. Règle numéro un : prendre le temps de la réflexion. « Nous ne prodiguons jamais de conseil immédiat, explique Robin. Lors du premier rendez-vous, nous notons tous les détails du problème et nous travaillons aux solutions plusieurs jours », explique-t-il. « Les étudiants n’interviennent que lorsque la personne n’a pas d’avocat. En cas de problématiques lourdes, comme une personne victime de violences, ils se contenteront de lui expliquer les démarches et de donner les horaires de consultations du barreau concerné », ajoute Me Pitcho, qui envisage déjà des consultations délocalisées à la maison d’arrêt de Villepinte, en partenariat avec le service pénitentiaire d’insertion et de probation.

L’initiative est adoubée par les instances dirigeantes de la faculté. « La clinique juridique colle parfaitement avec notre volonté d’ouvrir la fac sur son territoire et de professionnaliser nos étudiants », se réjouit Chloé Lemeunier, chef de cabinet de Danielle Tartakowsky, présidente de Paris-VIII. Irène, elle, en a déjà vu les effets concrets. « Je dois faire un stage en mars. Et, depuis, que j’ai ajouté cette expérience sur mon CV, les cabinets d’avocats ne regardent plus ma candidature de la même manière », assure l’étudiante.

Sans rendez-vous. Consultations : lundi et mardi (15 heures-19 heures), mercredi et jeudi (8 heures-12 heures) ou vendredi (15 heures -19 heures), salle A218, faculté de droit de l’université Paris-VIII, 2, rue de la Liberté, Saint-Denis.
Infos sur www.lacliniquejuridique.fr.

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

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